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Initiation à la Liturgie le 21 novembre prochain

Notre foi chrétienne n’a pas seulement une dimension personnelle intérieure. Elle s’exprime à travers des gestes et des paroles en communauté. C’est la liturgie, qui signifie étymologiquement, une action, un service pour le peuple.

Avec la formation « Initiation à la liturgie », proposée par le service de la Formation à la Mission Ecclésiale de l’ECR, nous voulons approfondir le sens de la liturgie chrétienne, en particulier la célébration de l’Eucharistie.

Nous verrons que l’Eucharistie est un rite qui utilise un langage symbolique pour représenter des réalités qui nous dépassent. En tant qu’être humain, nous utilisons des symboles non seulement dans notre pratique religieuse mais aussi dans notre vie quotidienne. Les rites occupent une place importante dans toute société.

On découvrira également ensemble que la Bible, comme Parole de Dieu, nous montre déjà des liturgies dans les premières communautés chrétiennes.

Enfin, la Bible occupe une place essentielle dans nos célébrations. Nous allons donc repérer comment l’Ancien et le Nouveau Testament sont inclus dans la liturgie et nous poserons un regard spécial sur les Psaumes dans la messe et dans la liturgie des heures.

La méthodologie est participative. Une large place sera laissée aux questions et remarques des participants, à la suite des interventions des animateurs. En outre, pour allier réflexion et pratique, nous préparerons et célébrerons ensemble des liturgies.

Ouverte à tous ceux qui souhaitent connaitre plus en profondeur la liturgie chrétienne, cette formation est un prérequis, dans notre canton, pour les laïcs appelés par leur communauté et leurs responsables à présider des célébrations Parole et Communion et des funérailles.

Alors, si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à nous contacter à  formation@cath-ge.ch et rendez-vous le 21 novembre prochain à l’église Sainte-Jeanne-de-Chantal !

 

Service de la Formation à la Mission Ecclésiale

La prière en famille du dimanche soir

Avec la pastorale familiale de notre canton, nous venons d’éditer un livret : « Vivre la prière en famille »* que nous souhaitons distribuer aux familles par les enfants qui suivent la catéchèse dans nos paroisses. La famille est le premier lieu de l’initiation à la foi. C’est là que l’on devient croyant. Les enfants ont besoin de voir leurs parents prier, et d’apprendre à prier avec eux. Nos frères juifs vivent de belles liturgies familiales, par exemple le vendredi soir pour l’entrée dans le shabbat. Nous aimerions encourager les familles de notre canton à vivre des temps de prière, au début du repas, le soir avant de se coucher, ou lors d’un moment privilégié.

Je l’ai expérimenté dans ma propre famille, le dimanche soir après le souper. Nous nous rendions au salon et allumions une bougie devant une statue de Marie portant l’enfant Jésus. Éclairés de la seule bougie, nous commencions ce temps de prière, tout simple : un signe de croix, un petit mot d’introduction : « Seigneur, sommes heureux de prendre ce petit moment avec toi… » Puis, chacun était invité à dire un « merci » pour un événement vécu dans la semaine. Peu importe si c’était court ou même répétitif, l’important était que chacun puisse dire quelque chose. Ensuite, un deuxième tour avec une prière, une demande. Et on terminait avec un Notre Père, un Je vous salue Marie et le signe de croix.

On rallumait la lumière, et l’échange se prolongeait parfois à partir de ce que nous avions partagé dans la prière : « Comment s’est passée cette rencontre ? Quelles nouvelles de celui pour lequel nous avons prié ? »

Assez vite, sans même l’avoir cherché ni voulu, nous avons constaté que les relations entre nous changeaient, s’apaisaient. Il y avait moins de tensions et de frottements. Comme si ces petits moments de prière nous donnaient un peu de recul, et nous rappelaient qu’il est bon de former une famille.

Voilà, c’est tout simple, mais cela porte beaucoup de fruits. Voulez-vous essayer ?

*Vous pouvez obtenir gratuitement ce livret auprès de votre paroisse.

Abbé Pascal Desthieux, vicaire épiscopal

Pour en savoir plus découvrez le site internet  www.prierenfamille.ch.  

Chrétiens, donc missionnaires !

Quel beau cadeau pour notre Eglise cantonale d’accueillir la visite du Saint-Père à Genève ! Le 21 juin 2018 restera gravé dans nos mémoires. Nous avons été touchés par la joie de beaucoup, bien au-delà des pratiquants réguliers, de pouvoir rencontrer le pape, le voir de près et l’écouter. Cette messe à Palexpo a été un temps fort missionnaire !

D’ailleurs, dans son discours au Conseil Œcuménique des Eglises, François a insisté sur le lien entre l’œcuménisme et la mission : « La mission est adressée à tous les peuples et chaque disciple, pour être tel, doit devenir apôtre, missionnaire (…) Ce dont nous avons véritablement besoin, c’est d’un nouvel élan évangélisateur. Nous sommes appelés à être un peuple qui vit et qui partage la joie de l’Evangile, qui loue le Seigneur et sert les frères, avec l’âme qui brûle du désir d’ouvrir des horizons de bonté et de beauté inouïs à qui n’a pas encore eu la grâce de connaître vraiment Jésus. Je suis convaincu que, si le souffle missionnaire grandit, l’unité entre nous grandira aussi. »

Comment vivre la mission dans nos paroisses ? J’ai lu cet été ce best-seller passionnant de Rick Warren, Une Eglise motivée par l’essentiel. Un passage m’a particulièrement marqué : ce pasteur, qui a fondé une grande communauté dans le sud de la Californie, conseille de ne pas commencer par donner des formations au « noyau », c’est-à-dire aux 50 personnes engagées dans toutes les activités, chrétiennes de longue date et avec peu d’amis non-croyants auxquelles elles peuvent témoigner : cela risque de former un clan auquel les nouveaux auront du mal à s’intégrer. Et la communauté ne grandira pas. Au contraire, il invite à partir de l’extérieur, des nouveaux arrivés, qui pourront devenir membres de la communauté en ayant expérimenté la communion fraternelle et s’engager dans un ministère après avoir suivi une formation.

Alors, en cette rentrée pastorale, veillons à accueillir de nouvelles personnes dans nos conseils et les différents groupes de bénévoles de nos paroisses. Discernons quel engagement, quel ministère correspond à leur charisme. Proposons-leur une formation adéquate. C’est ainsi que notre Église sera rayonnante, pourra se déployer et que la Bonne Nouvelle sera annoncée à de nombreuses nouvelles personnes !

Suggestions de lectures :
Rick Warren, Une Eglise motivée par l’essentiel. La croissance sans compromettre le message et la mission, Ed. Motivé par l’essentiel, 2010.
Michael White et Tom Corcoran, Rebuilt. Histoire d’une paroisse reconstruite, Préface par le cardinal Timothy M. Dolan, Néhémie, 2015.
James Mallon, Manuel de survie des paroisses. Pour une conversion pastorale, Artège, 2015.

Abbé Pascal Desthieux, vicaire épiscopal

Petits miracles sur un chemin jurassien

Yvette avec Fallou, son petit de deux ans.

En juin, une vingtaine de personnes en situation de précarité ont marché trois jours durant dans la région de Saint-Ursanne (JU). Pas à pas, porté par une bienveillance réciproque, chacun y a glané la dose de confiance qu’il pouvait.

C’est fou le nombre de choses qui peuvent se produire sur une douzaine de petits kilomètres! Le 7 juin dernier, près du village médiéval jurassien de Saint-Ursanne, une marche le long du Doubs a réuni une vingtaine de personnes en situation de précarité financière, psychologique ou spirituelle et leurs accompagnants venus des Eglises catholique genevoise et vaudoise. Le tout encadré subtilement par la présence guérissante de Dame Nature. Laquelle fait souvent des merveilles sans qu’on s’en rende compte…
Amadou Gaye se sent bien au milieu de ces collines verdoyantes. Il n’est pas le seul. Le bruit de la rivière berce doucement les pas et apaise chacun, qu’il en soit conscient ou non. « Avec ses nombreux méandres, le Doubs semble peiner à trouver son chemin. C’est comme nous autres parfois», commente joliment Inès Calstas, qui officie à la pastorale des milieux ouverts de l’Eglise catholique genevoise.Elle est une des coorganisatrices de l’évènement. Croisé au Vatican voici deux ans lors de «Fratello 2016», une rencontre entre le pape François et des exclus du monde entier, le Genevois d’adoption Amadou Gaye est devenu pèlerin. Berger même, puisqu’il a contribué à organiser ces trois jours de marche placés sous le signe de la confiance.
Le bâton de bois dont il s’est saisi sur la route symbolise à merveille la métamorphose opérant dans le coeur du Sénégalais. «La foi en un Dieu d’Amour efface les doutes et installe la confiance. On peut s’y frotter au fil du chemin ici même. Le Coran parle de Jésus comme d’un prophète et Marie est la seule femme mentionnée nommément avec beaucoup de respect», rappelle-t-il.

COMME SUR L’EVEREST

Sur la route, d’autres langues se délient. Dans la marche, on passe rapidement du niveau de discussion superficiel, qui fait l’essentiel de nos échanges quotidiens, aux confidences et aux réflexions plus profondes. Chacun en sort plus riche. Samuel Bieth est mûr pour cela depuis un bon moment. En 47 ans d’existence, ce Français installé à Curtilles (VD) en a vu des vertes et surtout des pas mûres. Cela se lit sur son visage marqué mais plein de douceur. Il a connu la rue de 16 à 27 ans, l’héroïne et l’alcool. Il a trouvé la force de décrocher. «J’ai grimpé l’Everest avant de le redescendre», résume-t-il.
Au sommet, il y avait une femme, deux enfants et un poste de cadre dans un grand groupe de restauration. «Mais la violence était entrée en moi dans la rue. A l’époque, j’étais allé jusqu’à planter une fourchette dans la main de quelqu’un qui tentait de me voler mon steak. Tout ça m’a rattrapé des années plus tard et je l’ai retourné contre ma femme», raconte le colosse désormais à l’AI et sans emploi.
Aujourd’hui il y verrait presque une bénédiction, car la souffrance dans laquelle l’ont plongé les conséquences de ses actes l’a réveillé. «En moi,la foi et la conscience étaient endormies. J’ai compris que je ne me résumais pas à ma violence et je me suis reconnecté avec celui que j’étais vraiment. Depuis, j’ai arrêté d’en vouloir à ma femme de m’avoir quitté et de son côté, elle m’a pardonné. Aujourd’hui, on se revoit…»
La veille au soir, au refuge après un premier jour de randonnée vallonnée, Samuel Bieth a soudain pris la parole pour raconter son histoire aux autres dans un silence religieux. «Je sentais qu’il le fallait», explique-t-il sur le ton de l’évidence. Beaucoup ont été touchés et en sont un peu transformés.

UNE POLYPHONIE ANGÉLIQUE

Plus tard, ce même soir, Bruno Tavarone (voir l’Echo Magazine du 22 mars dernier) a lui aussi suivi son instinct. Le cabossé moudonnois a empoigné sa guitare et montré qui il était aux quatre chanceux qui n’étaient pas encore allés se coucher. Marie-Antoinette Lorwich était du lot.
«Bruno nous a encouragés à improviser des mélopées, à chanter avec notre âme. Nos voix se sont mêlées dans une polyphonie angélique», raconte celle qui est aumônière de l’Eglise catholique vaudoise et qui, en temps normal, n’aime pas du tout chanter. 
Drissa, musicien burkinabé en situation irrégulière, aurait probablement apprécié ce moment s’il avait été encore debout. Lui aussi a vécu. Il n’a pas besoin de prononcer un seul mot pour que ses interlocuteurs le comprennent. A 33 ans, cet adepte du mouvement rastafari parle comme un vieux sage. «L’humanité dont fait preuve Inès m’a donné envie de participer à cette marche. Aucun homme n’échappe à la douleur et nous cherchons tous à notre façon, à travers elle, la bonne voie menant à l’Unique», lâche l’Africain.
Sa route est passée par le Mali, le Ghana et la Côte d’Ivoire. C’est pour fuir les massacres dont ont été victimes son oncle et sa famille qu’il a quitté l’Afrique voici quatre ans. «Les mauvaises personnes te donnent des leçons et les bonnes du courage», lâche-t-il en paraphrasant le héros panafricain Thomas Sankara. Aussi voit-il dans la mystérieuse lettre D ornant le bracelet qu’ont remis les organisateurs à chaque participant les mots «Douleur» et «Droiture»…

G COMME «GAGNANTE»

Yvette, de son côté, est tombée sur la lettre G. La Sénégalaise de 30 ans veut y lire le mot «gagnante». Logique pour celle qui a eu le courage de quitter son pays et l’avenir tout tracé que voulait lui imposer sa famille à 16 ans seulement. «Cette randonnée, c’est comme la vie, commente-t-elle en suant dans une montée: il y a des hauts et des bas dont on arrive toujours à bout si on garde le cap et du courage! Moi, de toute façon, je n’ai pas le choix. Je dois me battre pour Fallou, mon fils de deux ans. Aujourd’hui, on s’amuse bien. On est bien entourés et on se sent soutenus. J’y vois un avant-goût de ce que pourrait être ma vie un jour…»
Devant elle avance Aloys Ramel. A 61 ans, ce résident de Gimmel (VD) a gardé le regard doux d’un enfant fragile en quête d’amour et d’approbation. «En venant ici, je me rends compte avec plaisir qu’on peut encore trouver de l’accueil en ce monde», explique-t-il. Lui a hérité de la lettre D. «D comme dépasser, dit-il. Dépasser les différends financiers m’opposant à mes frères, dépasser la disparition de ma femme, Marie-Christine, il y a dix ans des suites d’un cancer…» Et bien d’autres choses encore qu’il préfère taire.
Comme beaucoup des ses camarades, le sexagénaire s’est confié en chemin au Père Jean Bosco Cishibanji Rwasha. Ce prêtre, qui travaille dans la région de Morges (VD) et qui est originaire de la République démocratique du Congo, se dit agréablement surpris de ces échanges spontanés. «Marcher dans la nature invite à un certain lâcher-prise. Ces gens qui ont beaucoup souffert ont immanquablement envie de s’ouvrir, d’autant plus qu’ils en ont rarement l’occasion! Mais j’ai été frappé par le fait que très peu se plaignent de leur sort. Moi, je les invite par une écoute bienveillante à ne pas se résumer à lui…» 

 

Texte et photos: Laurent Grabet
paru dans Echo magazine du 12 juillet 2018

Incendie à l'église du Sacré-Cœur juillet 2018 Genève

Incendie Sacré-Cœur – Tout est à reconstruire

Incendie à l'église du Sacré-Cœur juillet 2018 Genève

Le jeudi 19 juillet 2018, un incendie a ravagé l’église du Sacré-Cœur à Plainpalais. L’édifice a été très gravement endommagé, le toit et les étages supérieurs sont détruits et l’église, qui menace de s’écrouler, est aujourd’hui fermée au public pour une période indéterminée.

Les travaux de remise en état s’annoncent conséquents et vous êtes nombreux à nous avoir contactés pour exprimer votre solidarité avec les communautés de l’église du Sacré-Cœur.

Pour soutenir la paroisse du Sacré-Cœur:

Merci d’utiliser exclusivement les indications ci-dessous :

Compte de paroisse :

Banque : Postfinance

Titulaire du compte : Association paroissiale du Sacré Cœur

Numéro de compte : Compte postal: 12-3928-9

IBAN : CH65 0900 0000 1200 3928 9

BIC : POFICHBEXXX

A noter dans le commentaire : « Incendie Eglise »

Merci infiniment ! Chaque geste compte !

 

Crédit photo : SIS

Saint-Père, vous pouvez compter sur notre prière !

L’avion du pape a quitté le sol genevois, et nous sommes restés « sur un petit nuage », le cœur rempli d’émotion et de joie d’avoir pu vivre cette rencontre et cette messe avec le pape François.

Bien sûr, tout n’a pas été parfait : la sonorisation n’était pas toujours optimale, les écrans parfois trop loin pour lire la traduction de l’homélie, et il a fallu faire preuve de patience pour le retour. Mais la joie était sur tous les visages, avec le sentiment d’avoir vécu ensemble un grand moment, tout en profondeur et simplicité. Le pape a pris le temps de parcourir les allées ; beaucoup ont pu le saluer et le voir de près. Son homélie sur le Père qui nous rend tous frères et sœurs, le Pain dont la simplicité nous invite à choisir l’essentiel, et le Pardon qui libère et renouvelle, nous a touchés. Je vous invite à la relire tranquillement ici : HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE

Avant de nous quitter, il nous a demandé : « S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi ». Saint-Père, vous pouvez compter sur notre prière, avec notre reconnaissance pour votre pèlerinage œcuménique à Genève et la messe que nous avons eu la joie de célébrer avec vous. 

Abbé Pascal Desthieux, vicaire épiscopal

 

Crédit photo Diocèse LGFGadmer

Les coulisses des préparatifs de la messe du Pape

 

Le chanoine Alain Chardonnens, curé modérateur de l’unité pastorale Jura, à Versoix, est en charge de la préparation de la liturgie de la Messe qui sera célébrée le 21 juin à Palexpo par le pape François. Il nous dévoile les coulisses des préparatifs.

Une messe ne s’improvise jamais ! Une célébration avec le Saint-Père encore moins, surtout lorsqu’on prévoit d’accueillir plus de 40.000 fidèles en provenance de toute la Suisse et de la région. Etape importante et attendue de la visite du Saint-Père à Genève, la Messe qui sera célébrée par le pape François à Palexpo se prépare avec la mobilisation d’un nombre impressionnant d’acteurs, prestataires et partenaires. C’est le Diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF) qui assume l’organisation de la célébration : logistique, recherche de fonds, inscriptions, sécurité…. Dans des délais très serrés, les préparatifs battent leur plein.

Confiée au chanoine Alain Chardonnens, la mise au point de la liturgie est en cours. Ce grand moment de rencontre avec le Pape s’annonce unique et soulève nombre de défis insoupçonnés : l’approvisionnement en hosties, par exemple. Il mobilise déjà les « boulangères de Dieu » de tout le Pays. « Nous avons confié la production des hosties aux moniales cisterciennes de l’abbaye de la Maigrauge à Fribourg. Mais pour répondre à la demande elles ont dû faire appel à d’autres communautés établies en Suisse », explique le chanoine. Un autre défi a été la recherche d’un nombre suffisant de patènes. « Nous avons dû en commander 500 à la communauté de Taizé ».

Le calendrier liturgique a bien fait les choses. « La première étape pour préparer la liturgie a été de choisir quelle messe célébrer, messe du jour ou messe votive. Nous avons opté pour la messe du jour. En effet la messe prévue pour le 21 juin est en mémoire de Saint Louis de Gonzague (1568-1591), un jésuite comme le Saint-Père ! » remarque Alain Chardonnens. L’Evangile du jour fournit de plus un deuxième clin d’œil au caractère « œcuménique » de la visite du Saint-Père avec le texte de Matthieu (Mt 6, 7-15) et le récit sur l’enseignement du « Notre Père ». Il y a exactement un an, en juin 2017, les évêques suisses avaient décidé, dans un esprit œcuménique, de repousser à Pâques 2018 l’entrée en vigueur de la modification dans la traduction française du Notre-Père, afin que les Églises chrétiennes de Suisse puissent introduire ensemble la nouvelle version et prier ensemble.

Le 21 juin, les grandes halles de Palexpo seront méconnaissables avec un autel, des bancs, des zones réservées aux personnes à mobilité réduite ou malentendantes et même une sacristie. Le Vatican a fourni des indications très détaillées pour l’aménagement de la salle et demandé qu’il n’y ait pas de quête. Pour accueillir la célébration, il ne sera pas nécessaire de consacrer le lieu, mais des reliques seront déposées sur l’autel. « Comme dans tous les autels, la présence des reliques manifeste le sacrifice, d’abord celui du Christ qui a donné sa vie pour nous sur la croix et, à sa suite, celui d’un grand nombre de Saints. Elle nous inscrit dans cette continuation lors de la célébration », souligne Alain Chardonnens.

Le script, avec les détails du déroulement, le choix des chants et d’une chorale sont arrêtés. A l’image de Genève, ville internationale, la messe parlera plusieurs langues. La célébration sera en français, mais la première lecture sera par exemple lue en anglais et lors de la Prière Universelle les intentions seront en six langues. « Nous avons confié la préparation de ce temps de la messe aux Missions linguistiques du canton et nous avons prévu une intention de prière en arabe en hommage à l’archevêque de Damas, Mgr Samir Nassar, qui sera parmi nous. La prière eucharistique sera dite en latin. Enfin, lors de l’homélie, le pape François s’exprimera en italien. Il y aura une traduction en français sur les écrans pour que tous les fidèles puissent comprendre le message qu’il nous adressera. » Avant de se retirer, le Saint-Père bénira l’une des mosaïques du Chemin de joie (cf. p 8 et 9). De dimensions plus réduites par rapport aux fresques posées ou prévues sur les parvis de douze lieux de culte du canton, la mosaïque de la Résurrection sera amenée près de l’autel. « La bénédiction aura lieu à la fin de la célébration. Le fait que la mosaïque sera par la suite posée dans la salle de la prison de Champ-Dollon où sont célébrées les messes avec les détenus, ajoute du sens à ce geste du Pape. Il rejoint la couleur du pontificat du Saint-Père», fait valoir le chanoine. 

Courrier pastoral

Sac souvenir de la messe du Pape à Genève – édition limitée!

J’achète le sac souvenir

Avec notre Pape François, au service des plus pauvres !

Pour commémorer la visite du Pape François à Genève, nous avons créé ce sac dont 70% du produit de la vente seront affectés aux actions sociales de l’ECR.

Ce sac a pour but de faire écho au message du Pape qui a fait des plus démunis l’un des thèmes centraux de son pontificat.

 » Et si aux yeux du monde, les pauvres ont peu de valeur, ce sont eux qui
nous ouvrent le chemin du ciel, ils sont nos « passeports pour le paradis « .
Pape François (Homélie, dimanche 19 novembre 2017)

Sac en coton naturel
Dimension : 42 x 38 cm
Prix : CHF 20 (frais d’envoi inclus)

J’achète le sac souvenir

La pastorale des milieux ouverts interviewée par le Matin au sujet de la visite papale

Inès Calstas (50 ans) apprécie tout particulièrement cette facette du «pape des pauvres et des exclus». Cette employée de l’Église catholique genevoise travaille quotidiennement aux côtés de personnes en situation de précarité. En 2016, elle s’était rendue en pèlerinage au Vatican avec certaines d’entre elles. Cet événement, auquel nous avions assisté, avait débouché sur la mise en place par le pape d’une Journée mondiale des pauvres. «Voir à cette occasion certains de ces hommes, endurcis par une vie difficile, ouvrir leurs carapaces au passage du Saint-Père et pleurer face à lui m’a bouleversée et, en un sens, réconciliée avec les hommes», confesse la Genevoise. Le 21 juin, elle emmènera un groupe de 220 exclus à sa rencontre.

Amadou Gaye sera du lot. Le Sénégalais de 52 ans est pourtant musulman et le reste. Il était de l’équipée 2016, laquelle l’avait marqué profondément. «Le discours du pape sur les pauvres et le triple pardon qu’il nous avait demandé de la part de l’Église pour nous avoir parfois fermé ses portes m’avaient touché, dit-il. Ce genre de paroles, tu les reçois avec le cœur pas avec la tête. Elles donnent du courage pour avancer!» Et Anna Bernardo, aumônier de la communauté des sourds et malentendants de Genève, de conclure: «François n’est pas un donneur de leçons. Ses actes sont en cohérence avec ses mots. Il pose vraiment les yeux sur les autres soulignant ainsi l’égale dignité de chacun. Je me réjouis de le croiser en chair et en os!»

Voir l’article complet

●TEXTE LAURENT GRABET
Paru dans le Matin du mercredi 16 mai 2018

En marche à vos côtés