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30 ans de l’AGORA: Mgr Gmür plaide pour l’accueil de l’étranger

Invité à l’occasion des 30 ans de l’Aumônerie genevoise œcuménique auprès de requérants d’asile et des réfugiés (AGORA), Mgr Felix Gmür, évêque de Bâle, a fermement défendu, le 10 septembre 2018, à Genève, l’engagement des Eglises en faveur de l’accueil de l’étranger, selon les paroles mêmes de Jésus.

Pour l’évêque de Bâle, la totalité des actions menées en faveur des requérants d’asile et des réfugiés trouve sa source dans le chapitre 25 de l’évangile selon saint Matthieu. “Le Christ ne nous dit pas: “J’étais étranger et vous avez créé des groupes de discussion, vous avez fait des propositions de lois, des arrêtés et des ordonnances puis enfin vous avez avancé des pistes de mise en oeuvre”. Il nous dit simplement: “J’étais étranger et vous m’avez accueilli”. Le Christ s’identifie à ceux et celles qui sont dans le besoin. Les actions que Jésus nous demande d’accomplir sont très concrètes.

Si le rôle de l’Eglise n’est pas de faire de la politique, elle ne doit pas rester cachée “dans la sacristie”, mais donner des critères afin que les fidèles puissent se forger leur propre opinion.”L’Eglise n’est pas un instrument pour discipliner les gens”. Bien au contraire, elle doit rester sur le qui-vive et s’opposer fermement au repli identitaire.

Non à l’exportation d’armes

“Il n’est pas juste de sacrifier des vies ailleurs pour sauver cinq mille postes dans l’industrie de l’armement”, s’indigne Félix Gmür. Lutter contre la décision du Conseil Fédéral permettant d’exporter des armes dans des pays en guerre civile est un exemple concret pour lequel le président élu de la Conférence des évêques suisses (CES) s’engage. “Un petit combat peut-être, mais de cette manière nous nous opposons aussi à la création de nouveaux réfugiés”. Le travail de l’AGORA est depuis trente ans, la matérialisation de la lutte et de l’engagement chrétien pour les personnes fuyant les conflit armés, relève l’évêque de Bâle.

Ne pas réduire le message évangélique à une morale

“L’asile est un lieu permettant de trouver, je l’espère, un peu de paix”, souligne Félix Gmür. Ce jubilé de l’AGORA lui permet de rappeler que le cœur du message chrétien réside dans ce souci de l’autre. “L’amour de Dieu et du prochain se conditionnent. L’un ne va pas sans l’autre”, affirme-t-il à l’assemblée réunie au Temple de Plainpalais, à Genève. Pourtant, les Eglises ont complexifié le message évangélique, jusqu’à parfois lui faire dire l’inverse de ce qu’il devrait. “Je mentionne ici les contre-témoignages d’un bon nombre de clercs ayant abusé de leur pouvoir pour maltraiter et violer, et de ceux partis faire la guerre au nom de la foi”, dénonce Félix Gmür. “Pour finir, nous oublions le message évangélique, au profit de la morale. Notre message semble si compliqué qu’il ne suscite plus d’intérêt”, regrette l’évêque. Qui conclut en rappelant que la foi chrétienne tire toute sa beauté du fait qu’elle est agissante et concrète.

Myriam Bettens pour cath.ch

Revivre après une séparation ou un divorce – 6 octobre

La séparation et le divorce causent toujours des souffrances considérables. Une relation brisée a un impact social et émotionnel très important et peut paraître irréversible. L’Eglise catholique à Genève a le souci d’accompagner ces vécus et souhaite proposer aux personnes concernées une offre spécifique, un chemin de guérison avec un espace de partage, de relecture spirituelle et de reconstruction de soi avec un parcours spécifique, ‘Revivre’. Lors d’une matinée ouverte à toutes et à tous, le samedi 6 octobre, la Pastorale Familiale vous invite à une présentation de ce parcours : à qui s’adresse-t-il ? En quoi consiste-il ? Comment se déroule-t-il ? L’étape suivante sera l’organisation d’un parcours ‘Revivre’ à Genève au printemps.

En Suisse romande, le parcours Revivre pour les personnes ayant vécu une séparation ou un divorce est déjà présent, mais à Genève il n’existe pas une telle proposition de la part de l’Eglise, observe Anne-Claire Rivollet, responsable de la Pastorale Familiale.

« Cette nouvelle proposition s’inscrit à la suite de l‘Exhortation post-synodale sur l’amour dans la famille Amoris laetitia (2016) et de la brochure « Divorcé (e) ? L’Eglise vous accueille » publiée en début d’année par l’ECR pour communiquer la volonté de l’Eglise catholique à Genève d’accompagner les personnes en situation de séparation ou de divorce.

Una matinée en octobre

« Avec l’association Alphalive, nous souhaitons proposer un chemin de guérison, de relecture de vie et un chemin spirituel pour les personnes blessées suite à une séparation ou un divorce. La matinée de présentation du cours que nous organisons le samedi 6 octobre est un préalable pour mesurer la demande et sonder les besoins. Cette matinée est ouverte à toutes et à tous : les personnes concernées bien sûr, mais également les prêtres et les agents pastoraux laïcs », précise Anne-Claire Rivollet.

Un parcours au printemps

Le parcours lui-même est prévu au printemps prochain. Il comporte en général sept soirées pour aborder plusieurs registres : témoignages, outils pour avancer, le pardon et la réconciliation, les questions juridiques ou les impacts sur les enfants et les proches. Sa particularité est d’être porté par des personnes qui ont elles-mêmes vécu une séparation ou un divorce. « C’est un élément important dans la dynamique du parcours », explique Pascal Dorsaz, responsable de la Pastorale des familles du canton de Vaud, qui a déjà organisé plusieurs parcours Revivre dans la région lausannoise.

Le parcours fait appel à des clés de lecture chrétiennes, à des experts externes et propose des moments de partage et de discussion en petits groupes.

« Lors de la dernière soirée, on mesure vraiment le chemin parcouru et ça me touche de voir ces personnes qui arrivent souvent démoralisées retrouver les raisons d’espérer et d’aller de l’avant », conclut Pascal Dorsaz.

Matinée d’information et de témoignages pour découvrir le parcours « Revivre » 

SAMEDI 6 OCTOBRE 2018 

Lieu:  Paroisse Saint-Pie-X

(Carrefour du Bouchet – 2, ch. du Coin-de-Terre 1219 Châtelaine – Parking à proximité)

Déroulement :

 9h00 – 9h30 : Accueil, café

9h30 – 10h15 : REVIVRE, un chemin de guérison au coeur de la souffrance : témoignages

10h15 -10h45 : Pause

10h45 -11h30 : Présentation du parcours REVIVRE

11h30 -12h30 : Information sur l‘organisation pratique des soirées

Echange et questions avec les participants

Organisé par : Pastorale familiale GE ete comité REVIVRE

Contact :pastorale.familiale-ge@cath-ge.ch – 022 796 20 01

www.cours-revivre.ch

 

Fête des 30 ans de l’AGORA du 10 au 16 septembre 2018

L’Aumônerie Genevoise Œcuménique auprès des Requérants d’Asile et des réfugiés (AGORA) fête 30 ans d’engagements ! Voilà trois décennies que l’AGORA a été fondée par les trois Eglises chrétiennes historiques de Genève pour accueillir et accompagner les requérants d’asile et les réfugiés.

 

A l’occasion de cet anniversaire, l’AGORA organise une semaine de manifestations publiques du 10 au 16 septembre avec des conférences et  des cafés philosophiques. Parmi les intervenants, l’évêque de Bâle, Mgr Félix Gmür, la docteure en droit Anne-Cécile Leyvraz, la directrice d’Amnesty Suisse, Manon Schick, ou encore la professeure de théologie, Élisabeth Parmentier.

 

La semaine s’achèvera avec une journée festive le dimanche 16 septembre au Centre paroissial œcuménique de Meyrin. Au programme, une célébration œcuménique, un spectacle des Théopopettes et un apéritif dînatoire. A l’heure habituelle de la messe et du culte radiodiffusés (Espace 2 de 9h06 à 11h00), les auditeurs de la Radio Suisse romande pourront s’associer à cette matinée œcuménique.

Toutes les informations et le programme

Petits miracles sur un chemin jurassien

Yvette avec Fallou, son petit de deux ans.

En juin, une vingtaine de personnes en situation de précarité ont marché trois jours durant dans la région de Saint-Ursanne (JU). Pas à pas, porté par une bienveillance réciproque, chacun y a glané la dose de confiance qu’il pouvait.

C’est fou le nombre de choses qui peuvent se produire sur une douzaine de petits kilomètres! Le 7 juin dernier, près du village médiéval jurassien de Saint-Ursanne, une marche le long du Doubs a réuni une vingtaine de personnes en situation de précarité financière, psychologique ou spirituelle et leurs accompagnants venus des Eglises catholique genevoise et vaudoise. Le tout encadré subtilement par la présence guérissante de Dame Nature. Laquelle fait souvent des merveilles sans qu’on s’en rende compte…
Amadou Gaye se sent bien au milieu de ces collines verdoyantes. Il n’est pas le seul. Le bruit de la rivière berce doucement les pas et apaise chacun, qu’il en soit conscient ou non. « Avec ses nombreux méandres, le Doubs semble peiner à trouver son chemin. C’est comme nous autres parfois», commente joliment Inès Calstas, qui officie à la pastorale des milieux ouverts de l’Eglise catholique genevoise.Elle est une des coorganisatrices de l’évènement. Croisé au Vatican voici deux ans lors de «Fratello 2016», une rencontre entre le pape François et des exclus du monde entier, le Genevois d’adoption Amadou Gaye est devenu pèlerin. Berger même, puisqu’il a contribué à organiser ces trois jours de marche placés sous le signe de la confiance.
Le bâton de bois dont il s’est saisi sur la route symbolise à merveille la métamorphose opérant dans le coeur du Sénégalais. «La foi en un Dieu d’Amour efface les doutes et installe la confiance. On peut s’y frotter au fil du chemin ici même. Le Coran parle de Jésus comme d’un prophète et Marie est la seule femme mentionnée nommément avec beaucoup de respect», rappelle-t-il.

COMME SUR L’EVEREST

Sur la route, d’autres langues se délient. Dans la marche, on passe rapidement du niveau de discussion superficiel, qui fait l’essentiel de nos échanges quotidiens, aux confidences et aux réflexions plus profondes. Chacun en sort plus riche. Samuel Bieth est mûr pour cela depuis un bon moment. En 47 ans d’existence, ce Français installé à Curtilles (VD) en a vu des vertes et surtout des pas mûres. Cela se lit sur son visage marqué mais plein de douceur. Il a connu la rue de 16 à 27 ans, l’héroïne et l’alcool. Il a trouvé la force de décrocher. «J’ai grimpé l’Everest avant de le redescendre», résume-t-il.
Au sommet, il y avait une femme, deux enfants et un poste de cadre dans un grand groupe de restauration. «Mais la violence était entrée en moi dans la rue. A l’époque, j’étais allé jusqu’à planter une fourchette dans la main de quelqu’un qui tentait de me voler mon steak. Tout ça m’a rattrapé des années plus tard et je l’ai retourné contre ma femme», raconte le colosse désormais à l’AI et sans emploi.
Aujourd’hui il y verrait presque une bénédiction, car la souffrance dans laquelle l’ont plongé les conséquences de ses actes l’a réveillé. «En moi,la foi et la conscience étaient endormies. J’ai compris que je ne me résumais pas à ma violence et je me suis reconnecté avec celui que j’étais vraiment. Depuis, j’ai arrêté d’en vouloir à ma femme de m’avoir quitté et de son côté, elle m’a pardonné. Aujourd’hui, on se revoit…»
La veille au soir, au refuge après un premier jour de randonnée vallonnée, Samuel Bieth a soudain pris la parole pour raconter son histoire aux autres dans un silence religieux. «Je sentais qu’il le fallait», explique-t-il sur le ton de l’évidence. Beaucoup ont été touchés et en sont un peu transformés.

UNE POLYPHONIE ANGÉLIQUE

Plus tard, ce même soir, Bruno Tavarone (voir l’Echo Magazine du 22 mars dernier) a lui aussi suivi son instinct. Le cabossé moudonnois a empoigné sa guitare et montré qui il était aux quatre chanceux qui n’étaient pas encore allés se coucher. Marie-Antoinette Lorwich était du lot.
«Bruno nous a encouragés à improviser des mélopées, à chanter avec notre âme. Nos voix se sont mêlées dans une polyphonie angélique», raconte celle qui est aumônière de l’Eglise catholique vaudoise et qui, en temps normal, n’aime pas du tout chanter. 
Drissa, musicien burkinabé en situation irrégulière, aurait probablement apprécié ce moment s’il avait été encore debout. Lui aussi a vécu. Il n’a pas besoin de prononcer un seul mot pour que ses interlocuteurs le comprennent. A 33 ans, cet adepte du mouvement rastafari parle comme un vieux sage. «L’humanité dont fait preuve Inès m’a donné envie de participer à cette marche. Aucun homme n’échappe à la douleur et nous cherchons tous à notre façon, à travers elle, la bonne voie menant à l’Unique», lâche l’Africain.
Sa route est passée par le Mali, le Ghana et la Côte d’Ivoire. C’est pour fuir les massacres dont ont été victimes son oncle et sa famille qu’il a quitté l’Afrique voici quatre ans. «Les mauvaises personnes te donnent des leçons et les bonnes du courage», lâche-t-il en paraphrasant le héros panafricain Thomas Sankara. Aussi voit-il dans la mystérieuse lettre D ornant le bracelet qu’ont remis les organisateurs à chaque participant les mots «Douleur» et «Droiture»…

G COMME «GAGNANTE»

Yvette, de son côté, est tombée sur la lettre G. La Sénégalaise de 30 ans veut y lire le mot «gagnante». Logique pour celle qui a eu le courage de quitter son pays et l’avenir tout tracé que voulait lui imposer sa famille à 16 ans seulement. «Cette randonnée, c’est comme la vie, commente-t-elle en suant dans une montée: il y a des hauts et des bas dont on arrive toujours à bout si on garde le cap et du courage! Moi, de toute façon, je n’ai pas le choix. Je dois me battre pour Fallou, mon fils de deux ans. Aujourd’hui, on s’amuse bien. On est bien entourés et on se sent soutenus. J’y vois un avant-goût de ce que pourrait être ma vie un jour…»
Devant elle avance Aloys Ramel. A 61 ans, ce résident de Gimmel (VD) a gardé le regard doux d’un enfant fragile en quête d’amour et d’approbation. «En venant ici, je me rends compte avec plaisir qu’on peut encore trouver de l’accueil en ce monde», explique-t-il. Lui a hérité de la lettre D. «D comme dépasser, dit-il. Dépasser les différends financiers m’opposant à mes frères, dépasser la disparition de ma femme, Marie-Christine, il y a dix ans des suites d’un cancer…» Et bien d’autres choses encore qu’il préfère taire.
Comme beaucoup des ses camarades, le sexagénaire s’est confié en chemin au Père Jean Bosco Cishibanji Rwasha. Ce prêtre, qui travaille dans la région de Morges (VD) et qui est originaire de la République démocratique du Congo, se dit agréablement surpris de ces échanges spontanés. «Marcher dans la nature invite à un certain lâcher-prise. Ces gens qui ont beaucoup souffert ont immanquablement envie de s’ouvrir, d’autant plus qu’ils en ont rarement l’occasion! Mais j’ai été frappé par le fait que très peu se plaignent de leur sort. Moi, je les invite par une écoute bienveillante à ne pas se résumer à lui…» 

 

Texte et photos: Laurent Grabet
paru dans Echo magazine du 12 juillet 2018

Incendie église du Sacré-Cœur : lieu et horaires des messes en langue espagnole – NOUVEAU !

Communiqué de la Paroisse catholique de langue espagnole (PCLE)

Suite à l’incendie qui a gravement endommagé l’église du Sacré-Cœur, jeudi dernier, une solution d’urgence vient d’être trouvée par l’UP Multiculturelle. Dès cette fin de semaine, les messes en langue espagnole seront célébrées :

Du mardi au samedi à 19h

Paroisse de Santa Margherita

Rue de la Mairie 15, 1207 Genève

Le dimanche à 10h00 et 20h00

Paroisse de Santa Margherita

Rue de la Mairie 15, 1207 Genève

Plus d’informations suivront dès le 1er septembre

Pour les mêmes raisons, nos bureaux ont été déménagés rue de la Mairie 15, 1207 Genève.

Nous apprécions votre compréhension.

Père Juan

Paroisse catholique de langue espagnole (PCLE)

www.pcle.ch

Mail: pcle@pcle.ch

Comunicado

Incendie église du Sacré-Cœur – Message du Vicaire épiscopal

A la paroisse du Sacré-Cœur

A la communauté de la Mission catholique de langue espagnole

Aux agents pastoraux du canton de Genève

A tous les fidèles qui sont touchés par le sinistre

Chers confrères,

Chères amies, chers amis,

Suite à l’incendie qui a ravagé l’église du Sacré-Cœur à Plainpalais, je souhaite vous exprimer ma profonde tristesse et tout mon soutien.

On peut dire que les dégâts causés par l’incendie sont très importants et toujours en cours d’évaluation, mais grâce à la solidarité des communautés catholiques du canton, des solutions se mettent en place pour assurer les activités pastorales, en particulier la célébration des messes, pour les communautés hispanophones qui se déroulaient au Sacré-Cœur. Nous vous communiquerons très rapidement les lieux et les horaires des célébrations en langue espagnole.

Je suis particulièrement soulagé que malgré la violence des flammes aucune victime n’est à déplorer dans cet incendie et je souhaite exprimer mon immense gratitude aux services intervenus sur les lieux, notamment Sapeurs-Pompiers, Police et Protection civile qui ont travaillé sans relâche pour maîtriser l’incendie et mettre à l’abri les objets sacrés et les œuvres d’art, qui se trouvaient dans ce lieu de culte.

La reconstruction du bâtiment et la réhabilitation de l’église vont prendre beaucoup de temps et demander de nombreux engagements. Je remercie vivement le conseil de paroisse et toutes les personnes qui vont s’investir pour que le Sacré-Cœur redevienne un lieu phare de notre Eglise qui est à Genève. 

Merci à chacune et chacun de vous pour votre compréhension et pour tout ce que vous entreprendrez pour que la paroisse et la mission catholique de langue espagnole puissent poursuivre au mieux leurs activités et l’annonce de l’Evangile dans un climat d’entraide et de solidarité.

Avec mes salutations fraternelles,

Abbé Pascal Desthieux, Vicaire épiscopal

Image: SIS

L’Assemblée générale de l’ECR Genève approuve le rapport de gestion 2017

 Réunie au Cénacle en présence du Vicaire épiscopal Pascal Desthieux, l’Assemblée générale de l’Eglise catholique romaine – Genève (ECR) a approuvé à l’unanimité, le mercredi 6 juin 2018, le rapport de gestion et les comptes de l’année 2017, bouclés avec un résultat final bénéficiaire à hauteur de 1,7 million de francs suisses.

 2017 : « Une bonne année »

Tant au niveau de la gestion du patrimoine mobilier et immobilier qu’au niveau des dons, les résultats ont été meilleurs que l’an passé, ont souligné la présidente du comité de l’ECR, Mme Béatrix Leroy Jeandin, et le Secrétaire général de l’ECR, M. Dominique Pittet.

Dans ce résultat, la part des revenus immobiliers est en hausse, à 22%, ainsi celle des produits financiers (17%). La part des dons et des contributions reste au premier plan, mais alors qu’elle était de 74% il y a cinq ans, elle a été ramenée à 58%, a souligné Mme Leroy Jeandin. Elle a vivement remercié les  49 paroisses (deux de plus par rapport à 2016) qui ont contribué à ce résultat à hauteur de 647.586 francs suisses.

Globalement, il s’agit de résultats « encourageants », mais bien que la dépendance aux dons soit en recul, il faut rester « prudents », a insisté la présidente.

Pour le Secrétaire général, qui a détaillé l’analyse des comptes, l’année 2017 démontre toute l’importance de la diversification des produits mise en place depuis quelques années. Alors que les charges d’exploitation 2017 sont globalement stables par rapport à l’année précédente, les dons des campagnes stagnent à un peu plus de 3 millions et le faible résultat des produits exceptionnels démontre qu’ils ne peuvent pas être pris pour acquis. Enfin, il est important d’avoir à l’esprit que sur 1,7 million de bénéfice, 1,3 million proviennent de valeurs boursières non réalisées et donc non acquises.

 Messe du pape

Lors de son intervention, Mme Leroy Jeandin a relayé la demande de soutien financier de l’évêque diocésain Charles Morerod en vue de la Messe qui sera célébrée par le pape François à Palexpo le 21 juin. Les coûts de l’organisation sont en effet élevés et le diocèse appelle à la solidarité de tous, a expliqué la présidente.

Orientations pastorales

Le président du Conseil pastoral cantonal (CPC), M. Jean Tardieu, a présente les travaux en cours vers la définition des orientations pastorales de l’Eglise à Genève. M. Tardieu a mis l’accent sur la recherche d’une vision avant la définition d’objectifs spécifiques. «  Nous ne sommes pas encore dans des projets précis, mais dans la définition d’orientations pastorales et d’une vision. Nous travaillons avec une phrase qui fondera les orientations pastorales, ‘Une Bonne Nouvelle qui se déploie’ », a-t-il expliqué. Il a par la suite rappelé les trois axes explorés par le CPC : « Une hospitalité qui se déploie », « Des gestes pastoraux visibles et créatifs » et « Des personnes heureuses dans leur engagement en Eglise ». Chaque axe a été développé lors des réunions des membres du CPC et un document de synthèse a été récemment transmis aux agents pastoraux pour consultation jusqu’en septembre. « Nous leur avons demandé de réagir ». D’ici décembre ces axes seront envoyés à chaque Equipe, Service, Aumônerie et serviront de base à l’élaboration d’actions pastorales. Le président du CPC a ensuite abordé les efforts en cours pour favoriser la cohérence du message véhiculé dans les campagnes de collecte de fonds auprès des donateurs et « le message qui passe par nos actions et nos paroisses. Nous faisons donc un travail avec le Service de développement et de communication pour favoriser cette cohérence », a-t-il conclu.

Divers

Dans la rubrique divers, le Secrétaire général a fourni plusieurs informations sur les contrats-cadre proposés aux paroisses pour faciliter des économies : un pour les photocopieurs, déjà signé par six paroisses, et l’autre pour les assurances bâtiments, avec une analyse gratuite de la situation.

Elections et réélections

Lors de l’Assemblée, la présidente a remercié le membre sortant, M. Làszlo Mercz (Mission catholique hongroise, avant de soumettre aux membres la demande de mandat de M. Peter Igo-Kemenes (Mission catholique hongroise) et de Mme Teresa Oliveira (Paroisse Saint-Marc), puis le renouvellement du mandat de M. Charles Curty (Sainte-Jeanne de Chantal), de M. Dominique Hirt (Comité ECR) et de M. Antonio  Viscosi (Sainte-Marie du Peuple). L’assemblée a approuvé l’ensemble des mandats sans opposition.

Les prochaines assemblées générales se dérouleront le 28 novembre 2018 et le 5 juin 2019.

Le pèlerinage d’été à Lourdes prolonge le délai d’inscription jusqu’au 20 juin 2018

Association du pèlerinage d’été de la Suisse romande à Lourdes.

Le pèlerinage d’été de la Suisse romande à Lourdes prolonge le délai d’inscription jusqu’au 20 juin 2018.

Le pèlerinage d’été à Lourdes se déroulera du 15 au 21 juillet 2018 sous la présidence de Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion.

Il reste des places disponibles. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 20 juin 2018.

Possibilité de s’inscrire :

-En ligne : www.pele-ete-lourdes.ch

-Ou par mail : inscription.veronique@netplus.ch

Europe: terre d’écueil?

Le 10 mars dernier, la deuxième rencontre du cycle de conférences autour de la migration, organisé à Genève par l’Espace culturel François de Sales, a poursuivi sa réflexion sur le thème de la migration et de l’accueil. Nous publions avec plaisir le compte rendu de cette rencontre, paru sur le site de la revue jésuite choisir, associée à l’événement.

Des réfugiés, oui merci!

Les terribles images de migrants cherchant à traverser la Méditerranée sur des bateaux de fortune sont dans tous les esprits. Et l’impuissance de l’Europe à y apporter des réponses à la fois rationnelles et humaines aussi. Le public, nombreux, a pu se faire une idée du «naufrage» de la politique européenne en visionnant d’abord le percutant film de Gianfranco Rossi, Fuocoammare, Par-delà Lampedusa. Premier documentaire à avoir reçu l’Ours d’or du Festival de Berlin, en 2016, le film aborde la question des opérations de sauvetage en Méditerranée, de façon à la fois réaliste et poétique.

Un débat, modéré par frère Alexis Helg, de la Communauté de Saint-Jean, s’en est ensuite suivi, avec deux spécialistes des questions des droits de l’homme et des réfugiés: Jean-Marie Carrière sj, ancien directeur du Service jésuite des réfugiers Europe, chercheur au CERAS (Centre d’études et de recherches en action sociale) de Saint-Denis, et le politicien genevois Jean Ziegler, membre du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

Feu en mer

Fuocoammare signifie «Feu en mer», et c’est bien la mer le fil conducteur du documentaire. Celle qui nourrit, mais qui tue aussi. Le scénariste a pris le parti de juxtaposer des récits de sauvetages de migrants, en perdition sur la Méditerranée, et celui du quotidien d’un enfant, fils de pêcheur de la petite île italienne. Comme tous les enfants, celui-ci aime jouer à la guerre et courir sur les collines, se rend à l’école et dîne en famille. Mais il a un «oeil paresseux», le gauche -celui du cœur?-, qui est peut-être à l’origine de son mal de mer (un handicap pour un futur pêcheur) et de ses anxiétés…

Les habitants de l’île vivent leur vie simple et pas toujours facile, sans interactions manifestes avec les réfugiés. Gianfranco Rossi a la finesse de ne jamais jouer sur la corde de la culpabilité. Il montre juste ce qui est. Comme ces exilés qui se battent pour survivre, avec l’énergie et le courage… de l’espoir! «Il est risqué de ne pas prendre de risques, car la vie elle-même est un risque», dit un Nigérian. Ou comme ces garde-côtes dont les gestes apaisants sont remplis de respect, même quand ils fouillent les arrivants. Et il y a aussi ce médecin italien qui les soigne, bouleversé par ce qu’il voit: «Tout être humain a le devoir, s’il est humain, de secourir les autres… Tout ça te laisse avec la colère, comme un trou dedans.»

Entre compassion et raison

Mais que faire ensuite de tout ça? La discussion engendrée par le film a reflété la complexité des réponses à ces drames et la difficulté à trouver un accord entre nos valeurs et nos actes, entre notre cœur et notre raison.

Jean-Marie Carrière sj a souligné la peur comme facteur de non rencontre. Celle des citoyens inquiets par ces arrivées ressenties comme massives, déstabilisantes et dangereuses pour la survie de leur propre culture (voir l’article du sociologue allemand Hartmut Rosa, Aux racines de la crispation anti-migrants). Celle des politiques aussi, qui prennent des risques réels quand ils affichent des positions plus ouvertes et solidaires et qui optent trop souvent alors pour la frilosité. La chancelière allemande Angela Merkel a payé le prix fort de sa politique migratoire d’ouverture des frontières établie en août 2015, avec ce slogan: Wir schaffen das, «Nous allons y arriver». Réélue pour un quatrième mandat en septembre 2017, il lui a fallu accepter un durcissement de sa politique d’accueil, avec une limitation chiffrée du nombre de personnes accueillies pour raison humanitaire, pour trouver un accord de gouvernement. Ce n’est que le 12 mars que la chancelière allemande et ses partenaires de la CSU et du SPD ont officiellement ratifié leur contrat de coalition.

Un seul pays européen s’est vraiment démarqué, prenant courageusement du recul face à la «real politique», et c’est l’Italie. «Le devoir de sauver son prochain, fondement de notre humanité, a été honoré par ce pays, qui a pratiqué la miséricorde sans discourir», a déclaré l’ancien directeur du JRS Europe.

Jean Ziegler, pour sa part, a insisté sur le côté légal et humanitaire obligatoire de l’aide aux réfugiés. Nous célébrons en 2018 les 70 ans de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. Or son article 14 stipule que toute personne a le droit de chercher asile dans un autre pays. Ne pas soutenir ces exilés relève donc, pour lui, d’un crime contre l’humanité.

«Nous assistons aujourd’hui à une baisse de l’application des droits humains en Europe. Il y a une ligne rouge à ne pas dépasser!» Nous devons tous, en tant que citoyen, nous élever contre son effacement. «C’est le principe même de l’évangélisation», a défendu avec verve ce militant infatigable des droits humains, qui a fait de sa vie un combat, sans jamais se démarquer du Chemin d’espérance. Car «il n’y a pas d’impuissance en démocratie.»

S’il ne fallait retenir qu’un seul message pour conclure, ce serait celui du jésuite français: cessons de voir les migrants comme des victimes uniquement et valorisons leur apport, afin que la Terre devienne réellement une «maison commune». Et de citer le psychiatre Jean-Claude Métraux, qui demande de ne plus voir les migrants comme des personnes porteuses de déficits, mais comme des sources de créativité, comme il l’a fait en avril passé dans choisir, avec son article Pour une thérapie de la reconnaissance.

Lucienne Bittar

 

 

Cérémonie du Souvenir pour les familles qui ont perdu un enfant 

Samedi 17 mars à 17h00
les aumôneries des HUG (Hôpitaux Universitaires de Genève) organisent avec les soignants une
 
Cérémonie destinée aux familles en deuil d’un enfant ou d’un prématuré.
 
Si cette cérémonie s’adresse bien sûr aux familles dont l’un des leurs est décédé aux HUG, elle est ouverte à toute personne qui aurait besoin de faire mémoire d’un enfant disparu.
 
Cette cérémonie n’est pas religieuse au sens où elle s’inscrirait dans une religion en particulier, mais elle se veut ouverte à toute personne, croyante ou non. La dimension spirituelle n’en n’est pas absente pour autant.
 
« Nous sommes une équipe pluridisciplinaire de la maternité et de la pédiatrie (médecins, infirmières, sages-femmes, aumôniers) qui préparons chaque année une cérémonie du souvenir en mémoire des enfants, nouveaux-nés, touts-petits, décédés bien trop tôt. Elle est destinée aux familles qui ont été touchées de plein fouet par la disparition prématurée de leur enfant, mais aussi  aux soignants qui ont accompagnés les patients et leurs proches.
 
Chacun, chacune, traverse le deuil à sa manière, avec ses ressources psychique, physique, sociale et spirituelle. Ce temps de mémoire communautaire est l’occasion de faire un pas, de marquer  par un geste symbolique le lien qui unit les proches, au-delà de la mort, avec un être que l’on a côtoyé pendant plusieurs années ou que l’on n’a pas eu le temps de connaître, mais que l’on a déjà rêvé et senti dans son ventre.
 
La symbolique forte des contes permet  aussi à chacun, quel que soit son âge, de puiser dans ce répertoire universel, une image, un mot, une histoire qui va l’accompagner sur son parcours de vie.
Cette année, nous avons choisi de donner un contour au souvenir, à l’aide d’un conte et de la symbolique de la colombe. Une manière de mettre en forme l’irreprésentable, ce qui aurait pu être mais ne sera pas, le goût d’inachevé que laisse un deuil prématuré.
 
Nous serons accompagnés par Alix Noble, conteuse, thanatologue et dotée d’une riche expérience professionnelle et personnelle. Le pianiste Guy François Leuenberger également compositeur et improvisateur mettra ses qualités musicales au service de ce temps du souvenir.
 
Alors, quel que soit votre cheminement, vous êtes bienvenu-e, seul-e , en couple, en famille ou avec des proches.
 
La cérémonie aura lieu le
Samedi 17 mars 2018, à 17h, aux Hôpitaux universitaires de Genève
Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4, 1205 Genève
Salle Opéra, Niveau 0
 

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