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Saint-Père, vous pouvez compter sur notre prière !

L’avion du pape a quitté le sol genevois, et nous sommes restés « sur un petit nuage », le cœur rempli d’émotion et de joie d’avoir pu vivre cette rencontre et cette messe avec le pape François.

Bien sûr, tout n’a pas été parfait : la sonorisation n’était pas toujours optimale, les écrans parfois trop loin pour lire la traduction de l’homélie, et il a fallu faire preuve de patience pour le retour. Mais la joie était sur tous les visages, avec le sentiment d’avoir vécu ensemble un grand moment, tout en profondeur et simplicité. Le pape a pris le temps de parcourir les allées ; beaucoup ont pu le saluer et le voir de près. Son homélie sur le Père qui nous rend tous frères et sœurs, le Pain dont la simplicité nous invite à choisir l’essentiel, et le Pardon qui libère et renouvelle, nous a touchés. Je vous invite à la relire tranquillement ici : HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE

Avant de nous quitter, il nous a demandé : « S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi ». Saint-Père, vous pouvez compter sur notre prière, avec notre reconnaissance pour votre pèlerinage œcuménique à Genève et la messe que nous avons eu la joie de célébrer avec vous. 

Abbé Pascal Desthieux, vicaire épiscopal

 

Crédit photo Diocèse LGFGadmer

Les coulisses des préparatifs de la messe du Pape

 

Le chanoine Alain Chardonnens, curé modérateur de l’unité pastorale Jura, à Versoix, est en charge de la préparation de la liturgie de la Messe qui sera célébrée le 21 juin à Palexpo par le pape François. Il nous dévoile les coulisses des préparatifs.

Une messe ne s’improvise jamais ! Une célébration avec le Saint-Père encore moins, surtout lorsqu’on prévoit d’accueillir plus de 40.000 fidèles en provenance de toute la Suisse et de la région. Etape importante et attendue de la visite du Saint-Père à Genève, la Messe qui sera célébrée par le pape François à Palexpo se prépare avec la mobilisation d’un nombre impressionnant d’acteurs, prestataires et partenaires. C’est le Diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF) qui assume l’organisation de la célébration : logistique, recherche de fonds, inscriptions, sécurité…. Dans des délais très serrés, les préparatifs battent leur plein.

Confiée au chanoine Alain Chardonnens, la mise au point de la liturgie est en cours. Ce grand moment de rencontre avec le Pape s’annonce unique et soulève nombre de défis insoupçonnés : l’approvisionnement en hosties, par exemple. Il mobilise déjà les « boulangères de Dieu » de tout le Pays. « Nous avons confié la production des hosties aux moniales cisterciennes de l’abbaye de la Maigrauge à Fribourg. Mais pour répondre à la demande elles ont dû faire appel à d’autres communautés établies en Suisse », explique le chanoine. Un autre défi a été la recherche d’un nombre suffisant de patènes. « Nous avons dû en commander 500 à la communauté de Taizé ».

Le calendrier liturgique a bien fait les choses. « La première étape pour préparer la liturgie a été de choisir quelle messe célébrer, messe du jour ou messe votive. Nous avons opté pour la messe du jour. En effet la messe prévue pour le 21 juin est en mémoire de Saint Louis de Gonzague (1568-1591), un jésuite comme le Saint-Père ! » remarque Alain Chardonnens. L’Evangile du jour fournit de plus un deuxième clin d’œil au caractère « œcuménique » de la visite du Saint-Père avec le texte de Matthieu (Mt 6, 7-15) et le récit sur l’enseignement du « Notre Père ». Il y a exactement un an, en juin 2017, les évêques suisses avaient décidé, dans un esprit œcuménique, de repousser à Pâques 2018 l’entrée en vigueur de la modification dans la traduction française du Notre-Père, afin que les Églises chrétiennes de Suisse puissent introduire ensemble la nouvelle version et prier ensemble.

Le 21 juin, les grandes halles de Palexpo seront méconnaissables avec un autel, des bancs, des zones réservées aux personnes à mobilité réduite ou malentendantes et même une sacristie. Le Vatican a fourni des indications très détaillées pour l’aménagement de la salle et demandé qu’il n’y ait pas de quête. Pour accueillir la célébration, il ne sera pas nécessaire de consacrer le lieu, mais des reliques seront déposées sur l’autel. « Comme dans tous les autels, la présence des reliques manifeste le sacrifice, d’abord celui du Christ qui a donné sa vie pour nous sur la croix et, à sa suite, celui d’un grand nombre de Saints. Elle nous inscrit dans cette continuation lors de la célébration », souligne Alain Chardonnens.

Le script, avec les détails du déroulement, le choix des chants et d’une chorale sont arrêtés. A l’image de Genève, ville internationale, la messe parlera plusieurs langues. La célébration sera en français, mais la première lecture sera par exemple lue en anglais et lors de la Prière Universelle les intentions seront en six langues. « Nous avons confié la préparation de ce temps de la messe aux Missions linguistiques du canton et nous avons prévu une intention de prière en arabe en hommage à l’archevêque de Damas, Mgr Samir Nassar, qui sera parmi nous. La prière eucharistique sera dite en latin. Enfin, lors de l’homélie, le pape François s’exprimera en italien. Il y aura une traduction en français sur les écrans pour que tous les fidèles puissent comprendre le message qu’il nous adressera. » Avant de se retirer, le Saint-Père bénira l’une des mosaïques du Chemin de joie (cf. p 8 et 9). De dimensions plus réduites par rapport aux fresques posées ou prévues sur les parvis de douze lieux de culte du canton, la mosaïque de la Résurrection sera amenée près de l’autel. « La bénédiction aura lieu à la fin de la célébration. Le fait que la mosaïque sera par la suite posée dans la salle de la prison de Champ-Dollon où sont célébrées les messes avec les détenus, ajoute du sens à ce geste du Pape. Il rejoint la couleur du pontificat du Saint-Père», fait valoir le chanoine. 

Courrier pastoral

Sac souvenir de la messe du Pape à Genève – édition limitée!

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Avec notre Pape François, au service des plus pauvres !

Pour commémorer la visite du Pape François à Genève, nous avons créé ce sac dont 70% du produit de la vente seront affectés aux actions sociales de l’ECR.

Ce sac a pour but de faire écho au message du Pape qui a fait des plus démunis l’un des thèmes centraux de son pontificat.

 » Et si aux yeux du monde, les pauvres ont peu de valeur, ce sont eux qui
nous ouvrent le chemin du ciel, ils sont nos « passeports pour le paradis « .
Pape François (Homélie, dimanche 19 novembre 2017)

Sac en coton naturel
Dimension : 42 x 38 cm
Prix : CHF 20 (frais d’envoi inclus)

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La pastorale des milieux ouverts interviewée par le Matin au sujet de la visite papale

Inès Calstas (50 ans) apprécie tout particulièrement cette facette du «pape des pauvres et des exclus». Cette employée de l’Église catholique genevoise travaille quotidiennement aux côtés de personnes en situation de précarité. En 2016, elle s’était rendue en pèlerinage au Vatican avec certaines d’entre elles. Cet événement, auquel nous avions assisté, avait débouché sur la mise en place par le pape d’une Journée mondiale des pauvres. «Voir à cette occasion certains de ces hommes, endurcis par une vie difficile, ouvrir leurs carapaces au passage du Saint-Père et pleurer face à lui m’a bouleversée et, en un sens, réconciliée avec les hommes», confesse la Genevoise. Le 21 juin, elle emmènera un groupe de 220 exclus à sa rencontre.

Amadou Gaye sera du lot. Le Sénégalais de 52 ans est pourtant musulman et le reste. Il était de l’équipée 2016, laquelle l’avait marqué profondément. «Le discours du pape sur les pauvres et le triple pardon qu’il nous avait demandé de la part de l’Église pour nous avoir parfois fermé ses portes m’avaient touché, dit-il. Ce genre de paroles, tu les reçois avec le cœur pas avec la tête. Elles donnent du courage pour avancer!» Et Anna Bernardo, aumônier de la communauté des sourds et malentendants de Genève, de conclure: «François n’est pas un donneur de leçons. Ses actes sont en cohérence avec ses mots. Il pose vraiment les yeux sur les autres soulignant ainsi l’égale dignité de chacun. Je me réjouis de le croiser en chair et en os!»

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●TEXTE LAURENT GRABET
Paru dans le Matin du mercredi 16 mai 2018

Nous allons prier pour votre genou

Au cours de ce carême que j’ai parcouru avec des béquilles, à la suite d’une opération du ménisque, nous avons été invités, avec le président de l’Eglise protestante, dans une famille évangélique qui avait convié plusieurs membres du Réseau évangélique genevois. Le repas fut riche de la présentation et des témoignages de chacun, avec son parcours de vie et de foi dans son Eglise respective, et ses liens avec les autres Eglises.

À la fin de ce repas, au moment de partir, alors que j’avais déjà franchi la porte, notre hôte me rappelle : « Venez, nous allons prier pour votre genou ». Il fait venir sa famille, et le voilà qui impose les mains sur mon genou et demande la guérison. Puis, deux de ses filles, âgées de huit et dix ans, se mettent à leur tour à prier autour de mon genou… J’ai été bouleversé par la prière si simple et profonde de ces deux fillettes. Bon, je vous rassure (ou je vous déçois) : mon genou ne s’est pas guéri miraculeusement, et il m’a fallu attendre patiemment jusqu’à Pâques les six semaines de cicatrisation et de béquilles. Leur prière a-t-elle favorisé cette guérison ?

Cette scène m’a touché et m’a fait réfléchir. Avons-nous l’audace de tout demander au Seigneur, de l’implorer pour une guérison, de lui confier tous nos soucis ? « Demandez et vous recevrez », dit Jésus (Matthieu 7, 7). « Si deux ou trois se mettent d’accord pour demander quelque chose en mon nom, ils l’obtiendront » (Matthieu 18, 19). Évidemment, nous avons tous fait l’expérience que ce n’est pas magique et que nous ne sommes pas toujours immédiatement exaucés. Mais comme il est bon de pouvoir tout lui demander, lui faire confiance pour tout.

Abbé Pascal Desthieux, vicaire épiscopal

Diocèse: Montée vers Pâques 2018

 
Les pastorales des familles du diocèse LGF -Vaud – Neuchâtel- Genève ont invité les familles à  la montée vers Pâques 2018. Du 29 mars au 1 avril plusieurs familles se retrouvent ainsi au domaine de Monteret, près de St-Cergue pour vivre les 3 jours du Ressuscité et partager cette expérience avec d’autres. Le thème de cette rencontre est « S’ouvrir à l’inespéré ». 
L’abbé Pascal Desthieux, vicaire épiscopal à Genève , est présent et préside les célébrations.
 

Projet de loi sur la laïcité – Les Trois Eglises chrétiennes écrivent aux députés

Genève, le 20 mars 2018
 

Les Eglises catholique romaine, protestante et catholique chrétienne à Genève ont envoyé aujourd’hui une lettre aux députés du Grand Conseil pour leur faire part de leurs réflexions quant au Rapport de la Commission des Droits de l’Homme, et notamment au projet de loi sur la laïcité de l’Etat, qui sera présenté au parlement les prochains 22 et 23 mars.

Cette lettre a donné lieu à une conférence de presse des Églises cet après-midi à la cathédrale.

L’Abbé Desthieux (vicaire épiscopal de l’Eglise catholique romaine),  M. Fuchs (président de l’Eglise protestante de Genève) et M. Lanoy (curé de l’Eglise catholique chrétienne) ont pris la parole devant les journalistes. Ils ont salué « l’immense travail effectué par la Commission des Droits de l’Homme au cours de ces derniers mois ».

Après avoir  relevé que l’état d’esprit qui prévalait dans le groupe de travail piloté par M. Cuenod et repris dans la première version du projet de loi, a changé, ils ont soulevé quelques enjeux majeurs.

Concrètement, si la dernière version de la loi était adoptée sans changement par le Grand Conseil, la limitation dans le temps du prélèvement de la contribution, alors mise en place en remerciement des services rendus par les Églises, et l’introduction d’un droit permettant aux communes d’acquérir en priorité des biens des Églises lors de vente, péjorerait la situation des Églises chrétiennes à Genève. Églises qui rendent pourtant de précieux services à l’ensemble de la population.

 Lien vers la lettre adressée aux députés

Europe: terre d’écueil?

Le 10 mars dernier, la deuxième rencontre du cycle de conférences autour de la migration, organisé à Genève par l’Espace culturel François de Sales, a poursuivi sa réflexion sur le thème de la migration et de l’accueil. Nous publions avec plaisir le compte rendu de cette rencontre, paru sur le site de la revue jésuite choisir, associée à l’événement.

Des réfugiés, oui merci!

Les terribles images de migrants cherchant à traverser la Méditerranée sur des bateaux de fortune sont dans tous les esprits. Et l’impuissance de l’Europe à y apporter des réponses à la fois rationnelles et humaines aussi. Le public, nombreux, a pu se faire une idée du «naufrage» de la politique européenne en visionnant d’abord le percutant film de Gianfranco Rossi, Fuocoammare, Par-delà Lampedusa. Premier documentaire à avoir reçu l’Ours d’or du Festival de Berlin, en 2016, le film aborde la question des opérations de sauvetage en Méditerranée, de façon à la fois réaliste et poétique.

Un débat, modéré par frère Alexis Helg, de la Communauté de Saint-Jean, s’en est ensuite suivi, avec deux spécialistes des questions des droits de l’homme et des réfugiés: Jean-Marie Carrière sj, ancien directeur du Service jésuite des réfugiers Europe, chercheur au CERAS (Centre d’études et de recherches en action sociale) de Saint-Denis, et le politicien genevois Jean Ziegler, membre du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

Feu en mer

Fuocoammare signifie «Feu en mer», et c’est bien la mer le fil conducteur du documentaire. Celle qui nourrit, mais qui tue aussi. Le scénariste a pris le parti de juxtaposer des récits de sauvetages de migrants, en perdition sur la Méditerranée, et celui du quotidien d’un enfant, fils de pêcheur de la petite île italienne. Comme tous les enfants, celui-ci aime jouer à la guerre et courir sur les collines, se rend à l’école et dîne en famille. Mais il a un «oeil paresseux», le gauche -celui du cœur?-, qui est peut-être à l’origine de son mal de mer (un handicap pour un futur pêcheur) et de ses anxiétés…

Les habitants de l’île vivent leur vie simple et pas toujours facile, sans interactions manifestes avec les réfugiés. Gianfranco Rossi a la finesse de ne jamais jouer sur la corde de la culpabilité. Il montre juste ce qui est. Comme ces exilés qui se battent pour survivre, avec l’énergie et le courage… de l’espoir! «Il est risqué de ne pas prendre de risques, car la vie elle-même est un risque», dit un Nigérian. Ou comme ces garde-côtes dont les gestes apaisants sont remplis de respect, même quand ils fouillent les arrivants. Et il y a aussi ce médecin italien qui les soigne, bouleversé par ce qu’il voit: «Tout être humain a le devoir, s’il est humain, de secourir les autres… Tout ça te laisse avec la colère, comme un trou dedans.»

Entre compassion et raison

Mais que faire ensuite de tout ça? La discussion engendrée par le film a reflété la complexité des réponses à ces drames et la difficulté à trouver un accord entre nos valeurs et nos actes, entre notre cœur et notre raison.

Jean-Marie Carrière sj a souligné la peur comme facteur de non rencontre. Celle des citoyens inquiets par ces arrivées ressenties comme massives, déstabilisantes et dangereuses pour la survie de leur propre culture (voir l’article du sociologue allemand Hartmut Rosa, Aux racines de la crispation anti-migrants). Celle des politiques aussi, qui prennent des risques réels quand ils affichent des positions plus ouvertes et solidaires et qui optent trop souvent alors pour la frilosité. La chancelière allemande Angela Merkel a payé le prix fort de sa politique migratoire d’ouverture des frontières établie en août 2015, avec ce slogan: Wir schaffen das, «Nous allons y arriver». Réélue pour un quatrième mandat en septembre 2017, il lui a fallu accepter un durcissement de sa politique d’accueil, avec une limitation chiffrée du nombre de personnes accueillies pour raison humanitaire, pour trouver un accord de gouvernement. Ce n’est que le 12 mars que la chancelière allemande et ses partenaires de la CSU et du SPD ont officiellement ratifié leur contrat de coalition.

Un seul pays européen s’est vraiment démarqué, prenant courageusement du recul face à la «real politique», et c’est l’Italie. «Le devoir de sauver son prochain, fondement de notre humanité, a été honoré par ce pays, qui a pratiqué la miséricorde sans discourir», a déclaré l’ancien directeur du JRS Europe.

Jean Ziegler, pour sa part, a insisté sur le côté légal et humanitaire obligatoire de l’aide aux réfugiés. Nous célébrons en 2018 les 70 ans de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. Or son article 14 stipule que toute personne a le droit de chercher asile dans un autre pays. Ne pas soutenir ces exilés relève donc, pour lui, d’un crime contre l’humanité.

«Nous assistons aujourd’hui à une baisse de l’application des droits humains en Europe. Il y a une ligne rouge à ne pas dépasser!» Nous devons tous, en tant que citoyen, nous élever contre son effacement. «C’est le principe même de l’évangélisation», a défendu avec verve ce militant infatigable des droits humains, qui a fait de sa vie un combat, sans jamais se démarquer du Chemin d’espérance. Car «il n’y a pas d’impuissance en démocratie.»

S’il ne fallait retenir qu’un seul message pour conclure, ce serait celui du jésuite français: cessons de voir les migrants comme des victimes uniquement et valorisons leur apport, afin que la Terre devienne réellement une «maison commune». Et de citer le psychiatre Jean-Claude Métraux, qui demande de ne plus voir les migrants comme des personnes porteuses de déficits, mais comme des sources de créativité, comme il l’a fait en avril passé dans choisir, avec son article Pour une thérapie de la reconnaissance.

Lucienne Bittar

 

 

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