Archives de catégorie : Articles

Journée mondiale du refus de la misère

Journée mondiale du refus de la misère

Il y a 30 ans, le père Joseph Wresinski, fondateur du mouvement ATD-Quart Monde, et des milliers de personnes se réunissaient sur le Parvis du Trocadéro à Paris pour poser une dalle où il est inscrit : « Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. »

Depuis ce jour, chaque 17 octobre, de nombreuses villes se mobilisent pour affirmer que la misère n’est pas une fatalité, mais qu’elle peut être combattue et vaincue. Pour cela, ses victimes doivent être associées au combat contre la misère plutôt qu’enfermées dans leurs difficultés ou jugées seules responsables de leur condition.

A Genève, depuis 2010, le « Collectif 17 octobre », composé de nombreuses institutions sociales et associations dont l’Eglise catholique romaine, célèbre cette Journée et inscrit ainsi notre ville dans cet élan mondial de réflexion.

Cette année, et pour la première fois, le Collectif a organisé le 14 octobre dernier le « Parlement des Inaudibles », un lieu où a résonné la voix des personnes en situation de précarité, une voix que l’on n’entend pas, parce que ceux qui la portent sont rendus invisibles : comme l’affirme le philosophe Guillaume Blanc, « les visages effacés sont d’abord des voix que l’on a effacées du concert des voix que devrait être une démocratie ». Ce jour-là, à partir des thèmes de la discrimination, du travail et du logement, ces « inaudibles » se sont exprimés devant des citoyens et des figures politiques invités à les écouter, eux les vrais « experts » de l’exclusion sociale.

Le Collectif souhaite souligner l’enjeu politique et social de cette réalité, car en stigmatisant les plus pauvres et les plus vulnérables, la société se permet d’exclure des groupes sociaux. Il est considéré normal que ceux qui vivent la pauvreté se cachent et se rendent invisibles. Ceux qui ne le font pas sont punis sévèrement par la loi. A Genève, la pauvreté est criminalisée : des centaines de personnes en situation de rue reçoivent une ordonnance pénale pour occupation abusive de l’espace public quand elles restent « trop longtemps » sur un banc dans un parc ou pour le « crime de mendicité » quand elles tendent la main pour appeler à la solidarité. Cela se déroule dans le silence assourdissant de nos consciences d’humains.

Une discrimination anti-pauvres s’est installée dans nos structures et dans notre imaginaire social. L’amalgame entre pauvres et profiteurs ou pauvres et fainéants n’est qu’un signe des efforts de notre société pour rendre invisibles et inaudibles les victimes de la misère.

La mendicité est une situation indigne. Depuis plusieurs années, l’Eglise est engagée avec d’autres auprès de personnes en situation de précarité. A chaque fois, nous faisons l’heureuse découverte de leurs ressources, leur créativité, leur enthousiasme et leur sens des responsabilités. Ces hommes et ces femmes sont capables de construire quelque chose de neuf et de différent lorsque nous leur tendons la main. Ne criminalisons pas les pauvres, accueillons leurs mains tendues et leur invitation à bâtir un monde meilleur qui refuse la misère.

Inès Calstas – Pôle Solidarités de l’Eglise catholique romaine (ECR) Genève

Article publié le 17 octobre dans la tribune de Genève

Dimanche de la Mission Universelle

Le 22 octobre sera célébré le dimanche de la mission universelle dans toute l’Eglise catholique.

Missio propose cette année de vivre une communion plus étroite avec l’Église qui est en Inde.

L’interpellation que nous adressent nos frères et sœurs en Inde se résume par le thème de la campagne 2017 qui se décline en deux temps : « Rayonner Dieu, servir la vie ».

L’Inde est un pays où l’intériorité et la méditation ont une grande importance. Elles produisent de merveilleux fruits. Elles permettent par exemple d’être animés d’un feu intérieur, d’être profondément habités par la Présence de Dieu.

Et si Dieu est présent et vivant au plus profond de soi, alors on peut connaître une vraie joie de se mettre à la suite de Jésus, de se mettre au service de l’œuvre de Dieu, au service de la vie. 

Monseigneur Robert Miranda – qui figure sur l’affiche de la campagne – est à la tête du diocèse de Gulbarga depuis 2005. Il n’y a là que 8’000 catholiques, sur un territoire grand comme les 2/3 de la Suisse. Dans un contexte multi-religieux, ils donnent par leur vie un témoignage fort de l’amour de Dieu. L’Église catholique a implanté de très nombreuses écoles, dispensaires et services sociaux qui sont ouverts à tous.

«Cette année également, la Journée missionnaire mondiale nous rassemble autour de la personne de Jésus, « le premier et le plus grand évangélisateur » (Paul VI, Evangelii nuntiandi, n. 7), qui, continuellement, nous envoie annoncer l’Evangile de l’amour de Dieu le Père dans la force de l’Esprit Saint. Cette Journée nous invite à réfléchir à nouveau sur la mission au cœur de la foi chrétienne. En effet, l’Eglise est missionnaire par nature. Si ce n’était pas le cas, elle ne serait plus l’Eglise du Christ mais une association parmi tant d’autres qui, bien vite, finirait par épuiser son but et disparaître. »

PAPE FRANÇOIS, MESSAGE POUR LA JOURNÉE MONDIALE DE LA MISSION UNIVERSELLE 2017

 

Plus d’informations

Les cercles de silence, une nouvelle forme de résistance

 
Initiés par les frères franciscains de Toulouse en 2007, les cercles de silence se multiplient partout en Europe. On en recense aujourd’hui 180. Des citoyens de tous horizons (chrétiens, musulmans, bouddhistes, juifs, athées, militants de tous les bords et des politiques) se réunissent pour dénoncer la situation des sans-papiers. 
 
A Genève, les Cercles de silence existent depuis janvier 2011 à raison de 6 par année. 
 
Les membres des Cercles de silence désirent aller au-delà des mots et des cris. Pendant une heure, les hommes et les femmes réunis ne bougent pas, ne martèlent aucun slogan, ne brandissent aucun poing et seuls quelques-unes et quelques-uns portent sur leurs dos des pancartes.
 
« Nous invitons seulement chacun à écouter sa propre conscience et à découvrir que nous pouvons être actifs dans la société sans être prisonniers d’une idéologie… », explique le frère Richard. Car « cela équivaudrait à affirmer la solution, imposer notre manière de voir. », 
 

La philosophie de la non violence

La Satyâgraha ou « étreinte de la vérité » (satya, vérité; agraha, saisie) est le principe de la non-violence instauré par Gandhi, basée sur la maîtrise de soi et le respect de la vérité. Le frère Richard avoue « La non-violence invite à une aventure intérieure en vérité. J’ai mis des années à approfondir ce lien si fort entre Evangile et non-violence. Le Mahatma Gandhi s’étonnait ; seuls les chrétiens ne voient pas que Jésus est non violent ». 
 
Alain Richard est depuis longtemps impliqué dans des réseaux d’actions non violentes tels que les Brigades Internationales de la Paix, Pace e Bene et Franciscans International. Cet homme charismatique âgé de 88 ans, avoue « je suis très ému de cette flambée de mobilisation…L’histoire continue ! C’est ensemble que nous pouvons défendre l’être humain parce que c’est urgent. Oui, c’est vraiment urgent ! »
 
Le Cercle de silence « Genève » est composé de citoyens dont certains sont membres de l’EPG, l’ECR, l’AGORA….. 
 
Ines Calstas
 

Crédit photo Nicole Andreetta

Date du prochain cercle du silence 

Journée mondiale du refus de la misère : 4, 13 14 et 17 octobre 2017

A Genève le « COLLECTIF 17 OCTOBRE » organise 4 rendez-vous pour les 30 ans de la Journée mondiale du refus de la misère les 4, 13 14 et 17 octobre 2017. 
 
« Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. »  Joseph Wresinski, 17 octobre 1987. Initiée par Joseph Wresinski et des milliers de personnes de tous milieux rassemblés sur le Parvis des Droits de l’Homme à Paris en 1987, cette journée est officiellement reconnue par les Nations Unies depuis 1992 en tant que Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. Partout dans le monde, des personnes se mobilisent pour faire entendre ce jour-là la voix, les idées des personnes que la pauvreté a mis en marge de nos sociétés.
 
A Genève, vous êtes invités le :
Mercredi  4 octobre à 19h00 « La victoire des gestionnaires : management et politiques publiques, les rouages d’une précarisation généralisée », conférence publique avec Danièle Linhart (CNRS), Aude Martenot (Unige), Jean Michel Bonvin (Unige) modérateur. Salle Gandhi-Carson, Maison des Associations  flyer de l’événement
Vendredi 13 octobre – Visite guidée historique « A la rencontre d’une Genève en mutation », cortège, repas (théâtre de la Parfumerie), espace de partage, moment convivial et animations artistiques. Dès 10h00.
Samedi 14 octobre  – « Parlement des inaudibles » des personnes en situation de précarité prennent la parole, repas, théâtre-récit, soirée festive, dès 12h30 Théâtre de la Parfumerie
Mardi  17 octobre – Commémoration de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté au Palais des Nations (ONU). 14h30 théâtre Musical « Couleurs Cachées »  .
Entrée libre – mais réservation obligatoire (avant le 12 octobre) : equipe.geneve@atd-quartmonde.org
 
Pour plus de détails voir le flyer complet
 

« 2 heures à offrir ? » La Pastorale de la Santé a besoin de vous 

 
La Pastorale Santé soutient les traversées périlleuses de la vie : maladie, vieillesse, mort et deuil dans des lieux qui ne sont pas des lieux d’Eglise.
 
Les aumôneries catholiques sont ainsi présentes, dans les 55 EMS du canton de Genève, dans les 6 sites des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), dans les cliniques et hôpitaux privés du canton.
 
Dans le cadre de cet accompagnement bénévole, nous offrons présence, écoute, soutien et réconfort à toute personne et à sa famille.
 
Aidez-nous à assurer ces services !
– en donnant un peu de temps pour faire du bénévolat d’accompagnement
– en assurant une présence (visites et célébrations)
– en vous formant
 
Pour réaliser cette mission, nous vous proposons : une formation à l’accompagnement et des rencontres mensuelles de partage, de réflexion et d’échanges d’expérience.
 
Vous avez deux heures à offrir ?
Contact :
Cathy Espy-Ruf  tél : 076 / 565 80 66  cathy.espy@cath-ge.ch
Paroisse de Ste Jeanne de Chantal  3 avenue d’Aïre / 1203 GENEVE
ECR / Pôle Solidarités
Pastorale de la Santé
MERCI !

Retour sur la journée portes ouvertes de la catéchèse le 31 août 2017

En poussant la porte du Centre œcuménique de catéchèse ce jour-là, le visiteur a découvert une véritable ruche : tous les collaborateurs, protestants et catholiques, pastoraux et administratifs, étaient présents pour exposer leur travail, sous le signe rayonnant de l’arc-en-ciel. Des postes spécifiques présentaient nos propositions catéchétiques et nos différents supports pédagogiques, avec la présence de collaborateurs ravis de pouvoir partager leur travail et leur matériel.

Ponctuée par différentes animations protestantes, catholiques ou œcuméniques, la journée s’est également distinguée par les échanges informels et des moments de détente autour du coin grignotage, où les petits en-cas tentants attendaient le visiteur entre deux salles. Cette belle journée, portée par tous ensemble, témoigne de la bonne entente entre les deux équipes et de leur volonté de promouvoir la présence chrétienne dans le canton. 

voyage en roumanie

Voyage en Roumanie : « Venez chez nous »

Depuis quelques années l’ECR est engagée auprès des personnes marginalisées avec une pastorale de rue, sous le nom de « Pastorale des Milieux ouverts ». Parmi ces personnes, les Roms qui mendient à Genève. En réponse à une invitation fréquente et répétée, trois femmes actives dans la Pastorale des Milieux ouverts, Inès Calstas, Nicole Simonnin et Sarah Boumaraf se sont rendues dans leur région en Roumanie pour approfondir la rencontre. Inès et Nicole nous livrent leur témoignage.

voyage en roumanie

Quelques membres de la Pastorale des Milieux ouverts sommes partis en Roumanie en mai dernier. Depuis 2010, nous travaillons avec les Roms qui mendient à Genève. Après presque sept ans de partage dans la réalité genevoise, le temps était venu d’accepter l’invitation : « Venez chez nous ». Un beau défi qui a compté avec l’appui de notre Eglise.

Avant notre départ, Mgr Pierre Farine a fait des contacts avec l’Eglise Gréco-Catholique du Diocèse de Cluj, en Transylvanie, vaste région du centre-ouest de la Roumanie.

Nos amis à Aiud et à Ocna Mures, plus au sud, se sont organisés pour nous faire découvrir leur vie. Nous, les voyageuses, nous nous sommes réunies pour définir nos objectifs. Nous étions unanimes : nous acceptions l’invitation de partir à leur rencontre sans trop de planification, au risque d’être interpellées par la réalité sur place et d’être bousculées dans nos certitudes.

voyage en roumanie

Première rencontre à Cluj avec le Père Antoine

A peine arrivées sur sol roumain, nous sommes allées à l’Evêché gréco-catholique de Cluj.

Le père Antoine nous attendait avec un accueil oriental (gâteaux et boissons). Nous avons eu un échange très intéressant sur les tensions de l’exigence évangélique et la réalité de la pauvreté qui dépasse et qui dérange. Très vite, le père Antoine a parlé des difficultés que la population rom vit: l’extrême pauvreté, le manque de formation et surtout la discrimination. Mais aussi il a parlé des Roumains qui ont du mal à accepter cette population marginalisée qui ne se comporte pas comme ils aimeraient…

voyage en roumanie
Sonin et le Père Antoine

Grâce au père Antoine nous avons rencontré le père Gabriel, un prêtre rom ! Seulement une petite minorité des Roms accède à la prêtrise. Il nous a parlé surtout de la discrimination qu’il subit quotidiennement et cela depuis son enfance. « On doit se battre pour tout et tout le temps. Heureusement, j’ai rencontré un évêque qui a cru en moi et qui m’a permis de vivre ma vocation sinon ça n’aurait pas été possible pour moi d’être prêtre. »

Nous avons passé une journée entière avec lui, nous avons visité le hameau de Sinçai à Targu Mures où il habite avec sa famille. Pas d’église pour lui. Les messes du dimanche se célèbrent chez les orthodoxes. Sinon, il est témoin d’un Dieu qui visite et qui est là avec les pauvres. Il parcourt les rues, il rencontre les personnes chez elles. Au moment de le quitter, un moment de prière « s’improvise », des bénédictions s‘échangent…

voyage en roumanie
Nicole, Inès et le père Gabriel

Les rencontres avec les familles

Nous avons vécu la joie de la rencontre qui opère comme une étincelle qui nous met en route vers l’espérance d’une vie meilleure et qui nous donne cette certitude folle que la mort n’a pas le dernier mot !

Nous avons voulu rencontrer toutes les familles de Genève, pari presque accompli.

« Vous allez voir la réalité, ils ont des super maisons ! » Des personnes bienveillantes nous avaient prévenues… Mais nous avons rencontré la misère qui rappelle parfois les bidonvilles d’Amérique latine, nous avons été témoins de rêves construits grâce à la mendicité en Suisse, nous avons vécu l’accueil inconditionnel des personnes qui nous ont ouvert leurs maisons et qui nous ont cuisiné nos mets favoris.

Quelques fruits…

A quelques semaines de notre retour, nous pouvons déjà nous réjouir, nous sommes témoins de quelques clins Dieu. Lors de notre rencontre, le père Gabriel a accepté de devenir le partenaire local du Service Social International – réintégration, une ONG qui travaille pour la réinsertion de personnes dans leurs pays et avec laquelle nous collaborons déjà. Dans ce cadre, deux familles qui ont vécu dans la rue à Genève et connues par la Pastorale des Milieux ouverts ont déjà pu démarrer leurs projets d’activité commerciale en Roumanie. Et c’est seulement le commencement…

Un immense merci à toutes les personnes qui ont rendu possible ce voyage, à celles qui s’engagent pour qu’un autre monde soit possible et à celles qui nous ont soutenues avec leurs prières et bénédictions.

Inès Calstas 

Pastorale des Milieux ouverts

ECR – Pôle Solidarités

« Une réalité humaine inconnue »

 Ce voyage en Roumanie… une immersion totale dans une réalité humaine inconnue pour moi.

Nous sommes allées dans des lieux assurément pas fréquentés par les touristes. Pas besoin de guide touristique… Nos seuls guides : les Roms que nous connaissons à Genève, qui nous ont fait connaître leurs quartiers et entrer dans leurs maisons. Merci à eux. Nous avons été des hôtes privilégiés. La table souvent mise pour nous accueillir avec la « mamaliga » au menu (polenta). Des rencontres chaleureuses dans la sincérité de leur vécu. Loin les préjugés des maisons opulentes ! Des maisons très (trop) petites pour les familles qui y habitent, sans eau courante, parfois sans électricité (coupée).

Pas de guide touristique mais que de beaux paysages et pourtant parfois, quels contrastes ! Un val verdoyant, magnifique, qui donnerait envie d’y passer quelques jours de vacances. A fond de ce val, un village où se côtoient des maisons en voie d’amélioration (celles de Roms qui sont venus en France, en Suisse, en Italie, en Espagne) et les pires taudis. Une grande école, de construction moderne… mais qui interroge : quelle scolarité pour les enfants qui vivent dans une telle misère ?

« Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé ». Cette citation attribuée à Albert Einstein, nous l’avons évoquée lors de notre entretien avec le Père Antoine. La discrimination à l’égard de la population Rom, nous a été confirmée par le Père Gabriel, notamment avec son expérience personnelle. A la fin du collège, lorsqu’il a dit que son orientation future était de devenir prêtre, il s’est entendu répondre : « Tu ne pourras pas être prêtre… tu es Rom ». Ce qui a été heureusement démenti par l’accueil de son évêque.

Je me réjouis qu’il ait accepté d’être le contact local pour la réinsertion de personnes dans leurs pays.

Nicole Simonnin

 
Images : Sarah Boumaraf, Inès Calstas

L’Eglise catholique romaine à Genève ( paru dans mission intérieure)

lire l’article en version pdf

L’Eglise catholique romaine à Genève Genève, la cité de Calvin, ou la Rome protestante, comme on la nomme souvent, est également celle des catholiques. C’est d’ailleurs, en dépit de la réforme et de son influence sur la cité, la communauté religieuse la plus importante avec 37% de la population pour seulement 12% de protestants. L’Église catholique romaine à Genève (ECR) porte donc une responsabilité sérieuse afin de fournir à ses fidèles, l’ensemble des services qu’ils attendent.

Organisation

L’ECR est une association au sens du CSS. Ces membres sont tous bénévoles. Situé 13 rue des Granges, au centre de la vieille ville, le Vicariat épiscopal, constitue une sorte de vaisseau amiral qui administre, gère, coordonne et organise la vie de l’Église. Regroupée autour du Vicaire épiscopal, l’abbé Pascal Desthieux et du Secrétaire général, M. Dominique Pittet, une quinzaine de personnes s’emploient quotidiennement pour traiter l’ensemble des tâches liées à l’Église : administration, ressources humaines et informatique, finance et comptabilité, communication et gestion de l’information, activités pastorales et, surtout la recherche de fonds.

Financement

A la différence des autres cantons suisses où l’Etat pourvoit aux besoins des Églises en leur attribuant des sommes substantielles, Genève est le seul canton (avec Neuchâtel) dont les institutions religieuses ne reçoivent aucun financement de l’État. Son budget est de 12,7mios/an. La réforme est passée par là, bien entendu, mais également la séparation des pouvoirs dont le concept est issu du Siècle des lumières et qui sera appliquée dès le 19e siècle pour devenir un état laïque. Dès lors, puisque les institutions religieuses genevoises ne reçoivent pas d’aide de l’Etat, le Vicariat s’active pour trouver des fonds car il s’agit tout d’abord d’assurer les ressources financières à son action pastorale. Quelque 60 prêtres, 40 agents pastoraux, 15 emplois administratifs au Vicariat, cela fait 115 salaires à verser chaque mois, une véritable PME, organisée en conséquence grâce à des dons qui représentent 68% des ressources. Une véritable stratégie de recherche de fonds est mise sur pieds depuis quelques années afin de financer l’ensemble des postes et services nécessaire à la bonne marche de l’Église. Des actions de marketing direct mensuelles sont mises sur place à l’attention de l’ensemble de la communauté catholique ainsi que des actions événementielles variées, dont un festival de cinéma, une soirée de soutien, des concerts ainsi que des événements ponctuels. Sans oublier le marketing digital (site internet et réseaux sociaux) et le legs, outil de levée de fonds désormais incontournable pour toute institution vivant de dons. Toutes ces actions visent à lever des fonds auprès des personnes privées, des entreprises et des fondations donatrices.

Enseignement catholique à l’Université

Il est important de préciser ici que nous avons également trouvé récemment le financement permettant de créer un enseignement catholique au sein de la Faculté de théologie toute protestante de l’ancienne Académie créée par Calvin. Cela démontre la vitalité de nos actions et l’importance des partenariats et collaborations que nous a même de fédérer autour de l’Église, et ce, en dépit d’une laïcité omniprésente. Le centre-ville de Genève avec le Jet d’eau L’ECR-Genève en marche à vos côtés ./.
Depuis peu, l’ECR-Genève recherche en plus des fonds pour des projets spécifiques. Le « chemin de joie » est l’un des plus importants, en coût mais également en portée pastorale. L’espoir est permis de trouver le financement pour la réalisation de 12 mosaïques du spécialiste mondialement connu, l’artiste Marko Rupnik du centre Aleti de Rome. Une première pour lui en Suisse. Cette réalité de la recherche de fonds donne une énergie, une créativité indiscutable à la structure car, confrontées à la réalité tangible du financement de ses activités, la stimulation et l’imagination développent la réflexion et permet de trouver des solutions innovantes, voire originales. A côté des dons, les dépenses sont également couvertes par les revenus de notre parc immobilier (25%) et la gestion de sa fortune (2%).

Organisation pastorale

L’ECR est structurée en quatre pôles : Annonce (catéchèse), Assemblées (paroisses), Solidarités, ressources institutionnelles. Le canton est divisé en unités pastorales (14) pour 52 paroisses qui accueillent les baptêmes (739 en 2015), les mariages (98), la confirmation (404) et les funérailles et bien d’autres tâches encore. Au sein du pôle solidarité, la pastorale de la santé constitue un des services les plus importants de l’ECR. Avec 17 agents pastoraux et des centaines de bénévoles, elle assurent, au quotidien, un soutien humain, spirituel et religieux. Elle est présente dans les 52 établissements médicaux sociaux (EMS) du canton, à l’hôpital cantonal et dans ces diverses dépendances, au sein des cliniques privées (aumôneries de la santé). Le pôle solidarité, c’est aussi une présence à l’université et dans les établissements pénitenciers (aumôneries des prisons) ainsi qu’au sein des centres de requérants d’asile (aumôneries genevoises des requérants d’asile et des réfugiés – AGORA), auprès des handicapés (COPH), des sourds et malentendants (COSMG), sans oublier la pastorale du monde du travail et la pastorale de rue. L’ensemble des aumôneries regroupent 30 postes et assurent plus de 25’000 visites par an dont 10’000 à l’hôpital et 5’000 en prison ; elles constituent une charge importante du budget de l’ECR. Sans se substituer aux services sociaux, même au sein d’un État laïque qui en défend farouchement ses fondements et ses principes, chacun s’accorde sur le fait que les aumôniers remplissent une fonction essentielle, à la fois spirituelle et sociale, visant à apporter aux populations en souffrance, le soutien nécessaire parfois par le simple réconfort d’une présence.
En somme, le Vicariat de Genève, qui dépend du Diocèse de Fribourg (LGF), est organisé comme n’importe quelle autre Église. La différence non négligeable réside dans la recherche de fonds, ainsi que les activités qui y sont liées. Et aussi dans le fait que toutes les personnes des différents comités sont bénévoles sans aucune rémunération. L’Église catholique romaine de Genève est dépositaire d’une longue histoire de foi et d’engagement, depuis plus de 1700 ans. Cette histoire continue dans un monde bousculé par la tension autour des valeurs et de la mondialisation.

Geoffroy de Clavière, Resp. Développement et
communication/ Dominique Pittet, Secrétaire général

lire l’article en version pdf

François Fontana: 38 ans de ministère laïc

Le 16 juin, entouré de nombreux amis et collègues, François Fontana a fêté la fin de son engagement professionnel au sein de l’Église catholique romaine (ECR) : agent pastoral laïc durant 38 ans, il a exprimé la joie qui l’a habité tout au long de son parcours au service de l’Eglise et de sa mission, avec la double chance d’avoir été payé pour faire ce qui le passionnait et d’avoir travaillé avec des amis! De la Pastorale des Jeunes aux paroisses, de l’animation biblique à la formation, en passant par le Camp Biblique Œcuménique de Vaumarcus, François Fontana a roulé sa bosse aux quatre coins de l’ECR. Retour en images et en paroles sur la soirée festive et le parcours d’un agent pastoral qui a cheminé et accompagné l’Eglise à Genève, guidé par « quatre fils rouges » : la coresponsabilité entre prêtres et laïcs, l’œcuménisme, la liturgie et la Bible.

 

Et dire qu’il a failli aller travailler chez la concurrence, les protestants ! François Fontana, doyen des agents pastoraux engagés au sein de l’Eglise catholique romaine (ECR) à Genève, a fêté avec ses amis et collègues la fin de son engagement professionnel lors d’une célébration et d’une soirée, le 16 juin dernier à la paroisse de Notre-Dame des Grâces au Grand-Lancy. Telles les pièces d’un puzzle, discours, sketchs, chants et autres prises de parole et témoignages ont rythmé la soirée pour composer un portrait assez détaillé de cet homme et de ses multiples engagements.
Son investissement au sein de l’Église remonte à son enfance : il a été, entre autres!, servant de messe dès l’âge de 6 ans. Devenu adulte, un « job » en lien avec la foi lui a paru une évidence. « J’ai failli dire oui au protestants et puis je me suis dit, et si j’allais d’abord voir chez nous ? », a-t-il confié. Bien lui en a pris !
C’est ainsi qu’il a commencé à travailler à la Pastorale des Jeunes, qui s’appelait alors « Les 15-25 ans » (1979 à 1993), avant une longue étape à la paroisse de la Sainte-Trinité (1992-2002), pour ensuite jeter l’ancre à l’Unité pastorale Champagne (2002-2008), aborder un long parcours à la Commission Cantonale de Liturgie, tout en assumant, de 1993 à aujourd’hui, des responsabilités dans la formation d’adultes, d’abord à la FASP (Formation Aux Services Pastoraux), devenue Damaris, puis BFor, le Bureau Formation de l’ECR, sans oublier les constantes de l’Animation Biblique OEcuménique Romande (ABOR), et du Camp Biblique OEcuménique de Vaumarcus (CBOV).

Quatre fils rouges

Ce beau voyage de 38 ans, il l’a évoqué avec « quatre fils rouges » : la coresponsabilité entre prêtres et laïcs, l’œcuménisme, la liturgie et la Bible. Comme les quatre points cardinaux d’une boussole, ces fils lui ont permis de ne perdre ni le Nord ni le cap.
Tout d’abord, a-t- il témoigné – « la coresponsabilité : en 1986, j’étais dans l’équipe d’animation d’une session pastorale sur la COresponsabilité entre prêtres et laïcs, afin qu’elle soit véritablement CO, c’est-à-dire à égalité, sans une prédominance du prêtre et un second rôle pour le laïc, ni l’inverse, ce qui peut aussi arriver. C’est toujours, aujourd’hui, un enjeu capital et jamais acquis dans notre Eglise. »
Ensuite « l’œcuménisme : même si la tonalité de fond a été constante, c’est un sujet de grandes évolutions. Passer de la focalisation sur les détails qui divisent à une vue large de ce qui nous unit, puis œuvrer pour un œcuménisme en chemin, vers une diversité réconciliée (…) afin d’offrir au monde un témoignage cohérent. Là aussi, le chantier reste ouvert et les résultats jamais acquis… »
Parallèlement, « la liturgie : c’est, pour moi, un lien fort entre la vie et la foi parce que là où deux ou trois sont réunis en son nom… il y a déjà de la liturgie. Je peux résumer ma recherche en deux questions : Comment, dans la liturgie, mettre en lumière la vie ? Comment, dans la vie, être éclairé par la liturgie ? »
Enfin, « la Bible : passer de la formation biblique à l’animation biblique et surtout à l’animation biblique de toute la pastorale, selon Verbum Domini 73. Pour que nous demeurions dans la Parole et que la Parole demeure en nous ».
« Ces quatre fils, je vais certainement continuer à les tricoter, les tresser ou les torsader… mais comment ? J’ai souvent dit que j’avais deux chances : celle d’être payé pour faire ce que je faisais avant bénévolement et celle de travailler avec des amis. Inverser cela sera l’enjeu des prochains mois… » -a-t-il conclu, avant de passer symboliquement le témoin à ses collègues.
Avec humour, il a passé le témoin symbolique de « doyen » des agents pastoraux laïcs à son collègue et ami Michel Colin, l’actuel adjoint du Vicaire épiscopal à Genève, tout étonné de découvrir qu’avec ses 22 ans de service auprès de notre Eglise il lui incombe désormais de porter le « sceptre » de la charge officieuse du plus ancien agent pastoral laïc de l’ECR. Applaudissements!


« Mais, le témoin je le remets surtout à l’Equipe du Bureau Formation de l’ECR (BFor) en sachant que le BFor et la formation sont entre de bonnes mains », a affirmé François Fontana avec beaucoup d’émotion. Autre hommage appuyé, celui à sa femme Martine « pour les 35 ans d’accompagnement et d’adaptation au quotidien ». Applaudissements!
En guise de témoin, François Fontana avait choisi des « micro-macro-scopes », des lunettes à double usage: « un microscope pour voir les détails », qu’il n’a jamais sous-estimés « car ce qui divise se cache souvent dans les détails », et un macroscope, « car ce qui unit c’est la vue large, ecclésiale », « celle d’un Peuple de frères – et sœurs – en marche pour annoncer l’Evangile et la paix de Dieu ». Et c’est ainsi tout naturellement que François Fontana a passé aussi « ce témoin micro-macro-scope » à l’ensemble des personnes réunies.

38 ans d’engagement

Désormais ex-doyen des agents pastoraux laïcs, François Fontana a été un des premiers à Genève à assumer ce ministère confié à des laïcs engagés en pastorale et munis d’un mandat l’évêque.
En effet, suite au Concile Vatican II (1962-1965) la promotion de la diversité des ministères dans l’Eglise a pris corps. En Suisse, les premières expériences positives avec les laïcs (hommes et femmes) au service de l’Eglise ont été vécues dans les années 60 dans la collaboration avec les catéchistes, selon le document des évêques suisses « Laïcs mandatés au service de l’Eglise ».
A ce « pionnier » genevois, nous avons donc demandé son regard sur l’évolution de ce ministère laïc et de l’Eglise durant les quatre dernières décennies.

 

Un peu d’histoire

« En 1979 – se souvient François Fontana – il devait y avoir presque 100 prêtres en activité sur le canton… et quatre ou cinq laïcs engagés expérimentalement. Nous étions dans la mouvance du Concile, de mai 68, du Concile des Jeunes à Taizé… Avec beaucoup d’espoir et d’engagement pour un aggiornamento de l’Eglise et une nouvelle présence dans la société. Beaucoup pensaient que les évolutions de l’époque allaient débloquer les que

 

stions du mariage des prêtres, de l’ordination des femmes, de l’œcuménisme ou de l’hospitalité eucharistique…
Ensuite, il a fallu garder l’élan, et se rendre compte que la réforme de l’Eglise allait prendre du temps car le Vatican restait le Vatican et que l’Eglise prenait d’autres directions (ouverture à l’Est, grands rassemblements de jeunes) qui suscitaient d’autres espoirs.
Cela a correspondu également à la grande tendance individualiste de notre société, au désengagement et au désintérêt de beaucoup de jeunes et moins jeunes pour les questions religieuses. Ou, pour le dire plus positivement, à une Eglise formée de moins de personnes mais de gens plus engagés et plus convaincus », résume François Fontana.

Aujourd’hui, le nombre d’agents pastoraux laïcs au sein de l’ECR dépasse les 40. Aux côtés de plusieurs prêtres et collègues protestants, beaucoup étaient présents le 16 juin pour dire « Merci François ! » 

(Sba)

 

 

 

« En quête de sens, d’identité de Dieu ? » Inscrivez-vous à la prochaine volée de l’AOT

La prochaine volée de l’AOT sur le thème « EN QUÊTE DE SENS, D’IDENTITÉ… DE DIEU ? » débutera en septembre 2017 et se clôturera en juin 2019.

Formation théologique ouverte à toutes et tous de septembre 2017 à juin 2019

L’état actuel du monde et son avenir nous laissent souvent dans la perplexité et l’impuissance. L’absence de sens, le besoin d’identité suscitent des comportements de fuite, de désespoir, voire de fanatisme. Les idéaux qui pourraient guider nos choix ne tiennent pas leurs promesses. Le sens que nous donnons à notre vie s’en trouve perturbé. Tiraillés entre origine familiale et statut social, appartenance religieuse et activités professionnelles, en recherche d’une identité jamais achevée, toujours en devenir, nous sommes confrontés à des questions qui nous bousculent : Comment donner un sens à notre vie ? Où se trouvent nos racines, nos appartenances ? Comment participer à la construction du sens dans un monde désorienté ? Comment le mystère de notre humanité se laisse-t-il éclairer par le mystère de Dieu ? Pendant les deux ans que dure le parcours de l’Atelier Œcuménique de Théologie, nous aurons la possibilité d’approfondir ces questions, de nous mettre à l’écoute du texte biblique qui ne cesse d’interroger et d’éclairer l’existence, de découvrir la réflexion de théologiens et de penseurs qui ont marqué l’histoire. Nous n’allons pas trouver de recettes, ni de réponses toutes faites ; il se peut même qu’au bout du chemin nous attendent plus de question encore ! Mais nous aurons cheminé ensemble, mêlant nos convictions et nos doutes, nos histoires et nos identités diverses, pour nous confronter ensemble à ce Dieu de la Bible, venu habiter au cœur de nos questions humaines.

L’équipe d’enseignants

 

En marche à vos côtés