LE SEPTIEME SCEAU

Séance : dimanche 6 mai à 14h00

Débat : UN BERGMAN PROPHÉTIQUE ET SYMBOLIQUE ?

Invité : Philippe Sers, philosophe

Modérateur : Bertrand Bacqué

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L'histoire

De retour des Croisades, le chevalier Block erre à travers une Suède dévastée par la peste noire. Il rencontre la Mort, venue le chercher. Pour gagner un répit, et résoudre ses doutes quant à l’existence de Dieu, il lui propose une partie d’échecs, qui se joue soir après soir. Encadré par son écuyer athée d’une part, et par des baladins à la foi naïve de l’autre, il chemine ainsi sur la route de son questionnement existentiel. Sorcière, moine, forgeron, ou processionnaires, chaque personne qu’il croise incarne un rapport particulier à la foi. Un récit allégorique à l’esthétique extraordinaire, qui se déploie en une danse macabre.

Le point de vue de Briana Berg

Les 7 sceaux du livre mentionné par saint Jean dans l’Apocalypse sont tous évoqués ici: conquête, guerre, famine, peste, martyrs, cataclysmes. Le dernier sceau ouvre à la révélation du mystère divin, représentée par la scène de la rencontre avec la mort. Le jeu d’échecs oppose deux forces, le noir et le blanc. Au centre de l’échiquier, le chevalier et ses doutes métaphysiques : il ne veut pas mourir avant d’avoir une preuve de l’existence de Dieu, à qui il a cessé de croire pendant la croisade. A l’opposé de la violence humaine émerge la figure de l’artiste, qui trouve la joie dans les bonheurs simples de la vie. Ces saltimbanques innocents et libres permettront au chevalier de retrouver la foi qu’il avait perdue – en l’humain. Si Dieu existe, nous dit Bergman, ce sont les hommes qui font douter de son existence ; face à leur méchanceté, l’art est un refuge, qui sublime le réel.

L'auteur

Ingmar Bergman (1918-2006, Suède) est l’un des grands réalisateurs du 20e siècle. Son enfance est marquée par l’éducation rigide, empreinte de la notion du péché et de punitions corporelles, donnée par un père pasteur luthérien. Par sa grand-mère, il découvre le cinéma, qui sera avec le théâtre ses deux passions ; il alternera toute sa vie mise en scène et réalisation. Ses films, souvent très cérébraux, avec des personnages féminins d’une grande profondeur, s’attachent à explorer la foi et la religion (A travers le miroir, 1961); les relations amoureuses ou familiales (Un Été avec Monika, 1953 ; Scènes de la vie conjugale, 1973), et les questionnements psychologiques (Les Fraises sauvages, 1957 ; Persona, 1966). Ses films obtiennent de nombreux prix; c’est le seul cinéaste à avoir reçu une « Palme des Palmes » au festival de Cannes en 1997.

Citation

«  Le septième sceau ! Un film si important dans une époque qui a perdu le sens du sacré, qu'il faut, l'ayant vu, le revoir au moins une fois pour en découvrir toutes les beautés, toutes les promesses, toutes les racines. » – Libération, 23 avril 1958

1957, 96 minutes, Suède, VO S – ST F
Réalisation & scénario : Ingmar Bergman
Photographie : Gunnar Fischer
Musique : Erik Nordgren
Interprétation : Max von Sydow (Antonius Block), Gunnar Björnstrand (Jöns), Bibi Andersson (Mia)
Production : Allan Ekellund, Svensk Filmindustri