Archives de catégorie : Le billet du vicaire épiscopal

Nous allons prier pour votre genou

Au cours de ce carême que j’ai parcouru avec des béquilles, à la suite d’une opération du ménisque, nous avons été invités, avec le président de l’Eglise protestante, dans une famille évangélique qui avait convié plusieurs membres du Réseau évangélique genevois. Le repas fut riche de la présentation et des témoignages de chacun, avec son parcours de vie et de foi dans son Eglise respective, et ses liens avec les autres Eglises.

À la fin de ce repas, au moment de partir, alors que j’avais déjà franchi la porte, notre hôte me rappelle : « Venez, nous allons prier pour votre genou ». Il fait venir sa famille, et le voilà qui impose les mains sur mon genou et demande la guérison. Puis, deux de ses filles, âgées de huit et dix ans, se mettent à leur tour à prier autour de mon genou… J’ai été bouleversé par la prière si simple et profonde de ces deux fillettes. Bon, je vous rassure (ou je vous déçois) : mon genou ne s’est pas guéri miraculeusement, et il m’a fallu attendre patiemment jusqu’à Pâques les six semaines de cicatrisation et de béquilles. Leur prière a-t-elle favorisé cette guérison ?

Cette scène m’a touché et m’a fait réfléchir. Avons-nous l’audace de tout demander au Seigneur, de l’implorer pour une guérison, de lui confier tous nos soucis ? « Demandez et vous recevrez », dit Jésus (Matthieu 7, 7). « Si deux ou trois se mettent d’accord pour demander quelque chose en mon nom, ils l’obtiendront » (Matthieu 18, 19). Évidemment, nous avons tous fait l’expérience que ce n’est pas magique et que nous ne sommes pas toujours immédiatement exaucés. Mais comme il est bon de pouvoir tout lui demander, lui faire confiance pour tout.

Abbé Pascal Desthieux, vicaire épiscopal

Le billet du vicaire épiscopal – Est-ce que vos batteries sont bien rechargées ?

Une dame rencontrée lors du café après une messe nous raconte qu’elle tient un salon de coiffure et que l’autre jour, un client est arrivé las et fatigué. Elle l’a interpellé : « Monsieur, avez-vous bien rechargé votre smartphone ? Oui, répondit-il. Et votre ordinateur portable ? – Aussi. – Et votre tablette ? – Egalement. – Et les autres appareils qui ont besoin d’être rechargés ? – C’est tout bon, acquiesça-t-il. Et vous, ne voyez-vous pas que vous êtes complètement déchargé ? Il ne faut pas oublier de vous recharger ! » Merci Madame pour cette belle image !

C’est vrai, nous avons tous besoin de recharger nos batteries. Et vous, comment le faites-vous ? Repos, marche, lecture, détente, rencontre, retraite, temps de prière ?

Je viens d’animer une journée de récollection pour les catéchistes de la Broye sur le thème de la messe. Lors d’une remontée après un échange en groupe, ces catéchistes ont témoigné à plusieurs reprises combien la messe était un lieu ressourçant, d’ouverture à Dieu et aux autres, un moment privilégié où on se libère des soucis pour Lui laisser la place.

L’Eucharistie est, selon la belle formule du Concile, « source et sommet de toute la vie chrétienne » (Lumen Gentium 11). Nous la vivons assez bien comme un « sommet » quand nous participons à une fête comme les célébrations pascales que nous venons de vivre. Mais n’oublions pas qu’elle est aussi une « source » où nous pouvons recharger nos batteries !

Heureux Temps pascal, dans la joie du Ressuscité !

 

Abbé Pascal Desthieux Vicaire épiscopal

Le billet du vicaire épiscopal – Fais que nous n’entrions pas en tentation

A Pâques, les Suisses romands vont à leur tour adopter la nouvelle formulation du Notre Père. Dès le dimanche 1er avril – ce n’est pas un poisson – nous dirons : « Et ne nous laisse pas entrer en tentation ». Un changement heureux, puisque « ne nous soumets pas à la tentation » donnait trop l’impression que Dieu nous met dans la tentation ou pire nous tente lui-même. Or, comme le dit l’apôtre : « Dans l’épreuve de la tentation, que personne ne dise : ‘Ma tentation vient de Dieu’. Dieu, en effet, ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne » (Jacques 1,13).

Pourtant, cette traduction n’était pas erronée. Le verbe employé dans le texte original grec, eisenégkêis, de eisphérô signifie littéralement « porter dans,  amener dans », confirmé par le latin non inducas in tentationem : ne nous induit pas en tentation.

Or, Jésus n’a pas transmis sa prière en grec. En hébreu et en araméen, la langue parlée par Jésus, il y a une forme causative qui n’existe pas en grec. Ainsi, le verbe entrer (forme active) devient faire entrer à la forme causative. La négation de « fais-nous entrer » peut porter sur le premier verbe : « ne nous fais pas entrer », ou sur le second : « fais que nous n’entrions pas » en tentation. C’est probablement ce que Jésus a voulu dire, mais cela n’a pas été correctement retranscrit en grec.

Les plus anciens se souviennent de : « ne nous laissez pas succomber à la tentation ». Cette traduction était préférable. Nous allons retrouver ce sens avec la nouvelle formulation.

Bonne montée vers Pâques, et que le Ressuscité nous aide dans notre lutte contre toute forme de tentations !

Abbé Pascal Desthieux, vicaire épiscopal

Le billet du vicaire épiscopale – La « sainte » insatisfaction

« Dans notre paroisse, ce sont toujours les mêmes qui font tout depuis longtemps et ne laissent pas de nouvelles personnes prendre des responsabilités ». « Après leur confirmation, les jeunes ne mettent plus les pieds à l’église ». « La génération 20-40 ans est si peu présente ». « Plus de mille personnes à Genève cherchent chaque nuit un endroit pour dormir »…
Ces constats nous font souffrir et provoquent en nous une insatisfaction. Cette liste n’est pas exhaustive : vous pouvez y ajouter vos propres insatisfactions.
 
Elles peuvent nous faire sombrer dans l’amertume. Mais lors de la session des agents pastoraux genevois en novembre dernier, on nous a dit que ces insatisfactions sont précieuses, car c’est à partir d’elles que nous pouvons puiser l’énergie pour opérer des changements nécessaires.
 
Car ce n’est pas facile de faire des changements. Quand on propose une évolution, le groupe va réagir, même inconsciemment, et tout faire pour que rien ne bouge. Or, nous le savons, que ce soit dans l’histoire d’une nation, d’une paroisse ou de nous-mêmes, c’est quand une situation ne va vraiment pas que l’on se mobilise pour faire changer l’ordre ancien. Ces changements sont nécessaires, car ce qui fonctionnait bien autrefois peut être aujourd’hui un frein pour le dynamisme de la communauté. Les solutions d’hier peuvent devenir les problèmes d’aujourd’hui : il nous faut trouver d’autres solutions.
 
Alors, je vous propose de travailler sur votre insatisfaction. Qu’est-ce qui vous insatisfait le plus actuellement ? À partir de ce constat, qu’est-ce que vous aimeriez mettre en œuvre pour provoquer un changement ? Ce sera alors une « sainte » insatisfaction !
 
Abbé Pascal Desthieux, vicaire épiscopal

Le billet du vicaire épiscopale – Une vision pour cette nouvelle année

Néhémie est l’échanson du roi Perse Artaxerxès à Suse. Au mois de Kisleu (nov.-déc.) 446 (av. J.-C.), il reçoit la visite de son frère Hanani qui l’informe de la situation déplorable de la ville de Jérusalem :  sans murs, la ville est sans défense et sans prestige. Néhémie pleure et jeûne ; dans sa prière, il demande au Seigneur ce qu’il doit faire. Il comprend qu’il doit reconstruire ses remparts. Il a le courage d’en parler au roi et obtient la permission d’aller en Juda, ainsi que des ressources et des lettres de protection. Il partage ensuite sa vision à ses coreligionnaires qui partiront avec lui. Arrivé à Jérusalem, Néhémie fait le tour de la ville en décombres pour constater l’étendue des dégâts et pour bien planifier le travail de reconstruction. Il est tellement convaincu qu’il réussit à persuader les responsables de la ville puis tous les habitants habitués à des murs détruits pendant 142 ans. Et tous s’écrient : « Mettons-nous à reconstruire ! » (Néhémie 2, 18). Les remparts sont rebâtis en quelques semaines, Jérusalem redevient la Ville sainte et se repeuple.

Parce qu’il a eu une vision claire de ce qu’il devait faire, Néhémie a su mettre la priorité sur ce projet, convaincre ses adversaires, surmonter les difficultés et arriver au résultat souhaité.

Pour nos paroisses, nos services, nos mouvements, et même simplement pour nous-mêmes, il est très fructueux de prendre du temps, dans la prière, pour découvrir notre mission, ce que le Seigneur attend de nous en cette nouvelle année.

Mieux que des résolutions vite oubliées, quelle est notre « vision » (pastorale) pour 2018 ?

Je vous souhaite une heureuse et fructueuse nouvelle année.

Abbé Pascal Desthieux, vicaire épiscopal

Le billet du vicaire épiscopale – Les 5 essentiels

Au cours de la session pastorale cantonale que prêtres et agents pastoraux allons vivre en ce mois de novembre, il sera question, entre autres, des « 5 essentiels » : prière, fraternité, service, formation et évangélisation. On les retrouve dans la vie de la première communauté chrétienne de Jérusalem (Actes 2, 42-47) ; ils sont nécessaires pour que la vie chrétienne se déploie et porte du fruit. Ainsi, dans notre vie comme dans chacun des groupes ecclésiaux auxquels nous participons, il est « essentiel » que :

  1. nous gardions toujours une place pour la prière et la rencontre personnelle de Dieu.
  2. nous vivions la communion fraternelle et la joie d’être ensemble.
  3. nous grandissions en nous donnant les moyens de nous former et d’apprendre.
  4. nous nous engagions selon nos capacités et nos charismes.
  5. nous annoncions la Bonne Nouvelle du Ressuscité.

Autrement dit, pour grandir et s’épanouir, nous avons besoin d’un cocktail de 5 vitamines
essentielles :

  • vitamine A de l’Adoration par la prière, la louange, la célébration.
  • vitamine B d’une Belle communauté où se vit l’accueil, le soutien, la fraternité.
  • vitamine C d’une Configuration au Christ par une formation continue.
  • vitamine D du Dévouement par le service de nos frères et sœurs.
  • vitamine E de l’Evangélisation en étant disciples missionnaires.

Je vous propose un exercice tout simple. Vous faites partie d’un conseil paroissial, d’un groupe de prière ou de lecture biblique, des lecteurs ou des fleuristes, etc. ? Regardez si vous vivez bien les 5 essentiels, et lequel il faudrait développer pour que votre groupe porte plus de fruits. Vous pourrez aussi repérer dans votre vie chrétienne si vous recevez bien les cinq vitamines essentielles et quelle serait celle qui pourrait manquer à votre croissance.

Abbé Pascal Desthieux, vicaire épiscopal

En marche à vos côtés