REQUIEM POUR UN MASSACRE

Séance : jeudi 3 mai à 16h00

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L'histoire

Biélorussie, 1943. Sous les invectives des villageois, deux enfants creusent dans le sable pour trouver des armes. Fiora (Aleksei Krachenko), le plus âgé des deux, trouve un fusil avec lequel il veut rejoindre les partisans biélorusses, malgré l’opposition farouche de sa mère. Arrivé au camp, il est affecté à des tâches subalternes, alors que les partisans l’abandonnent pour aller au front. Décidé à fuir le camp, il rencontre Glacha (Olga Mironova), qui le convainc de revenir sur ses pas. Entretemps, le camp a été détruit et des soldats allemands traversent les bois. Tous deux retournent au village qui a été déserté. Fiora pense que les habitants ont fui dans les marécages. Là, il retrouve les survivants qui lui expliquent comment les villageois ont été massacrés…

Le point de vue de Bertrand Bacqué

Le film est inspiré de Récit de Khatyn d’Ales Adamovitch, qui co-signe avec Elem Kilmov le scénario de Requiem pour un massacre. Le titre original, Viens et vois, a été suggéré par le frère d’Elem Klimov, et fait directement référence à l’ouverture des sceaux de l’Apocalypse dans le livre Jean (cf. 6, 7). « C’est l’Apocalypse Now de la Seconde Guerre mondiale » déclara l’historien du cinéma Marcel Martin. Ce qui fait la force du film de Klimov, c’est le balancement entre une vision quasi documentaire de la guerre, même si l’horreur reste toujours hors champ, et une dimension fantastique qui transmet le point de vue d’un adolescent nous prenant à témoin.

L'auteur

Alors qu’il a neuf ans, Elem Klimov (1933-2003) quitte Stalingrad assiégé pour rejoindre l’Oural. Il traverse la Volga sous les bombes, protégé par sa mère. Il verra la ville mise à feu et à sang, et cette vision d’enfer le marquera profondément. Après des études d’aviation à Moscou, il travaille comme ingénieur dans l’une des usines de la capitale. Il s’essaie au journalisme, puis obtient le diplôme de metteur en scène en 1964. Il débute avec une comédie satirique, Soyez les bienvenus (1964), veine qu’il approfondit avec Les Aventures d’un dentiste (1965). Marqué par l’âpreté et la violence, Raspoutine, l’agonie (1974) mêle fiction et documentaire. Mais c’est avec Requiem pour un massacre (1985), son dernier film, qu’Elem Klimov obtiendra enfin la reconnaissance internationale…

Citation

« Le film sidère par la fusion du réalisme quasi documentaire et du lyrisme de la mise en scène. On pense souvent à Tarkovski L'Enfance d'Ivan, mais à un Tarkovski qui, après un voyage au bout de la monstruosité humaine, aurait abandonné tout espoir en Dieu. » Samuel Douhaire, Télérama

1985, 140 minutes, Union soviétique, VO R – ST F
Réalisation : Elem Klimov
Scénario : Elem Klimov, Ales Adamovitch
Photographie : Alexe Rodionov
Musique : Oleg Iantchenko
Interprétation : Alexeï Kravtchenko, Olga Mironova, Liubomiras Laucevicius
Production : Mosfilm et Belarusfilm