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    mardi 11 avril 2017

    Hommage à Pasolini

    hommage à pasoliniAprès avoir exploré les ramifications de la foi au Moyen Âge, puis dans le monde contemporain, les Rendez-vous cinéma de l’ECR consacrent cette troisième édition aux « Origines ».

    Les origines, car il nous paraît indispensable aujourd’hui de retourner à la source. De la mettre en perspective et de la questionner. Les origines du christianisme, ce sont bien sûr la vie de Jésus, la Passion du Christ, la résurrection. Que se passe-t-il lorsqu’un Pasolini, un Godard, ou un Scorsese s’emparent des Évangiles ?

    Qui dit origines du christianisme et cinéma, dit aussi péplum. Impossible de ne pas penser aux superproductions qui ont bercé nos enfances, sur grand ou petit écran. Du cinéma d’auteur au divertissement, nous avons multiplié les styles et les points de vues : quelle aurait pu être la vision de Judas s’il n’était pas le disciple qu’on a décrit ? Un tribun romain témoin de la crucifixion aurait-il pu être touché par la grâce ? Que pourraient ressentir aujourd’hui des acteurs incarnant Jésus, Marie ou Marie-Madeleine ?

    Ces questions nous mènent ainsi à explorer les répercussions du message du Christ dans le monde contemporain, à travers des représentations parfois controversées, avec Je vous salue Marie de Godard ou Mary de Ferrara, sans oublier l’hommage rendu à Pasolini au travers de trois autres de ses films qui entretiennent des liens complexes avec le christianisme : La Ricotta, Des oiseaux petits et gros ou Théorème.

    Origines du christianisme certes, mais pas seulement. Le retour aux sources se décline à travers un éventail plus large : vers les racines du judaïsme dans le film Noé d’Aronofsky, de l’islam avec l’épique Le Message d’Akkad et du bouddhisme à travers le méconnu Siddhartha, tiré du livre de Hermann Hesse.

    On le voit aisément, la part belle est faite au cinéma d’auteur. Nombre des films présentés font encore débat. Les séances sont comme toujours accompagnées de discussions avec des réalisateurs, des spécialistes du cinéma ou des théologiens de renom. Et, nouveauté cette année, des « cafés Théo-ciné » permettent de prolonger la discussion au restaurant du Grütli.

    Cinq jours, c’est long et court à la fois pour se plonger dans une thématique à nulle autre pareille, vivre des émotions et des découvertes, mais aussi poser les bases d’une réflexion complexe et nuancée, en évitant toujours l’écueil du prosélytisme.

    Édito de Bertrand Bacqué, directeur artistique & Briana Berg, co-responsable de la programmation