SOLEIL VERT

Séance : samedi4 mai à 14h00

Débat : L’ÉCOSPIRITUALITÉ, UNE RÉPONSE AU CHAOS À VENIR ?

Invités : Michel Maxime Egger, sociologue (UNINEU)
(A l’issue du débat, un café théo-ciné est proposé aux spectateurs qui souhaitent prolonger la discussion avec les invités)

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L'histoire

En 2022, le monde est menacé par la surpopulation, la pollution, l'effet de serre et l'épuisement des ressources naturelles. A New York, quarante millions d'habitants dont beaucoup de chômeurs et sans-abri subsistent grâce aux nourritures synthétiques fabriquées par la compagnie Soylent. A peine mieux loti, le cynique inspecteur Thorn partage un appartement avec le vieux Sol Roth, retraité cultivé et nostalgique. Chargé d'enquêter sur le meurtre d'un ancien directeur de Soylent, il est invité à conclure à un crime crapuleux mais s'entête. Et s'il y avait un lien entre cette affaire et le lancement d'un nouveau produit, Soylent vert?

Le point de vue de Norbert Creutz

Au contraire de tant de films de science-fiction au charme suranné, Soleil vert a conservé toute sa force, dès son inoubliable montage introductif. La première raison en est la pertinence de sa vision apocalyptique, que rien n'est venu fondamentalement remettre en cause, malgré tous nos «progrès». Une autre est l'accent placé sur la cohérence du scénario et les personnages plutôt que sur un design futuriste qui aurait vite paru daté. Un récit de type «film noir», de lointains échos du Romantisme et de la Shoah s'invitent dans cet avenir dystopique, sans oublier le final aux accents christiques. Heureux hasards? On pariera plutôt que Richard Fleischer savait parfaitement ce qu'il faisait dans ce «divertissement» mené de main de maître.

L'auteur

Cinéaste régulièrement redécouvert, l'Américain Richard Fleischer (1916-2006) fut longtemps considéré comme un honnête artisan hollywoodien, sans plus. Malgré une fin de carrière désolante, les voix appelant à une reconsidération de l'œuvre du fils et neveu des pionniers de l'animation Max et Dave Fleischer ont fini par l'emporter. Dans une filmographie aussi abondante (45 titres) qu'éclectique se dégage en effet un intérêt marqué pour la question criminelle et un talent évident pour les histoires de violence, des Vikings à L'Etrangleur de Boston. Un auteur au sens originel du terme donc, qui dans un contexte industriel, savait exprimer sa personnalité à travers son style, quel que soit le genre qu'il abordait.

Citation

«Nombre de critiques à la sortie du film lui ont reproché son manque de vraisemblance. Etait-ce la proximité du syncrétisme politique fictionnel de 2022 entre nazisme, communisme et capitalisme monopolistique? Quarante plus tard, Soleil vert ne semble pourtant pas fané, grâce à la sobriété formelle et cette vertigineuse capacité à filmer l’essentiel dont fait preuve le réalisateur.» (Ariane Beauvillard, critikat.com).

1973, 93 minutes, Etats-Unis, VO A – ST F
Réalisation : Richard Fleischer et Charles Braveman (montage d’ouverture)
Scénario : Stanley R. Greenberg d’après le roman d’Harry Winston
Photographie : Richard H. Kline
Musique : Fred Myrow
Interprétation : Charlton Heston (Frank Thorn), Edward G. Robinson (Sol Roth), Joseph Cotten (William R. Simonson)
Production : Walter Seltzer, Russel Thatcher (MGM)