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L’Assemblée générale de l’ECR Genève approuve le rapport de gestion 2017

 Réunie au Cénacle en présence du Vicaire épiscopal Pascal Desthieux, l’Assemblée générale de l’Eglise catholique romaine – Genève (ECR) a approuvé à l’unanimité, le mercredi 6 juin 2018, le rapport de gestion et les comptes de l’année 2017, bouclés avec un résultat final bénéficiaire à hauteur de 1,7 million de francs suisses.

 2017 : « Une bonne année »

Tant au niveau de la gestion du patrimoine mobilier et immobilier qu’au niveau des dons, les résultats ont été meilleurs que l’an passé, ont souligné la présidente du comité de l’ECR, Mme Béatrix Leroy Jeandin, et le Secrétaire général de l’ECR, M. Dominique Pittet.

Dans ce résultat, la part des revenus immobiliers est en hausse, à 22%, ainsi celle des produits financiers (17%). La part des dons et des contributions reste au premier plan, mais alors qu’elle était de 74% il y a cinq ans, elle a été ramenée à 58%, a souligné Mme Leroy Jeandin. Elle a vivement remercié les  49 paroisses (deux de plus par rapport à 2016) qui ont contribué à ce résultat à hauteur de 647.586 francs suisses.

Globalement, il s’agit de résultats « encourageants », mais bien que la dépendance aux dons soit en recul, il faut rester « prudents », a insisté la présidente.

Pour le Secrétaire général, qui a détaillé l’analyse des comptes, l’année 2017 démontre toute l’importance de la diversification des produits mise en place depuis quelques années. Alors que les charges d’exploitation 2017 sont globalement stables par rapport à l’année précédente, les dons des campagnes stagnent à un peu plus de 3 millions et le faible résultat des produits exceptionnels démontre qu’ils ne peuvent pas être pris pour acquis. Enfin, il est important d’avoir à l’esprit que sur 1,7 million de bénéfice, 1,3 million proviennent de valeurs boursières non réalisées et donc non acquises.

 Messe du pape

Lors de son intervention, Mme Leroy Jeandin a relayé la demande de soutien financier de l’évêque diocésain Charles Morerod en vue de la Messe qui sera célébrée par le pape François à Palexpo le 21 juin. Les coûts de l’organisation sont en effet élevés et le diocèse appelle à la solidarité de tous, a expliqué la présidente.

Orientations pastorales

Le président du Conseil pastoral cantonal (CPC), M. Jean Tardieu, a présente les travaux en cours vers la définition des orientations pastorales de l’Eglise à Genève. M. Tardieu a mis l’accent sur la recherche d’une vision avant la définition d’objectifs spécifiques. «  Nous ne sommes pas encore dans des projets précis, mais dans la définition d’orientations pastorales et d’une vision. Nous travaillons avec une phrase qui fondera les orientations pastorales, ‘Une Bonne Nouvelle qui se déploie’ », a-t-il expliqué. Il a par la suite rappelé les trois axes explorés par le CPC : « Une hospitalité qui se déploie », « Des gestes pastoraux visibles et créatifs » et « Des personnes heureuses dans leur engagement en Eglise ». Chaque axe a été développé lors des réunions des membres du CPC et un document de synthèse a été récemment transmis aux agents pastoraux pour consultation jusqu’en septembre. « Nous leur avons demandé de réagir ». D’ici décembre ces axes seront envoyés à chaque Equipe, Service, Aumônerie et serviront de base à l’élaboration d’actions pastorales. Le président du CPC a ensuite abordé les efforts en cours pour favoriser la cohérence du message véhiculé dans les campagnes de collecte de fonds auprès des donateurs et « le message qui passe par nos actions et nos paroisses. Nous faisons donc un travail avec le Service de développement et de communication pour favoriser cette cohérence », a-t-il conclu.

Divers

Dans la rubrique divers, le Secrétaire général a fourni plusieurs informations sur les contrats-cadre proposés aux paroisses pour faciliter des économies : un pour les photocopieurs, déjà signé par six paroisses, et l’autre pour les assurances bâtiments, avec une analyse gratuite de la situation.

Elections et réélections

Lors de l’Assemblée, la présidente a remercié le membre sortant, M. Làszlo Mercz (Mission catholique hongroise, avant de soumettre aux membres la demande de mandat de M. Peter Igo-Kemenes (Mission catholique hongroise) et de Mme Teresa Oliveira (Paroisse Saint-Marc), puis le renouvellement du mandat de M. Charles Curty (Sainte-Jeanne de Chantal), de M. Dominique Hirt (Comité ECR) et de M. Antonio  Viscosi (Sainte-Marie du Peuple). L’assemblée a approuvé l’ensemble des mandats sans opposition.

Les prochaines assemblées générales se dérouleront le 28 novembre 2018 et le 5 juin 2019.

Le pèlerinage d’été à Lourdes prolonge le délai d’inscription jusqu’au 20 juin 2018

Association du pèlerinage d’été de la Suisse romande à Lourdes.

Le pèlerinage d’été de la Suisse romande à Lourdes prolonge le délai d’inscription jusqu’au 20 juin 2018.

Le pèlerinage d’été à Lourdes se déroulera du 15 au 21 juillet 2018 sous la présidence de Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion.

Il reste des places disponibles. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 20 juin 2018.

Possibilité de s’inscrire :

-En ligne : www.pele-ete-lourdes.ch

-Ou par mail : inscription.veronique@netplus.ch

Europe: terre d’écueil?

Le 10 mars dernier, la deuxième rencontre du cycle de conférences autour de la migration, organisé à Genève par l’Espace culturel François de Sales, a poursuivi sa réflexion sur le thème de la migration et de l’accueil. Nous publions avec plaisir le compte rendu de cette rencontre, paru sur le site de la revue jésuite choisir, associée à l’événement.

Des réfugiés, oui merci!

Les terribles images de migrants cherchant à traverser la Méditerranée sur des bateaux de fortune sont dans tous les esprits. Et l’impuissance de l’Europe à y apporter des réponses à la fois rationnelles et humaines aussi. Le public, nombreux, a pu se faire une idée du «naufrage» de la politique européenne en visionnant d’abord le percutant film de Gianfranco Rossi, Fuocoammare, Par-delà Lampedusa. Premier documentaire à avoir reçu l’Ours d’or du Festival de Berlin, en 2016, le film aborde la question des opérations de sauvetage en Méditerranée, de façon à la fois réaliste et poétique.

Un débat, modéré par frère Alexis Helg, de la Communauté de Saint-Jean, s’en est ensuite suivi, avec deux spécialistes des questions des droits de l’homme et des réfugiés: Jean-Marie Carrière sj, ancien directeur du Service jésuite des réfugiers Europe, chercheur au CERAS (Centre d’études et de recherches en action sociale) de Saint-Denis, et le politicien genevois Jean Ziegler, membre du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

Feu en mer

Fuocoammare signifie «Feu en mer», et c’est bien la mer le fil conducteur du documentaire. Celle qui nourrit, mais qui tue aussi. Le scénariste a pris le parti de juxtaposer des récits de sauvetages de migrants, en perdition sur la Méditerranée, et celui du quotidien d’un enfant, fils de pêcheur de la petite île italienne. Comme tous les enfants, celui-ci aime jouer à la guerre et courir sur les collines, se rend à l’école et dîne en famille. Mais il a un «oeil paresseux», le gauche -celui du cœur?-, qui est peut-être à l’origine de son mal de mer (un handicap pour un futur pêcheur) et de ses anxiétés…

Les habitants de l’île vivent leur vie simple et pas toujours facile, sans interactions manifestes avec les réfugiés. Gianfranco Rossi a la finesse de ne jamais jouer sur la corde de la culpabilité. Il montre juste ce qui est. Comme ces exilés qui se battent pour survivre, avec l’énergie et le courage… de l’espoir! «Il est risqué de ne pas prendre de risques, car la vie elle-même est un risque», dit un Nigérian. Ou comme ces garde-côtes dont les gestes apaisants sont remplis de respect, même quand ils fouillent les arrivants. Et il y a aussi ce médecin italien qui les soigne, bouleversé par ce qu’il voit: «Tout être humain a le devoir, s’il est humain, de secourir les autres… Tout ça te laisse avec la colère, comme un trou dedans.»

Entre compassion et raison

Mais que faire ensuite de tout ça? La discussion engendrée par le film a reflété la complexité des réponses à ces drames et la difficulté à trouver un accord entre nos valeurs et nos actes, entre notre cœur et notre raison.

Jean-Marie Carrière sj a souligné la peur comme facteur de non rencontre. Celle des citoyens inquiets par ces arrivées ressenties comme massives, déstabilisantes et dangereuses pour la survie de leur propre culture (voir l’article du sociologue allemand Hartmut Rosa, Aux racines de la crispation anti-migrants). Celle des politiques aussi, qui prennent des risques réels quand ils affichent des positions plus ouvertes et solidaires et qui optent trop souvent alors pour la frilosité. La chancelière allemande Angela Merkel a payé le prix fort de sa politique migratoire d’ouverture des frontières établie en août 2015, avec ce slogan: Wir schaffen das, «Nous allons y arriver». Réélue pour un quatrième mandat en septembre 2017, il lui a fallu accepter un durcissement de sa politique d’accueil, avec une limitation chiffrée du nombre de personnes accueillies pour raison humanitaire, pour trouver un accord de gouvernement. Ce n’est que le 12 mars que la chancelière allemande et ses partenaires de la CSU et du SPD ont officiellement ratifié leur contrat de coalition.

Un seul pays européen s’est vraiment démarqué, prenant courageusement du recul face à la «real politique», et c’est l’Italie. «Le devoir de sauver son prochain, fondement de notre humanité, a été honoré par ce pays, qui a pratiqué la miséricorde sans discourir», a déclaré l’ancien directeur du JRS Europe.

Jean Ziegler, pour sa part, a insisté sur le côté légal et humanitaire obligatoire de l’aide aux réfugiés. Nous célébrons en 2018 les 70 ans de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. Or son article 14 stipule que toute personne a le droit de chercher asile dans un autre pays. Ne pas soutenir ces exilés relève donc, pour lui, d’un crime contre l’humanité.

«Nous assistons aujourd’hui à une baisse de l’application des droits humains en Europe. Il y a une ligne rouge à ne pas dépasser!» Nous devons tous, en tant que citoyen, nous élever contre son effacement. «C’est le principe même de l’évangélisation», a défendu avec verve ce militant infatigable des droits humains, qui a fait de sa vie un combat, sans jamais se démarquer du Chemin d’espérance. Car «il n’y a pas d’impuissance en démocratie.»

S’il ne fallait retenir qu’un seul message pour conclure, ce serait celui du jésuite français: cessons de voir les migrants comme des victimes uniquement et valorisons leur apport, afin que la Terre devienne réellement une «maison commune». Et de citer le psychiatre Jean-Claude Métraux, qui demande de ne plus voir les migrants comme des personnes porteuses de déficits, mais comme des sources de créativité, comme il l’a fait en avril passé dans choisir, avec son article Pour une thérapie de la reconnaissance.

Lucienne Bittar

 

 

Cérémonie du Souvenir pour les familles qui ont perdu un enfant 

Samedi 17 mars à 17h00
les aumôneries des HUG (Hôpitaux Universitaires de Genève) organisent avec les soignants une
 
Cérémonie destinée aux familles en deuil d’un enfant ou d’un prématuré.
 
Si cette cérémonie s’adresse bien sûr aux familles dont l’un des leurs est décédé aux HUG, elle est ouverte à toute personne qui aurait besoin de faire mémoire d’un enfant disparu.
 
Cette cérémonie n’est pas religieuse au sens où elle s’inscrirait dans une religion en particulier, mais elle se veut ouverte à toute personne, croyante ou non. La dimension spirituelle n’en n’est pas absente pour autant.
 
« Nous sommes une équipe pluridisciplinaire de la maternité et de la pédiatrie (médecins, infirmières, sages-femmes, aumôniers) qui préparons chaque année une cérémonie du souvenir en mémoire des enfants, nouveaux-nés, touts-petits, décédés bien trop tôt. Elle est destinée aux familles qui ont été touchées de plein fouet par la disparition prématurée de leur enfant, mais aussi  aux soignants qui ont accompagnés les patients et leurs proches.
 
Chacun, chacune, traverse le deuil à sa manière, avec ses ressources psychique, physique, sociale et spirituelle. Ce temps de mémoire communautaire est l’occasion de faire un pas, de marquer  par un geste symbolique le lien qui unit les proches, au-delà de la mort, avec un être que l’on a côtoyé pendant plusieurs années ou que l’on n’a pas eu le temps de connaître, mais que l’on a déjà rêvé et senti dans son ventre.
 
La symbolique forte des contes permet  aussi à chacun, quel que soit son âge, de puiser dans ce répertoire universel, une image, un mot, une histoire qui va l’accompagner sur son parcours de vie.
Cette année, nous avons choisi de donner un contour au souvenir, à l’aide d’un conte et de la symbolique de la colombe. Une manière de mettre en forme l’irreprésentable, ce qui aurait pu être mais ne sera pas, le goût d’inachevé que laisse un deuil prématuré.
 
Nous serons accompagnés par Alix Noble, conteuse, thanatologue et dotée d’une riche expérience professionnelle et personnelle. Le pianiste Guy François Leuenberger également compositeur et improvisateur mettra ses qualités musicales au service de ce temps du souvenir.
 
Alors, quel que soit votre cheminement, vous êtes bienvenu-e, seul-e , en couple, en famille ou avec des proches.
 
La cérémonie aura lieu le
Samedi 17 mars 2018, à 17h, aux Hôpitaux universitaires de Genève
Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4, 1205 Genève
Salle Opéra, Niveau 0
 

Plus que quelques places disponibles pour l’atelier « Gestion de conflits » en mai !

Le Service de la Formation à la Mission Ecclésiale ForME vous invite au cours de ces trois après-midis à :
• apprendre à repérer un conflit, le nommer et en découvrir les impacts,
• identifier les mécanismes relationnels en jeu,
• travailler sur des stratégies de gestion d’un conflit à la lumière de la Parole de Dieu.
 
Date : Les jeudis de 14h à 17h 3, 17 et 31 mai 2018
 
Avec : Anne Deshusses-Raemy et Isabelle Nielsen
 
Lieu : Salle paroissiale de Notre-Dame des Grâces, Grand-Lancy
 
Service de la Formation à la Mission Ecclésiale ForME
Formations ouvertes à toute personne intéressée
 
Information et inscription
022 340 20 58 3
 

Lettre pastorale pour le Carême de Mgr Morerod

 » L’Évangile qui continue » Diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg

Lettre pastorale (lue lors des célébrations eucharistiques du week-end des 24 et 25 février 2018) 
 
On demande, statistiques à l’appui, quel sera l’avenir  de l’Église  en  Suisse.  Tout d’abord, n’oublions pas que le Saint-Esprit ne suit pas les courbes graphiques. Ceci dit, le Saint-Esprit travaille aussi avec nous, et nous devons avec son aide essayer de discerner l’avenir de l’Église dans notre société.
Presque tout le monde pense savoir ce qu’est le christianisme et ce qu’est l’Église. La perception varie un peu selon les générations. Parmi les plus âgés, on trouve à la fois des croyants convaincus et des personnes qui vomissent une Église perçue – dans  leur  jeunesse  –  comme  oppressante ;  ces  deux  attitudes  ont  été  en  partie transmises. En même temps, je vois des personnes qui découvrent la foi avec un étonnement  émerveillé,  et  souffrent  d’être  objet  de  dérision  parce  qu’elles  ne pensent pas comme tout le monde (le conformisme a changé de camp…).
Prenons au sérieux ce qu’on nous reproche. Quand des personnes me disent, avec des exemples terribles, que dans leur enfance le village était esclave du curé, je ne peux  que  les  croire,  certes  sans  généraliser.  L’Église  est  souvent  perçue  comme une instance obsédée par la morale, qu’elle veut imposer aux autres alors que ses représentants ne la vivent pas.
Où  est  donc  le  problème ?  Notre  religion  est-elle  mauvaise ?  Pour  répondre  à cette   question   il   faut   d’abord   regarder   le   modèle,   à   savoir   le   Christ.   Est-il mauvais ?  J’ai  été  frappé  de  voir  un  quotidien  français  mettre  en  couverture  un rosaire avec le grand titre : « Au secours, Jésus revient ! »(1). Il reste qu’en général, si on regarde Jésus dans l’Évangile, il suscite un intérêt positif aussi chez les non- chrétiens.  Et  si  Jésus  est  rejeté  maintenant,  est-ce  à  cause  de  lui  ou  à  cause  de l’image  que  nous  donnons  de  lui ? 
 
En  1965,  le  concile  Vatican  II  pouvait  dire :
« Dans cette genèse de l’athéisme, les croyants peuvent avoir une part qui n’est pas mince, dans la mesure où, par la négligence dans l’éducation de leur foi, par des présentations trompeuses de la doctrine et aussi par des défaillances de leur vie  religieuse,  morale  et  sociale,  on  peut  dire  d’eux  qu’ils  voilent  l’authentique visage de Dieu et de la religion plus qu’ils ne le révèlent »(2). Jean-Paul II a repris ce thème dans ses demandes de pardon de l’an 2000(3).
Il  est  toujours  juste  de  nous  dire   que  nous  ne  reflétons  pas  suffisamment l’Évangile  que  nous  prêchons.  C’est  d’ailleurs  même  pour  cela  que   nous  le prêchons :  nous  nous  plaçons  devant  l’Évangile  en  étant  bien  conscients  de  la nécessité de nous y convertir nous aussi et en demandant la grâce de Dieu pour nous y aider. Voilà notre programme : devenir davantage semblables au Christ, car être chrétien c’est « être du Christ ». Pour cela il faut le connaître, et nous savons comment il nous permet de le connaître, ce qui est une Bonne Nouvelle.
Un  prêtre  âgé  m’a  ému  en  me  disant :  « Je  suis  insomniaque.  Heureusement, comme ça je peux lire l’Évangile pendant la nuit. Je ne connais rien de plus beau ». Une étudiante, qui a découvert l’Évangile grâce à des amis, m’a expliqué son désir du  baptême  dans  ces  termes :  « Je  lis  l’Évangile,  je  vois  Jésus,  je  l’aime,  je  veux être avec lui ». J’espère très vivement que chaque chrétien ait pu goûter une telle expérience (4)  :  quand  on  lit  l’Évangile,  on  voit  la  personne  de  Jésus,  on  veut  être avec lui, et on y revient sans cesse. C’est ainsi que l’on peut percevoir la valeur des moyens que Jésus nous donne pour être avec lui, notamment les sacrements et la communauté chrétienne.
 
La morale arrive dans un deuxième temps, car quand on aime Jésus, on aime les personnes qu’il aime et pour qui il a donné sa vie. La morale chrétienne découle de notre relation avec Dieu, elle ne la précède pas. Lorsque nous parlons de notre foi, commençons par la relation avec Dieu, c’est ce qui est central. Mais le reste doit  suivre,  et  on  découvre  qu’imiter  Jésus  est  exigeant.  Je  me  souviens  de  ce qu’on  m’a  dit d’un prêtre le jour  de son  enterrement :  « Quand  on le  voyait, on voyait Jésus ». Voilà notre programme…
 
Au début de ce Carême, nous avons pu recevoir des cendres avec par exemple ces paroles :   « Convertissez-vous   et   croyez   à   l’Évangile ».   Eh   bien,   la   première condition  pour  l’avenir  de  l’Église,  c’est  que  l’on  puisse  dire :  « L’Église,  c’est l’Évangile qui continue »(5). Nous cherchons des « recettes », des « stratégies ». La première stratégie, c’est de vivre l’Évangile, d’être avec le Christ, et d’être avec lui ensemble. Nous pouvons exprimer notre « stratégie » en empruntant les mots de Saint Pierre : « Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean  6,68).  Cette  « stratégie »  est  celle  que  le  Fils  de  Dieu  nous  a  donnée  en venant  dans  notre  monde,  et  nous  pouvons  lui  faire  confiance.  Il  y  a  bien  des choses à organiser, évidemment. Mais avant de les organiser, convertissons-nous et croyons à l’Évangile. Si en nous on voit le Christ, l’avenir de l’Église sera assuré mieux que par n’importe quelle réorganisation.
Si  quand  on  demande  « c’est  quoi,  l’Église ? »,  la  réponse  spontanée  devient « c’est l’Évangile qui continue », alors l’avenir ne sera pas notre problème.
 
Mgr Charles MOREROD OP
Février 2018
 
1. Libération, 24 novembre 2016.
2. Vatican II, Constitution pastorale sur l’Église dans le monde de ce temps, Gaudium et Spes (7 décembre 1965), § 19.
4. Par exemple dans les groupes de lecture de l’Évangile à la maison.
 5. Charles Journet, L’Église et la Bible, Éditions Saint-Augustin, Saint-Maurice, 1960, p. 45. Cette phrase était la conclusion de ma première lettre pastorale, en 2012
 

Un Prophète pour aujourd’hui

Vincent de Paul (1581 – 1660)
Charitable et solidaire  Prophète pour aujourd’hui 
 
Gascon et « laboureur », ordonné prêtre sans signe de vraie vocation, Vincent arrive à Paris pour faire « carrière » et finit par traverser toutes les facettes sociales, politiques, miliaires et religieuses du Grand Siècle. Il en partage aussi les ambiguïtés, mais se convertit sous l’influence de Bérulle et met au service de la « charité » toutes ses qualités humaines et même son habileté gasconne.
Sa conversion l’oriente vers les « pauvres des champs », ceux qui vivent dans une double misère, matérielle et spirituelle.
Le 20 août 1617 « coup de cœur » de Vincent à Châtillon dans les Dombes : fondation de sa première « Charité », confiée à des Dames, puis à des Filles auxquelles il donne un « Règlement » qui deviendra le modèle de toute action sociale. Persuadé que l’on ne peut guérir le corps sans se préoccuper de l’âme, Vincent fonde par la suite la congrégation des Prêtres de la Mission (Lazaristes) pour catéchiser et accompagner spirituellement les démunis.
Entrepreneur audacieux, Vincent, pour les pauvres, prend des risques et joue gros. Quêteur et solliciteur hors pair, il estime que l’argent des riches doit profiter à leur salut. Il innove aussi dans le monde religieux en proposant à ses Filles des engagements temporaires et veut les voir dans la rue aussi souvent qu’à la chapelle.
C’est sa foi intrépide en la Providence qui rend possibles ses extravagances. La Providence fait tourner le mal en bien, aimait-t-il répéter. Vincent était persuadé que servir les pauvres c’était aussi servir Dieu. Les pauvres étaient ses maîtres.
 

Faculté de théologie UNIGE – Enseignement et conférence sur l’Apocalypse de Jean

Jacques Descreux, enseignant à l’université catholique de Lyon, théologien et spécialiste du Nouveau testament, en particulier l’Apocalypse de Jean, donnera une conférence ouverte au public le mardi 27 mars à 18h15, Uni Bastions, salle B106. Il assurera également le cours d’enseignement de théologie catholique en nouveau testament du semestre de printemps 2018 – « L’apocalypse de Jean ».

Mardi (20 et 27 févr., 20 et 27 mars, 10 et 24 avril, 22 mai), 11h15-13h, Uni Bastions, B 012 et 14h15-16h, Uni Bastions, B 001B. Ces cours sont ouverts aux auditeurs: https://www.unige.ch/public/formations/auditeurs

Pour rappel, ces cours se déroulent dans le cadre de l’accord signé en août 2016 entre la Faculté de théologie et l’ECR, visant à financer un enseignement catholique au sein de la Faculté de théologie protestante de Genève.

conférence apocalypses

Sur un chemin d’unité : ensemble pour Genève

Une déclaration commune des Eglises protestante, catholique chrétienne et catholique romaine

Au terme de cette année jubilaire de la Réforme, et à la suite d’une journée de réflexion, nous, responsables des Eglises protestante, catholique chrétienne et catholique romaine de Genève déclarons reconnaître mutuellement nos responsabilités pastorales au sein de nos Eglises locales dans une confiance réciproque et une collaboration active et fraternelle.

Conscients que « l’unité se fait en marchant » (François, évêque de Rome) et que « nous avons besoin les uns des autres » (Gottfried Locher, président de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse), nous choisissons de considérer l’impact positif du temps sur nos institutions et la possibilité ainsi dégagée d’un chemin commun et parcouru depuis plusieurs décennies déjà. Nous pouvons nous réjouir des progrès de l’œcuménisme depuis la fondation du Conseil Œcuménique des Eglises, puis le Concile Vatican II, et tout récemment la signature par la Communion mondiale d’Eglises réformées de la Déclaration commune sur la justification par la foi (ratifiée déjà par les luthériens et les catholiques romains en 1999). Soulignons également la full communion entre les vieux-catholiques et les anglicans signée en 1931, ainsi que la communauté ecclésiale entre les Eglises Vieilles-Catholiques de l’Union d’Utrecht et l’Eglise de Suède le 23 novembre 2016.

A Genève, toutes les aumôneries sont œcuméniques ; nous servons ensemble le Christ dans nos frères et sœurs qui sont dans le besoin, qui arrivent chez nous comme immigrés, qui sont malades ou en prison (cf. Matthieu 25). Nous proposons des formations communes, comme l’Atelier œcuménique de théologie, et éditons ensemble un calendrier des formations. Chacune de nos paroisses entretient des relations fraternelles avec les paroisses sœurs et les chrétiens vivent des célébrations communes, notamment lors de la Semaine de prière pour l’Unité des chrétiens. Nous avons donc, depuis de nombreuses années, pris la bonne habitude de travailler ensemble et de collaborer à tous les niveaux.

Si nous demeurons catholiques ou protestants, ce n’est pas par esprit de clocher ou de division, mais par fidélité à une tradition qui nous a portés. Nous reconnaissons que chaque tradition a sa richesse et ses valeurs et que nos traditions s’enrichissent et se fécondent mutuellement. Nous pouvons positivement nous réjouir de ce que les autres traditions apportent à notre tradition propre et dans la mission commune que nous avons à mener à Genève.

Face aux défis du temps présent, nous ne voulons plus apparaitre divisés et nous reconnaissons que nous comptons les uns sur les autres dans l’accomplissement de notre mission commune au service du Christ à Genève.

C’est pourquoi, conscients que demeurent des points de divergence, notamment dans la manière de concevoir nos ministères, nous sommes appelés à poursuivre le dialogue, et pour ce faire nous souhaitons retrouver les convergences en remontant à la source du message évangélique.

Nous nous engageons à poursuivre ici à Genève ce chemin d’unité de terrain et nous voulons le faire dans la joie de l’Evangile, poussés par l’Esprit qui nous invite à prêcher cette Parole avec audace.

Pour l’Eglise protestante de Genève : Blaise Menu, modérateur, et Emmanuel Fuchs, président,
pour l’Eglise catholique chrétienne de Genève : Jean Lanoy, curé et Jean-Luc Biolay, président,
pour l’Eglise catholique romaine de Genève : Pascal Desthieux, vicaire épiscopal
et Jean Tardieu, président du Conseil pastoral cantonal.

L’Assemblée générale de l’ECR approuve le budget 2018

Réunie le 29 novembre 2017 au Cénacle, l’Assemblée générale de l’ECR- Genève a approuvé à l’unanimité le budget 2018 : il présente un excédent d’environ 580.000 francs sur un montant global de 11,5 millions de francs prévus pour le financement des activités pastorales, des salaires et autres frais et charges pour l’année à venir. Présidée par Mme Beatrix Leroy-Jeandin et en présence du Vicaire épiscopal, l’abbé Pascal Desthieux, l’Assemblée a par ailleurs été informée de la stratégie de communication de l’ECR pour 2018 et renseignée sur diverses activités pastorales.

En ouverture de l’Assemblée, le Secrétaire général M. Dominique Pittet et la présidente de l’ECR, Mme Beatrix Leroy Jeandin ont exprimé un immense merci aux paroisses qui ont manifesté cette année encore un fort et fidèle soutien à l’ECR. « La solidarité n’est pas un vain mot », a affirmé Mme Leroy-Jeandin.

Budget 2018 positif, mais fragile

Le budget 2018 présente un bénéfice de 580.350 francs. Ce résultat positif proposé dans le budget est « très satisfaisant », mais néanmoins « inquiétant », a souligné le Secrétaire général prenant parole devant la trentaine de membres présent. En effet, « la stabilité de notre financement ne provient pas de l’augmentation prévue des dons et des contributions », mais du soutien d’une fondation (1,2 million de francs) et donc d’une « source non acquise pour les années à venir », a souligné M. Pittet.

Stratégie de communication

Le responsable du Service Développement & Communication, Geffroy de Clavière a présente la récente réorganisation du Service, avec l’arrivée notamment d’une nouvelle responsable de la recherche de fonds, Mme Sabine Mongein, et d’une nouvelle responsable de la communication digitale, Mme Pamela Séchaud. Une nouvelle stratégie web est à l’étude, mais déjà la présence digitale de l’ECR est en nette progression, a relevé M. de Clavière.

Un travail de fond sur les collectes et la stratégie legs est en cours. Outre la traditionnelle soirée de soutien IL EST UNE FOI (en mai), plusieurs événements sont prévus en 2018, dont la quatrième édition des Rendez-vous cinéma IL EST UNE FOI (du 2 au 6 mai) et la projection du film « Ignace de Loyola » (date à déterminer).

Activités pastorales

Le Vicaire épiscopal, l’abbé Pascal Desthieux a souhaité revenir sur deux moments qui ont réuni les prêtres et agents pastoraux laïcs du canton : la belle Rentrée pastorale en septembre et la Session pastorale cantonale de novembre, un temps de formation de deux jours, confiée à l’association d’animateurs chrétiens Talanthéo pour approfondir trois thèmes : mieux se connaitre pour mieux servir, les cinq essentiels pour nourrir la mission et la vision pastorale.

Cette vision pour l’Eglise à Genève a été traduite par le Vicaire en une phrase : « Une Eglise rayonnante qui se déploie » et elle au cœur des réflexions du Conseil pastoral cantonal (CPC), a expliqué M. Jean Tardieu, président de cet organe de consultation autour du Vicaire épiscopal. Le CPC dédira la prochaine année à l’élaboration des futurs objectifs pastoraux de l’ECR.

« Instant favorable »

Un bel aperçu du sens de ces efforts constants de réflexion, de recherche de fonds et de formation a pris corps en fin d’assemblée avec la présentation de la retraite « Kairos », joli mot grec qui veut dire « instant favorable », par le responsable de la Pastorale des Jeunes, Sébastien Baertschi. A ces retraites participent avant tout des confirmands et elles ont la particularité de ne pas être animées par des professionnels, mais par des jeunes qui ont participé à des retraites par le passé. Ils témoignent de leur parcours de foi, avec « quelques âneries théologiques » certes, mais cela n’enlève rien à la force de la transmission de leur expérience de vie, a insisté M. Baertschi avant de partager quelques beaux témoignages reçus au terme de la retraite.

Élections

L’Assemblée a enfin procédé à l’élection et la réélection des membres de l’AG et du comité.

La présidente a sollicité et obtenu un renouvellement de son mandat à la tête du comité de l’ECR pour une période de trois ans et a présenté M. Albert Sirolli, trésorier de la paroisse de Corsier, qui a accepté de rejoindre le comité de l’ECR.

Mme Leroy-Jeandin a par la suite remercié les membres sortants de l’Assemblée : M. Bert Essenberg, (Saint-Antoine de Padoue), M. Paul Hegi (Saint-Marc), Mme Marina Lumbreras Areta (Mission catholique espagnole) et Mme Quiéta Von Gunten (Saint-Nicolas de Flüe).

Ont enfin été élu : M. Victor Gonzalez (Mission catholique espagnole), M. Martial Mancini (Saint-Antoine de Padoue) et Mme Nanda Tagliavini, (Saint-Nicolas de Flüe).

La prochaine assemblées générale se déroulera le 6 juin 2018.

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