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    jeudi 26 avril 2018

    Rencontre avec Michel Maxime Egger pour « Soleil Vert »

    « Les racines de la crise écologique sont culturelles, psychologiques et spirituelles », affirme Michel Maxime Egger, sociologue et écothéologien. Il sera l’invité d’IL EST UNE FOI le samedi 5 mai pour le débat qui suivra la projection de « Soleil Vert » (Richard Fleischer), à 14h00. A l’issue du débat, un café théo-ciné est proposé aux spectateurs qui souhaitent prolonger la discussion.
     
    IEUF : Sorti en 1973, le film « Soleil vert » raconte une ville de New York en 2022 surpeuplée, pauvre, déshumanisée. Sombre prophétie ou science-fiction ?
     
    Michel Maxime Egger : Nous sommes presque en 2022, et New York dans cinq ans ne ressemblera pas à la ville dépeinte dans « Soleil vert ». Qu’on le lise comme prophétie ou science-fiction, le film n’en reste pas moins très actuel, dans le sens où il symbolise avant tout une réalité intérieure, l’état d’une société devenue hors sol, complètement déconnectée de la nature et par là-même déshumanisée, puisqu’elle en vient à se nourrir de produits à base de cadavres humains. « Soleil vert » offre une formidable méditation sur le rapport aux nourritures comme lieu originaire de l’éthique et du spirituel.
     
    IEUF : Comment la spiritualité peut-elle nourrir la réponse aux défis écologiques de notre temps ?
     
    Michel Maxime Egger : Les racines de la crise écologique sont culturelles, psychologiques et spirituelles. Elles ont à voir avec une représentation de la nature qui a été réduite à un stock de ressources, une posture anthropocentrique de l’être humain qui s’est placée en-dehors et au-dessus de la nature, un mode de connaissance centré sur la rationalité logique, une désorientation de notre puissance de désir vers des réalités de l’ordre de l’avoir. L’enjeu n’est pas seulement la protection du milieu naturel, mais la transformation du milieu culturel, psychologique et spirituel qui sous-tend le système économique – croissanciste, productiviste et consumériste – qui détruit la planète. Il s’agit, comme le dit le pape François dans l’encyclique Laudato si’, « d’oser avancer dans une révolution culturelle courageuse ». La spiritualité offre des pistes essentielles pour réenchanter la nature en lui redonnant une âme, restaurer le lien ontologique entre l’être humain et la nature, développer un mode de connaissance intégral qui redonne sa place à la contemplation et à l’éveil des sens, réviser notre idéal d’accomplissement humain à travers une réorientation de notre puissance de désir vers des réalités de l’être.
     
    MICHEL-MAXIME EGGER
    Sociologue (UNINEU)
    Sociologue et théologien, Michel Maxime Egger est auteur de plusieurs essais sur l’écospiritualité et l’écopsychologie. Il est responsable du laboratoire de la « transition intérieure » à Pain pour le prochain. Il est co-directeur de la collection « Fondations écologiques » aux éditions Labor & Fides et anime le réseau trilogies.org