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    lundi 2 mai 2016

    Courrier Pastoral – Mai 2016

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    Au sommaire du numéro de mai :

    • EGLISE: Mgr Gaillot à Versoix
    • DEBAT: Religion et extrémisme
    • TEMOIGNAGE: Le combat de Beate et Serge Klarsfeld
    • PAROISSES: La fondation Saint-Loup-Vandelle
    • ECR: Claude Wilhelm, aumônier à l’aéroport
    • EGLISE: Père Cottier, hommage
    • URBI ET ORBI: Amoris Laetitia
    • EN BREF
    • Page du Vicaire épiscopal
    • L'agenda du mois de mai
      

    > lire le Courrier Pastoral

     

    Édito :   Religieusement correct ?

    Les religions facteur de paix ou de violence ? Une question vieille (presque) comme le monde et à laquelle l’actualité semble répondre de façon quasi axiomatique que la religion est bien coupable des temps troubles et des tensions que traverse notre monde. Ici en Europe aujourd’hui, on pense bien sûr aux attentats de Bruxelles, revendiqués par Daesh pour « tuer un grand nombre de croisés », et il est tentant d’assimiler l’islam au problème. Pour le professeur Tariq Ramadan, invité à un débat du Club Suisse de la Presse (pp.4-5), une telle vision nous condamne-rait à tomber dans le piège tendu par les extrémistes qui veulent semer la haine et la division.

    Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon aussi a mis en garde contre toute assimilation d’une seule religion à la violence. « Bien qu’il soit inévitable que nos discussions s’appuient sur des exemples concernant Daesh ou Boko Haram, (…) le phénomène de l’extrémisme violent qui favorise le terrorisme n’est pas enraciné ou confiné à une religion, une région, une nationalité ou un groupe ethnique », a affirmé Ban Ki-moon lors de la Conférence sur la prévention de l’extrémisme violent au Palais des Nations de Genève, le 8 avril dernier (p.8). L’objectif des extrémistes violents est que « nous nous tournions les uns contre les autres », a ajouté le chef des Nations Unies en se faisant le paladin de la prévention dans la lutte indispensable à l’extrémisme violent, négation absolue du ‘vivre ensemble’. Discours religieusement correct qui sied à la diplomatie onusienne ? Ou, bien au contraire, exhortation bienvenue à élargir notre regard et à agir pour créer la confiance entre les communautés et promouvoir les droits de l’homme ?

    Autre question : la religion peut-elle contribuer à lutter contre l’extrémisme ? Oui, répond Michel Veuthey, membre de l’Appel spirituel de Genève et autre intervenant au débat du Club Suisse de la Presse. Pour lui, devant la violence, « notre message, doit être : n’oubliez pas les religions ! », car elles peuvent être « instrument de réconciliation et source d’inspiration pour le respect des droits fondamentaux ».

    Presque en écho, Monseigneur Jacques Gaillot, invité de l’Unité pastorale Jura (p. 2-3), affirme que « face aux terrorismes qui se réclament de Dieu, il ne faut surtout pas répondre par la haine, la violence, le racisme ». « Semons la solidarité, la fraternité, la paix... » - a-t-il ajouté en parlant de la Miséricorde. Pour « témoigner de l’Évangile, nous avons besoin que l’autre nous reconnaisse comme un frère pour lui ».

    Silvana Bassetti