LE TEMPS DU LOUP

Séance : vendredi 4 mai à 14h00

L'histoire

Anne arrive avec sa famille dans leur chalet de vacances isolé. Lorsque son mari est assassiné par un couple d'inconnus qui s'y était introduit, Anne prend la fuite avec ses deux enfants. Comme les voisins ne semblent pas vouloir leur porter secours, ils finissent par aller s'abriter dans les bois et trouvent refuge dans une étable. Mais le feu les en chasse bientôt. Autour d'eux, le monde semble sombrer dans le chaos. Continuant leur chemin, ils rencontrent un adolescent qui se joint à eux. Ensemble, ils arrivent en vue d'une gare isolée, dans laquelle un groupe de survivants tente de s'organiser...

Le point de vue de Norbert Creutz

Film mal-aimé, Le Temps du loup est sans doute également le film le plus énigmatique de Michael Haneke, ceci expliquant cela. Ici, pas de provocation cherchant à susciter le malaise, pas de construction savante appelant un décryptage. Comme dans les films d'apocalypse les plus philosophiques, la cause de cette dernière peut rester obscure, seuls comptent ses effets, révélateurs des obsessions de l'auteur - en l'occurrence les fondements de la nature humaine. Une fois parti le vernis social, que reste-t-il? Un pur instinct de survie et des pulsions débridées? Ou des sentiments et des liens plus profonds? Même inabouti, le film n'en est pas moins fascinant, avec son récit d'errances lourd de menaces et ses grands comédiens eux aussi comme dépouillés de tout.

L'auteur

Deux fois Palme d'or à Cannes, pour Le Ruban blanc et Amour, Michael Haneke peut légitimement être tenu pour l'un des principaux auteurs de ces trente dernières années, même si son travail a aussi provoqué des allergies notables dans certains cercles critiques. Depuis son premier long-métrage, le glaçant Le 7e continent (1989), le cinéaste austro-allemand (né à Munich en 1942 et devenu Français d'adoption) n'a de cesse que de pointer les dérives mortifères de notre société. Infatigable explorateur des sources d'un malaise, des causes et hasards qui mènent à la violence,  il traque l'inhumain en l'homme. En père fouettard complaisant ou en artiste dont l'intelligence et la maîtrise n'ont d'égales qu'un profond humanisme?

2003, 113 minutes, Autriche – France, VO F
Réalisation et scénario : Michael Haneke
 Photographie : Jürgen Jürges
 Interprétation : Isabelle Huppert (Anne), Patrice Chéreau (Monsieur Brandt), Béatrice Dalle (Lisa Brandt)
 Production : Margaret Ménégoz (Les Films du Losange), Veit Heiduschka (Wega Film), Bavaria Film