ZOMBIE, LE CREPUSCULE DES MORTS-VIVANTS

Séance : samedi 5 mai à 23h00

L’auteur

L'un des grands disparus de 2017, George A. Romero restera à jamais comme l'inventeur d'un mythe moderne: les zombies, sujet de six de ses quinze films. C'est autour de Pittsburgh, en Pennsylvanie, qu'il signe en 1968 son premier film, La Nuit des Morts-vivants. Un titre qui fait date par sa combinaison audacieuse d'images terrifiantes et d'allégorie politique, bien dans l'air du temps. Malgré quelques tentatives pour échapper au genre horrifique, Romero finira par se résigner à en devenir l'un des rois incontestés. De même, s'il flirte avec Hollywood, Creepshow, The Dark Half, jamais il ne s'y établira, pour finir par revenir à ses chères créatures, plus marxisantes que jamais.

L’histoire

Dans un studio de télévision, un représentant du gouvernement rassure la population: l'administration, la police et l'armée font tout leur possible pour endiguer le flux de morts-vivants qui déferle sur l'Amérique. Ces zombies, privés d'intelligence et de sensibilité n'ont pour seul but que de dévorer les vivants. Une morsure peut déjà être fatale... Tandis que la station et le pays sombrent dans le chaos, un quatuor composé d'une femme et de trois hommes s'enfuit en hélicoptère. Le ravitaillement devenant problématique, ils décident de se poser sur le toit d'un centre commercial, refuge en principe idéal. Sauf que les zombies aussi y ont leurs habitudes...

Le point de vue de Norbert Creutz

Impossible d'évoquer la fin du monde au cinéma sans retenir un film de zombies, sûrement sa déclinaison la plus populaire, de La Nuit des morts-vivants (1968) à World War Z (Marc Forster, 2013). Certes, le (sous-)genre est discutable et le «gore» pas pour tous les goûts (âmes sensibles s'abstenir). Il n'empêche qu'on peut tenir le deuxième opus de la série de George A. Romero pour une sorte de chef-d’œuvre. Dix ans après son coup d'éclat inaugural, celui-ci est revenu avec ce «Crépuscule» produit par les frères Argento,  Avec le recul, l'allégorie politique, qui dénonce l'effondrement moral d'une société de consommation mortifère, n'est devenue que plus évidente. Que l'on apprécie ou non ce cinéma d'horreur plus viscéral que poétique, difficile de nier son impact.

La citation

«Les effets spéciaux très graphiques sont moins dérangeants que la manière de Romero de nous aspirer dans sa logique de violence. Tandis que quatre survivants se barricadent dans un centre commercial, nos sympathies et notre loyauté sont manipulées avec une aisance effrayante. La sensibilité de Romero se rapproche de Swift par son esprit, sa précision, ses excès et sa profonde misanthropie.» Dave Kehr, Chicago Reader

1978, 119 minutes, Etats-Unis – Italie, VO A – ST F
Réalisation et scénario : George A. Romero
Photographie : Michael Gornik
Musique : Goblin, Dario Argento
Interprétation : David Emge (Stephen), Ken Foree (Peter), Scott H. Reiniger (Roger), Gaylen Ross (Francine)
Production : Richard P. Rubinstein (Laurel Group), Claudio Argento, Alfredo Cuomo