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Un livre réunit les ‘Perles’ récoltées au fil des rencontres des aumôniers de la santé

Dans la société contemporaine, les personnes âgées, malades, ou en fin de vie n’ont guère droit à la parole. Pour montrer que la vie continue au-delà de la fragilité et des difficultés, la pastorale de la santé de l’Eglise catholique romaine à Genève a réuni dans un petit livre des ‘Perles’ récoltées auprès des résidents de homes ou de patients hospitalisés.

Ces brèves sentences ou anecdotes ont été récoltées durant deux ans par les aumôniers et les bénévoles de la pastorale de la santé à Genève, explique la responsable du projet Cathy Espy-Ruf. Ces perles de vie, illustrées de photos de Jean-Claude Gadmer s’égrènent sur 108 pages. Regroupées en quelques petits chapitres elles racontent la joie, l’espérance, la gratitude, mais aussi les peines, la colère, la souffrance de la vie quotidienne.

Nous recevons plus que nous donnons

“Même si nous sommes dans une relation asymétrique accompagnateurs-accompagnés, nous recevons souvent bien plus que ce que nous donnons, aussi de personnes non-croyantes”, témoigne Cathy Espy-Ruf. Présenter cet ouvrage au moment de l’Avent a été un heureux concours de circonstances, car le livre touche les deux dimensions de l’attente et de l’espérance.

Tiré à 1’000 exemplaires grâce au soutien de la Mission Intérieure et de l’Eglise catholique romaine à Genève (ECR), le livre sera distribué aux bénévoles de l’aumônerie, aux résidents et aux paroissiens intéressés. “Les échos reçus sont excellents” se réjouit la responsable. Pour l’heure une mise en vente en librairie n’est pas prévue.

(cath.ch/Maurice Page – image  © Jean-Claude Gadmer)

Livre: « Perles… Au fil de nos rencontres »  

Pour commander un exemplaire écrire à cathy.espy@cath-ge.ch (CHF 15.- + frais de port)

Dialogue entre deux chrétiens : un évangélique et un catholique

Récemment, une télévision évangélique francophone (France, Suisse, Belgique, Canada, Afrique) est venue interviewer l’abbé Alain René Arbez sur son engagement contre l’antisémitisme et pour le rapprochement entre chrétiens et juifs. L’émission a été filmée à l’entrée de l’église St Jean XXIII, au Petit-Saconnex, Genève. L’abbé Arbez est membre de la Commission de dialogue judéo/catholique-romaine de Suisse (CDJC). Parallèlement, un échange a eu lieu entre Sylvain, un chrétien évangélique, et l’abbé Arbez, sur des aspects de la foi dont l’approche théologique est différente entre communautés. L’abbé a retranscrit l’échange pour nous.

Sylvain participe à mes réunions bibliques mensuelles « Lectio biblica », dans lesquelles l’évangile est décrypté grâce aux mots-clés de la Bible hébraïque. En fait, si évangéliques et catholiques se positionnent différemment dans la relation à la Bible, à la liturgie, aux sacrements, ils se rejoignent souvent sur des questions éthiques actuelles, telles que la lutte contre l’antisémitisme, le refus du mariage pour tous, de l’avortement, de l’euthanasie, des manipulations génétiques aboutissant à la marchandisation du corps.

Sylvain (S) : nous évangéliques, nous nous adressons à Dieu directement, nous ne voulons pas nous adresser à lui par l’intermédiaire de Marie ou des saints. Pourquoi parler avec des êtres qui sont morts ? Dieu seul est Dieu !

Alain René (AR) : il est clair que – malgré les signes extérieurs de piété parfois discutables – les prières des catholiques montent vers Dieu et lui seul, au sens strict ; et s’ils invoquent Marie ou des saints dont le témoignage leur parle, ils savent que dans l’intercession c’est Dieu le Père qui donne sa réponse à leurs demandes. Nous croyons à la communion des saints, une solidarité céleste, il suffit de rappeler ce que Jésus dit : « Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m’as donnés soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent la gloire que tu m’as donnée » (Jean 17,24). Nous ne serons pas séparés de l’amour du Christ, pas même dans la mort (Romains 8, 38-39- Matthieu 28, 20).Nous serons appelés à le rejoindre à la fin de notre parcours terrestre (2 Corinthiens 5,6-9 ; Philippiens 1, 23-24) dans cette réalité où les saints ont une vie nouvelle et s’expriment (Apocalypse 6, 9-10 ; 7, 9-17) et où ils prient le Seigneur (Apocalypse 5,8- Luc 16,19-30). Le Christ a dit que ceux qui nous ont précédés sont des vivants, pas des morts.

S : Pourquoi ne pas nous approcher directement du trône de grâce de Dieu avec assurance ? (Hébreux 4,16) Nous n’avons pas besoin de médiateurs, puisque Christ est notre seul médiateur, l’Esprit Saint nous relie directement à travers Jésus.

AR : Certes, mais ce trône de grâce est également accessible à la fois dans l’écoute de la Parole de Dieu et dans le partage du pain consacré où le Ressuscité est réellement présent, comme il l’a dit aux disciples, dans son mémorial pascal. L’apôtre Pierre l’évoque bien : « Vous-mêmes comme pierres vivantes, prêtez-vous à l’édification d’un édifice spirituel pour un sacerdoce saint en vue d’offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus Christ » (1 Pierre 2,5). Paul dit aussi : « Je recommande donc avant tout qu’on fasse des demandes, des prières, des supplications, des actions de grâces pour tous les hommes. C’est ce qui plaît à Dieu notre sauveur » (1 Timothée 4) Les chrétiens qui prient les uns pour les autres ne remettent pas en cause l’unique médiation de Jésus Christ, et les saints du ciel qui intercèdent pour nous ne sont pas en contradiction avec ce passage, puisque toute prière au ciel et sur terre est en Jésus Christ et par lui, seul médiateur et grand-prêtre. Les saints connus sont simplement des exemples à suivre, des reflets de la sainteté de Dieu.

S : Je voudrais revenir sur une différence de compréhension entre nous par rapport au salut que Dieu nous a octroyé par son Fils Jésus Christ. Nous, évangéliques estimons que ce salut nous est déjà acquis. Nous pensons que dès que quelqu’un reconnaît Jésus comme son sauveur personnel, il est aussitôt justifié (Romains 5,9). Cette nouvelle condition d’être humain sauvé est acquise dès que quelqu’un accepte de naître de nouveau. C’est la foi qui est primordiale, pas les œuvres. Les catholiques donnent trop d’importance aux œuvres. Nous ne pouvons être les auteurs de notre salut !

AR : en effet, là où nous sommes d’accord, c’est que le salut nous est donné, c’est un processus de vie qui commence par la justification par la foi et par le baptême, nouvelle naissance. Cependant, après la justification par la foi, il est tout de même nécessaire de mettre en œuvre ce que l’on croit. Les œuvres, c’est la traduction concrète de ce que l’on estime essentiel, et cela a aussi son importance ! Paul ne dit pas autre chose quand il montre que la foi seule ne peut pas justifier : « Ce ne sont pas en effet ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, car seront justifiés seulement ceux qui la mettent en pratique ! » (Romains 2,13). Encore dans Tite 3,14 : « Les nôtres apprennent à produire de bonnes œuvres de manière à subvenir aux besoins urgents afin qu’ils ne soient pas sans fruits ! ». Ce qui indique que les œuvres ont leur rôle à jouer en donnant des fruits, des résultats, car « la foi est agissante par la charité » (Galates 5,6)

S : les chrétiens évangéliques ne nient pas l’importance des œuvres bonnes, mais ils la considèrent simplement comme une conséquence du salut et non pas comme une condition préalable. Le salut est accompli par le sacrifice expiatoire de Jésus, car le don qu’il a fait de lui-même est suffisant. En recevant ce don avec foi, nous savons que nous sommes sauvés.

AR : certes, pourtant c’est bien sur les œuvres que nous serons jugés et que nous serons gratifiés par Dieu (1 Corinthiens 3,13 ; 1 Corinthiens 15, 10 ; Matthieu 5,29 ; Luc 14,13 ; Apocalypse 20,11  etc).

S : mais la seule chose qui compte, c’est de recevoir ce salut (Jean 1,12) pour naître de nouveau. Si nous recevons la grâce par la foi, alors nous avons le salut pour l’éternité (Ephésiens 2,8-9). Dieu nous l’offre gratuitement.

AR : oui, cependant, l’être humain étant ce qu’il est, même fortifié par la grâce, le salut peut devenir inopérant s’il n’y a aucune coopération avec la puissance transformante de Dieu. L’auteur de la lettre aux Hébreux (Hébreux 6, 4-8) en donne l’avertissement : « Certains ont été une fois éclairés et ont goûté au don du ciel, ayant part au Saint Esprit, et ils ont expérimenté combien la Parole de Dieu est bienfaisante, ils ont fait l’expérience des forces du monde à venir. Pourtant ils se sont détournés de la foi et ne peuvent être amenés de nouveau à changer de vie car ils crucifient le Fils de Dieu pour leur propre compte et ils le déshonorent publiquement. Lorsqu’une terre arrosée par des pluies produit des plantes utiles à ceux pour qui on la cultive, Dieu la bénit. Mais si elle ne donne que des buissons d’épines et des chardons, elle ne vaut rien, elle ne tardera pas à être maudite, on finira par y mettre le feu ! »

Paul évoque dans le même sens ceux qui « se sont écartés d’une conscience droite au point que leur foi a fait naufrage » (1 Tite 1,19). Car, dit-il : « nous sommes créés en Jésus Christ pour des œuvres bonnes que Dieu a préparées d’avance afin que nous les pratiquions » (Ephésiens 2,10).

S : ce qui unit les chrétiens, c’est de croire que Dieu nous offre son salut en Jésus Christ, et que le Saint Esprit agit dans nos vies pour les transformer. C’est seulement ainsi que le monde changera de visage. Il s’agit de déjouer les pièges du démon. Christ va revenir.

Abbé Alain René Arbez

 

30 ans de l’AGORA: Mgr Gmür plaide pour l’accueil de l’étranger

Invité à l’occasion des 30 ans de l’Aumônerie genevoise œcuménique auprès de requérants d’asile et des réfugiés (AGORA), Mgr Felix Gmür, évêque de Bâle, a fermement défendu, le 10 septembre 2018, à Genève, l’engagement des Eglises en faveur de l’accueil de l’étranger, selon les paroles mêmes de Jésus.

Pour l’évêque de Bâle, la totalité des actions menées en faveur des requérants d’asile et des réfugiés trouve sa source dans le chapitre 25 de l’évangile selon saint Matthieu. “Le Christ ne nous dit pas: “J’étais étranger et vous avez créé des groupes de discussion, vous avez fait des propositions de lois, des arrêtés et des ordonnances puis enfin vous avez avancé des pistes de mise en oeuvre”. Il nous dit simplement: “J’étais étranger et vous m’avez accueilli”. Le Christ s’identifie à ceux et celles qui sont dans le besoin. Les actions que Jésus nous demande d’accomplir sont très concrètes.

Si le rôle de l’Eglise n’est pas de faire de la politique, elle ne doit pas rester cachée “dans la sacristie”, mais donner des critères afin que les fidèles puissent se forger leur propre opinion.”L’Eglise n’est pas un instrument pour discipliner les gens”. Bien au contraire, elle doit rester sur le qui-vive et s’opposer fermement au repli identitaire.

Non à l’exportation d’armes

“Il n’est pas juste de sacrifier des vies ailleurs pour sauver cinq mille postes dans l’industrie de l’armement”, s’indigne Félix Gmür. Lutter contre la décision du Conseil Fédéral permettant d’exporter des armes dans des pays en guerre civile est un exemple concret pour lequel le président élu de la Conférence des évêques suisses (CES) s’engage. “Un petit combat peut-être, mais de cette manière nous nous opposons aussi à la création de nouveaux réfugiés”. Le travail de l’AGORA est depuis trente ans, la matérialisation de la lutte et de l’engagement chrétien pour les personnes fuyant les conflit armés, relève l’évêque de Bâle.

Ne pas réduire le message évangélique à une morale

“L’asile est un lieu permettant de trouver, je l’espère, un peu de paix”, souligne Félix Gmür. Ce jubilé de l’AGORA lui permet de rappeler que le cœur du message chrétien réside dans ce souci de l’autre. “L’amour de Dieu et du prochain se conditionnent. L’un ne va pas sans l’autre”, affirme-t-il à l’assemblée réunie au Temple de Plainpalais, à Genève. Pourtant, les Eglises ont complexifié le message évangélique, jusqu’à parfois lui faire dire l’inverse de ce qu’il devrait. “Je mentionne ici les contre-témoignages d’un bon nombre de clercs ayant abusé de leur pouvoir pour maltraiter et violer, et de ceux partis faire la guerre au nom de la foi”, dénonce Félix Gmür. “Pour finir, nous oublions le message évangélique, au profit de la morale. Notre message semble si compliqué qu’il ne suscite plus d’intérêt”, regrette l’évêque. Qui conclut en rappelant que la foi chrétienne tire toute sa beauté du fait qu’elle est agissante et concrète.

Myriam Bettens pour cath.ch

Revivre après une séparation ou un divorce – 6 octobre

La séparation et le divorce causent toujours des souffrances considérables. Une relation brisée a un impact social et émotionnel très important et peut paraître irréversible. L’Eglise catholique à Genève a le souci d’accompagner ces vécus et souhaite proposer aux personnes concernées une offre spécifique, un chemin de guérison avec un espace de partage, de relecture spirituelle et de reconstruction de soi avec un parcours spécifique, ‘Revivre’. Lors d’une matinée ouverte à toutes et à tous, le samedi 6 octobre, la Pastorale Familiale vous invite à une présentation de ce parcours : à qui s’adresse-t-il ? En quoi consiste-il ? Comment se déroule-t-il ? L’étape suivante sera l’organisation d’un parcours ‘Revivre’ à Genève au printemps.

En Suisse romande, le parcours Revivre pour les personnes ayant vécu une séparation ou un divorce est déjà présent, mais à Genève il n’existe pas une telle proposition de la part de l’Eglise, observe Anne-Claire Rivollet, responsable de la Pastorale Familiale.

« Cette nouvelle proposition s’inscrit à la suite de l‘Exhortation post-synodale sur l’amour dans la famille Amoris laetitia (2016) et de la brochure « Divorcé (e) ? L’Eglise vous accueille » publiée en début d’année par l’ECR pour communiquer la volonté de l’Eglise catholique à Genève d’accompagner les personnes en situation de séparation ou de divorce.

Una matinée en octobre

« Avec l’association Alphalive, nous souhaitons proposer un chemin de guérison, de relecture de vie et un chemin spirituel pour les personnes blessées suite à une séparation ou un divorce. La matinée de présentation du cours que nous organisons le samedi 6 octobre est un préalable pour mesurer la demande et sonder les besoins. Cette matinée est ouverte à toutes et à tous : les personnes concernées bien sûr, mais également les prêtres et les agents pastoraux laïcs », précise Anne-Claire Rivollet.

Un parcours au printemps

Le parcours lui-même est prévu au printemps prochain. Il comporte en général sept soirées pour aborder plusieurs registres : témoignages, outils pour avancer, le pardon et la réconciliation, les questions juridiques ou les impacts sur les enfants et les proches. Sa particularité est d’être porté par des personnes qui ont elles-mêmes vécu une séparation ou un divorce. « C’est un élément important dans la dynamique du parcours », explique Pascal Dorsaz, responsable de la Pastorale des familles du canton de Vaud, qui a déjà organisé plusieurs parcours Revivre dans la région lausannoise.

Le parcours fait appel à des clés de lecture chrétiennes, à des experts externes et propose des moments de partage et de discussion en petits groupes.

« Lors de la dernière soirée, on mesure vraiment le chemin parcouru et ça me touche de voir ces personnes qui arrivent souvent démoralisées retrouver les raisons d’espérer et d’aller de l’avant », conclut Pascal Dorsaz.

Matinée d’information et de témoignages pour découvrir le parcours « Revivre » 

SAMEDI 6 OCTOBRE 2018 

Lieu:  Paroisse Saint-Pie-X

(Carrefour du Bouchet – 2, ch. du Coin-de-Terre 1219 Châtelaine – Parking à proximité)

Déroulement :

 9h00 – 9h30 : Accueil, café

9h30 – 10h15 : REVIVRE, un chemin de guérison au coeur de la souffrance : témoignages

10h15 -10h45 : Pause

10h45 -11h30 : Présentation du parcours REVIVRE

11h30 -12h30 : Information sur l‘organisation pratique des soirées

Echange et questions avec les participants

Organisé par : Pastorale familiale GE ete comité REVIVRE

Contact :pastorale.familiale-ge@cath-ge.ch – 022 796 20 01

www.cours-revivre.ch

 

Fête des 30 ans de l’AGORA du 10 au 16 septembre 2018

L’Aumônerie Genevoise Œcuménique auprès des Requérants d’Asile et des réfugiés (AGORA) fête 30 ans d’engagements ! Voilà trois décennies que l’AGORA a été fondée par les trois Eglises chrétiennes historiques de Genève pour accueillir et accompagner les requérants d’asile et les réfugiés.

 

A l’occasion de cet anniversaire, l’AGORA organise une semaine de manifestations publiques du 10 au 16 septembre avec des conférences et  des cafés philosophiques. Parmi les intervenants, l’évêque de Bâle, Mgr Félix Gmür, la docteure en droit Anne-Cécile Leyvraz, la directrice d’Amnesty Suisse, Manon Schick, ou encore la professeure de théologie, Élisabeth Parmentier.

 

La semaine s’achèvera avec une journée festive le dimanche 16 septembre au Centre paroissial œcuménique de Meyrin. Au programme, une célébration œcuménique, un spectacle des Théopopettes et un apéritif dînatoire. A l’heure habituelle de la messe et du culte radiodiffusés (Espace 2 de 9h06 à 11h00), les auditeurs de la Radio Suisse romande pourront s’associer à cette matinée œcuménique.

Toutes les informations et le programme

Petits miracles sur un chemin jurassien

Yvette avec Fallou, son petit de deux ans.

En juin, une vingtaine de personnes en situation de précarité ont marché trois jours durant dans la région de Saint-Ursanne (JU). Pas à pas, porté par une bienveillance réciproque, chacun y a glané la dose de confiance qu’il pouvait.

C’est fou le nombre de choses qui peuvent se produire sur une douzaine de petits kilomètres! Le 7 juin dernier, près du village médiéval jurassien de Saint-Ursanne, une marche le long du Doubs a réuni une vingtaine de personnes en situation de précarité financière, psychologique ou spirituelle et leurs accompagnants venus des Eglises catholique genevoise et vaudoise. Le tout encadré subtilement par la présence guérissante de Dame Nature. Laquelle fait souvent des merveilles sans qu’on s’en rende compte…
Amadou Gaye se sent bien au milieu de ces collines verdoyantes. Il n’est pas le seul. Le bruit de la rivière berce doucement les pas et apaise chacun, qu’il en soit conscient ou non. « Avec ses nombreux méandres, le Doubs semble peiner à trouver son chemin. C’est comme nous autres parfois», commente joliment Inès Calstas, qui officie à la pastorale des milieux ouverts de l’Eglise catholique genevoise.Elle est une des coorganisatrices de l’évènement. Croisé au Vatican voici deux ans lors de «Fratello 2016», une rencontre entre le pape François et des exclus du monde entier, le Genevois d’adoption Amadou Gaye est devenu pèlerin. Berger même, puisqu’il a contribué à organiser ces trois jours de marche placés sous le signe de la confiance.
Le bâton de bois dont il s’est saisi sur la route symbolise à merveille la métamorphose opérant dans le coeur du Sénégalais. «La foi en un Dieu d’Amour efface les doutes et installe la confiance. On peut s’y frotter au fil du chemin ici même. Le Coran parle de Jésus comme d’un prophète et Marie est la seule femme mentionnée nommément avec beaucoup de respect», rappelle-t-il.

COMME SUR L’EVEREST

Sur la route, d’autres langues se délient. Dans la marche, on passe rapidement du niveau de discussion superficiel, qui fait l’essentiel de nos échanges quotidiens, aux confidences et aux réflexions plus profondes. Chacun en sort plus riche. Samuel Bieth est mûr pour cela depuis un bon moment. En 47 ans d’existence, ce Français installé à Curtilles (VD) en a vu des vertes et surtout des pas mûres. Cela se lit sur son visage marqué mais plein de douceur. Il a connu la rue de 16 à 27 ans, l’héroïne et l’alcool. Il a trouvé la force de décrocher. «J’ai grimpé l’Everest avant de le redescendre», résume-t-il.
Au sommet, il y avait une femme, deux enfants et un poste de cadre dans un grand groupe de restauration. «Mais la violence était entrée en moi dans la rue. A l’époque, j’étais allé jusqu’à planter une fourchette dans la main de quelqu’un qui tentait de me voler mon steak. Tout ça m’a rattrapé des années plus tard et je l’ai retourné contre ma femme», raconte le colosse désormais à l’AI et sans emploi.
Aujourd’hui il y verrait presque une bénédiction, car la souffrance dans laquelle l’ont plongé les conséquences de ses actes l’a réveillé. «En moi,la foi et la conscience étaient endormies. J’ai compris que je ne me résumais pas à ma violence et je me suis reconnecté avec celui que j’étais vraiment. Depuis, j’ai arrêté d’en vouloir à ma femme de m’avoir quitté et de son côté, elle m’a pardonné. Aujourd’hui, on se revoit…»
La veille au soir, au refuge après un premier jour de randonnée vallonnée, Samuel Bieth a soudain pris la parole pour raconter son histoire aux autres dans un silence religieux. «Je sentais qu’il le fallait», explique-t-il sur le ton de l’évidence. Beaucoup ont été touchés et en sont un peu transformés.

UNE POLYPHONIE ANGÉLIQUE

Plus tard, ce même soir, Bruno Tavarone (voir l’Echo Magazine du 22 mars dernier) a lui aussi suivi son instinct. Le cabossé moudonnois a empoigné sa guitare et montré qui il était aux quatre chanceux qui n’étaient pas encore allés se coucher. Marie-Antoinette Lorwich était du lot.
«Bruno nous a encouragés à improviser des mélopées, à chanter avec notre âme. Nos voix se sont mêlées dans une polyphonie angélique», raconte celle qui est aumônière de l’Eglise catholique vaudoise et qui, en temps normal, n’aime pas du tout chanter. 
Drissa, musicien burkinabé en situation irrégulière, aurait probablement apprécié ce moment s’il avait été encore debout. Lui aussi a vécu. Il n’a pas besoin de prononcer un seul mot pour que ses interlocuteurs le comprennent. A 33 ans, cet adepte du mouvement rastafari parle comme un vieux sage. «L’humanité dont fait preuve Inès m’a donné envie de participer à cette marche. Aucun homme n’échappe à la douleur et nous cherchons tous à notre façon, à travers elle, la bonne voie menant à l’Unique», lâche l’Africain.
Sa route est passée par le Mali, le Ghana et la Côte d’Ivoire. C’est pour fuir les massacres dont ont été victimes son oncle et sa famille qu’il a quitté l’Afrique voici quatre ans. «Les mauvaises personnes te donnent des leçons et les bonnes du courage», lâche-t-il en paraphrasant le héros panafricain Thomas Sankara. Aussi voit-il dans la mystérieuse lettre D ornant le bracelet qu’ont remis les organisateurs à chaque participant les mots «Douleur» et «Droiture»…

G COMME «GAGNANTE»

Yvette, de son côté, est tombée sur la lettre G. La Sénégalaise de 30 ans veut y lire le mot «gagnante». Logique pour celle qui a eu le courage de quitter son pays et l’avenir tout tracé que voulait lui imposer sa famille à 16 ans seulement. «Cette randonnée, c’est comme la vie, commente-t-elle en suant dans une montée: il y a des hauts et des bas dont on arrive toujours à bout si on garde le cap et du courage! Moi, de toute façon, je n’ai pas le choix. Je dois me battre pour Fallou, mon fils de deux ans. Aujourd’hui, on s’amuse bien. On est bien entourés et on se sent soutenus. J’y vois un avant-goût de ce que pourrait être ma vie un jour…»
Devant elle avance Aloys Ramel. A 61 ans, ce résident de Gimmel (VD) a gardé le regard doux d’un enfant fragile en quête d’amour et d’approbation. «En venant ici, je me rends compte avec plaisir qu’on peut encore trouver de l’accueil en ce monde», explique-t-il. Lui a hérité de la lettre D. «D comme dépasser, dit-il. Dépasser les différends financiers m’opposant à mes frères, dépasser la disparition de ma femme, Marie-Christine, il y a dix ans des suites d’un cancer…» Et bien d’autres choses encore qu’il préfère taire.
Comme beaucoup des ses camarades, le sexagénaire s’est confié en chemin au Père Jean Bosco Cishibanji Rwasha. Ce prêtre, qui travaille dans la région de Morges (VD) et qui est originaire de la République démocratique du Congo, se dit agréablement surpris de ces échanges spontanés. «Marcher dans la nature invite à un certain lâcher-prise. Ces gens qui ont beaucoup souffert ont immanquablement envie de s’ouvrir, d’autant plus qu’ils en ont rarement l’occasion! Mais j’ai été frappé par le fait que très peu se plaignent de leur sort. Moi, je les invite par une écoute bienveillante à ne pas se résumer à lui…» 

 

Texte et photos: Laurent Grabet
paru dans Echo magazine du 12 juillet 2018

Incendie église du Sacré-Cœur : lieu et horaires des messes en langue espagnole – NOUVEAU !

Communiqué de la Paroisse catholique de langue espagnole (PCLE)

Suite à l’incendie qui a gravement endommagé l’église du Sacré-Cœur, jeudi dernier, une solution d’urgence vient d’être trouvée par l’UP Multiculturelle. Dès cette fin de semaine, les messes en langue espagnole seront célébrées :

Du mardi au samedi à 19h

Paroisse de Santa Margherita

Rue de la Mairie 15, 1207 Genève

Le dimanche à 10h00 et 20h00

Paroisse de Santa Margherita

Rue de la Mairie 15, 1207 Genève

Plus d’informations suivront dès le 1er septembre

Pour les mêmes raisons, nos bureaux ont été déménagés rue de la Mairie 15, 1207 Genève.

Nous apprécions votre compréhension.

Père Juan

Paroisse catholique de langue espagnole (PCLE)

www.pcle.ch

Mail: pcle@pcle.ch

Comunicado

Incendie église du Sacré-Cœur – Message du Vicaire épiscopal

A la paroisse du Sacré-Cœur

A la communauté de la Mission catholique de langue espagnole

Aux agents pastoraux du canton de Genève

A tous les fidèles qui sont touchés par le sinistre

Chers confrères,

Chères amies, chers amis,

Suite à l’incendie qui a ravagé l’église du Sacré-Cœur à Plainpalais, je souhaite vous exprimer ma profonde tristesse et tout mon soutien.

On peut dire que les dégâts causés par l’incendie sont très importants et toujours en cours d’évaluation, mais grâce à la solidarité des communautés catholiques du canton, des solutions se mettent en place pour assurer les activités pastorales, en particulier la célébration des messes, pour les communautés hispanophones qui se déroulaient au Sacré-Cœur. Nous vous communiquerons très rapidement les lieux et les horaires des célébrations en langue espagnole.

Je suis particulièrement soulagé que malgré la violence des flammes aucune victime n’est à déplorer dans cet incendie et je souhaite exprimer mon immense gratitude aux services intervenus sur les lieux, notamment Sapeurs-Pompiers, Police et Protection civile qui ont travaillé sans relâche pour maîtriser l’incendie et mettre à l’abri les objets sacrés et les œuvres d’art, qui se trouvaient dans ce lieu de culte.

La reconstruction du bâtiment et la réhabilitation de l’église vont prendre beaucoup de temps et demander de nombreux engagements. Je remercie vivement le conseil de paroisse et toutes les personnes qui vont s’investir pour que le Sacré-Cœur redevienne un lieu phare de notre Eglise qui est à Genève. 

Merci à chacune et chacun de vous pour votre compréhension et pour tout ce que vous entreprendrez pour que la paroisse et la mission catholique de langue espagnole puissent poursuivre au mieux leurs activités et l’annonce de l’Evangile dans un climat d’entraide et de solidarité.

Avec mes salutations fraternelles,

Abbé Pascal Desthieux, Vicaire épiscopal

Image: SIS

L’Assemblée générale de l’ECR Genève approuve le rapport de gestion 2017

 Réunie au Cénacle en présence du Vicaire épiscopal Pascal Desthieux, l’Assemblée générale de l’Eglise catholique romaine – Genève (ECR) a approuvé à l’unanimité, le mercredi 6 juin 2018, le rapport de gestion et les comptes de l’année 2017, bouclés avec un résultat final bénéficiaire à hauteur de 1,7 million de francs suisses.

 2017 : « Une bonne année »

Tant au niveau de la gestion du patrimoine mobilier et immobilier qu’au niveau des dons, les résultats ont été meilleurs que l’an passé, ont souligné la présidente du comité de l’ECR, Mme Béatrix Leroy Jeandin, et le Secrétaire général de l’ECR, M. Dominique Pittet.

Dans ce résultat, la part des revenus immobiliers est en hausse, à 22%, ainsi celle des produits financiers (17%). La part des dons et des contributions reste au premier plan, mais alors qu’elle était de 74% il y a cinq ans, elle a été ramenée à 58%, a souligné Mme Leroy Jeandin. Elle a vivement remercié les  49 paroisses (deux de plus par rapport à 2016) qui ont contribué à ce résultat à hauteur de 647.586 francs suisses.

Globalement, il s’agit de résultats « encourageants », mais bien que la dépendance aux dons soit en recul, il faut rester « prudents », a insisté la présidente.

Pour le Secrétaire général, qui a détaillé l’analyse des comptes, l’année 2017 démontre toute l’importance de la diversification des produits mise en place depuis quelques années. Alors que les charges d’exploitation 2017 sont globalement stables par rapport à l’année précédente, les dons des campagnes stagnent à un peu plus de 3 millions et le faible résultat des produits exceptionnels démontre qu’ils ne peuvent pas être pris pour acquis. Enfin, il est important d’avoir à l’esprit que sur 1,7 million de bénéfice, 1,3 million proviennent de valeurs boursières non réalisées et donc non acquises.

 Messe du pape

Lors de son intervention, Mme Leroy Jeandin a relayé la demande de soutien financier de l’évêque diocésain Charles Morerod en vue de la Messe qui sera célébrée par le pape François à Palexpo le 21 juin. Les coûts de l’organisation sont en effet élevés et le diocèse appelle à la solidarité de tous, a expliqué la présidente.

Orientations pastorales

Le président du Conseil pastoral cantonal (CPC), M. Jean Tardieu, a présente les travaux en cours vers la définition des orientations pastorales de l’Eglise à Genève. M. Tardieu a mis l’accent sur la recherche d’une vision avant la définition d’objectifs spécifiques. «  Nous ne sommes pas encore dans des projets précis, mais dans la définition d’orientations pastorales et d’une vision. Nous travaillons avec une phrase qui fondera les orientations pastorales, ‘Une Bonne Nouvelle qui se déploie’ », a-t-il expliqué. Il a par la suite rappelé les trois axes explorés par le CPC : « Une hospitalité qui se déploie », « Des gestes pastoraux visibles et créatifs » et « Des personnes heureuses dans leur engagement en Eglise ». Chaque axe a été développé lors des réunions des membres du CPC et un document de synthèse a été récemment transmis aux agents pastoraux pour consultation jusqu’en septembre. « Nous leur avons demandé de réagir ». D’ici décembre ces axes seront envoyés à chaque Equipe, Service, Aumônerie et serviront de base à l’élaboration d’actions pastorales. Le président du CPC a ensuite abordé les efforts en cours pour favoriser la cohérence du message véhiculé dans les campagnes de collecte de fonds auprès des donateurs et « le message qui passe par nos actions et nos paroisses. Nous faisons donc un travail avec le Service de développement et de communication pour favoriser cette cohérence », a-t-il conclu.

Divers

Dans la rubrique divers, le Secrétaire général a fourni plusieurs informations sur les contrats-cadre proposés aux paroisses pour faciliter des économies : un pour les photocopieurs, déjà signé par six paroisses, et l’autre pour les assurances bâtiments, avec une analyse gratuite de la situation.

Elections et réélections

Lors de l’Assemblée, la présidente a remercié le membre sortant, M. Làszlo Mercz (Mission catholique hongroise, avant de soumettre aux membres la demande de mandat de M. Peter Igo-Kemenes (Mission catholique hongroise) et de Mme Teresa Oliveira (Paroisse Saint-Marc), puis le renouvellement du mandat de M. Charles Curty (Sainte-Jeanne de Chantal), de M. Dominique Hirt (Comité ECR) et de M. Antonio  Viscosi (Sainte-Marie du Peuple). L’assemblée a approuvé l’ensemble des mandats sans opposition.

Les prochaines assemblées générales se dérouleront le 28 novembre 2018 et le 5 juin 2019.

Le pèlerinage d’été à Lourdes prolonge le délai d’inscription jusqu’au 20 juin 2018

Association du pèlerinage d’été de la Suisse romande à Lourdes.

Le pèlerinage d’été de la Suisse romande à Lourdes prolonge le délai d’inscription jusqu’au 20 juin 2018.

Le pèlerinage d’été à Lourdes se déroulera du 15 au 21 juillet 2018 sous la présidence de Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion.

Il reste des places disponibles. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 20 juin 2018.

Possibilité de s’inscrire :

-En ligne : www.pele-ete-lourdes.ch

-Ou par mail : inscription.veronique@netplus.ch

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