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Sur un chemin d’unité : ensemble pour Genève

Une déclaration commune des Eglises protestante, catholique chrétienne et catholique romaine

Au terme de cette année jubilaire de la Réforme, et à la suite d’une journée de réflexion, nous, responsables des Eglises protestante, catholique chrétienne et catholique romaine de Genève déclarons reconnaître mutuellement nos responsabilités pastorales au sein de nos Eglises locales dans une confiance réciproque et une collaboration active et fraternelle.

Conscients que « l’unité se fait en marchant » (François, évêque de Rome) et que « nous avons besoin les uns des autres » (Gottfried Locher, président de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse), nous choisissons de considérer l’impact positif du temps sur nos institutions et la possibilité ainsi dégagée d’un chemin commun et parcouru depuis plusieurs décennies déjà. Nous pouvons nous réjouir des progrès de l’œcuménisme depuis la fondation du Conseil Œcuménique des Eglises, puis le Concile Vatican II, et tout récemment la signature par la Communion mondiale d’Eglises réformées de la Déclaration commune sur la justification par la foi (ratifiée déjà par les luthériens et les catholiques romains en 1999). Soulignons également la full communion entre les vieux-catholiques et les anglicans signée en 1931, ainsi que la communauté ecclésiale entre les Eglises Vieilles-Catholiques de l’Union d’Utrecht et l’Eglise de Suède le 23 novembre 2016.

A Genève, toutes les aumôneries sont œcuméniques ; nous servons ensemble le Christ dans nos frères et sœurs qui sont dans le besoin, qui arrivent chez nous comme immigrés, qui sont malades ou en prison (cf. Matthieu 25). Nous proposons des formations communes, comme l’Atelier œcuménique de théologie, et éditons ensemble un calendrier des formations. Chacune de nos paroisses entretient des relations fraternelles avec les paroisses sœurs et les chrétiens vivent des célébrations communes, notamment lors de la Semaine de prière pour l’Unité des chrétiens. Nous avons donc, depuis de nombreuses années, pris la bonne habitude de travailler ensemble et de collaborer à tous les niveaux.

Si nous demeurons catholiques ou protestants, ce n’est pas par esprit de clocher ou de division, mais par fidélité à une tradition qui nous a portés. Nous reconnaissons que chaque tradition a sa richesse et ses valeurs et que nos traditions s’enrichissent et se fécondent mutuellement. Nous pouvons positivement nous réjouir de ce que les autres traditions apportent à notre tradition propre et dans la mission commune que nous avons à mener à Genève.

Face aux défis du temps présent, nous ne voulons plus apparaitre divisés et nous reconnaissons que nous comptons les uns sur les autres dans l’accomplissement de notre mission commune au service du Christ à Genève.

C’est pourquoi, conscients que demeurent des points de divergence, notamment dans la manière de concevoir nos ministères, nous sommes appelés à poursuivre le dialogue, et pour ce faire nous souhaitons retrouver les convergences en remontant à la source du message évangélique.

Nous nous engageons à poursuivre ici à Genève ce chemin d’unité de terrain et nous voulons le faire dans la joie de l’Evangile, poussés par l’Esprit qui nous invite à prêcher cette Parole avec audace.

Pour l’Eglise protestante de Genève : Blaise Menu, modérateur, et Emmanuel Fuchs, président,
pour l’Eglise catholique chrétienne de Genève : Jean Lanoy, curé et Jean-Luc Biolay, président,
pour l’Eglise catholique romaine de Genève : Pascal Desthieux, vicaire épiscopal
et Jean Tardieu, président du Conseil pastoral cantonal.

L’Assemblée générale de l’ECR approuve le budget 2018

Réunie le 29 novembre 2017 au Cénacle, l’Assemblée générale de l’ECR- Genève a approuvé à l’unanimité le budget 2018 : il présente un excédent d’environ 580.000 francs sur un montant global de 11,5 millions de francs prévus pour le financement des activités pastorales, des salaires et autres frais et charges pour l’année à venir. Présidée par Mme Beatrix Leroy-Jeandin et en présence du Vicaire épiscopal, l’abbé Pascal Desthieux, l’Assemblée a par ailleurs été informée de la stratégie de communication de l’ECR pour 2018 et renseignée sur diverses activités pastorales.

En ouverture de l’Assemblée, le Secrétaire général M. Dominique Pittet et la présidente de l’ECR, Mme Beatrix Leroy Jeandin ont exprimé un immense merci aux paroisses qui ont manifesté cette année encore un fort et fidèle soutien à l’ECR. « La solidarité n’est pas un vain mot », a affirmé Mme Leroy-Jeandin.

Budget 2018 positif, mais fragile

Le budget 2018 présente un bénéfice de 580.350 francs. Ce résultat positif proposé dans le budget est « très satisfaisant », mais néanmoins « inquiétant », a souligné le Secrétaire général prenant parole devant la trentaine de membres présent. En effet, « la stabilité de notre financement ne provient pas de l’augmentation prévue des dons et des contributions », mais du soutien d’une fondation (1,2 million de francs) et donc d’une « source non acquise pour les années à venir », a souligné M. Pittet.

Stratégie de communication

Le responsable du Service Développement & Communication, Geffroy de Clavière a présente la récente réorganisation du Service, avec l’arrivée notamment d’une nouvelle responsable de la recherche de fonds, Mme Sabine Mongein, et d’une nouvelle responsable de la communication digitale, Mme Pamela Séchaud. Une nouvelle stratégie web est à l’étude, mais déjà la présence digitale de l’ECR est en nette progression, a relevé M. de Clavière.

Un travail de fond sur les collectes et la stratégie legs est en cours. Outre la traditionnelle soirée de soutien IL EST UNE FOI (en mai), plusieurs événements sont prévus en 2018, dont la quatrième édition des Rendez-vous cinéma IL EST UNE FOI (du 2 au 6 mai) et la projection du film « Ignace de Loyola » (date à déterminer).

Activités pastorales

Le Vicaire épiscopal, l’abbé Pascal Desthieux a souhaité revenir sur deux moments qui ont réuni les prêtres et agents pastoraux laïcs du canton : la belle Rentrée pastorale en septembre et la Session pastorale cantonale de novembre, un temps de formation de deux jours, confiée à l’association d’animateurs chrétiens Talanthéo pour approfondir trois thèmes : mieux se connaitre pour mieux servir, les cinq essentiels pour nourrir la mission et la vision pastorale.

Cette vision pour l’Eglise à Genève a été traduite par le Vicaire en une phrase : « Une Eglise rayonnante qui se déploie » et elle au cœur des réflexions du Conseil pastoral cantonal (CPC), a expliqué M. Jean Tardieu, président de cet organe de consultation autour du Vicaire épiscopal. Le CPC dédira la prochaine année à l’élaboration des futurs objectifs pastoraux de l’ECR.

« Instant favorable »

Un bel aperçu du sens de ces efforts constants de réflexion, de recherche de fonds et de formation a pris corps en fin d’assemblée avec la présentation de la retraite « Kairos », joli mot grec qui veut dire « instant favorable », par le responsable de la Pastorale des Jeunes, Sébastien Baertschi. A ces retraites participent avant tout des confirmands et elles ont la particularité de ne pas être animées par des professionnels, mais par des jeunes qui ont participé à des retraites par le passé. Ils témoignent de leur parcours de foi, avec « quelques âneries théologiques » certes, mais cela n’enlève rien à la force de la transmission de leur expérience de vie, a insisté M. Baertschi avant de partager quelques beaux témoignages reçus au terme de la retraite.

Élections

L’Assemblée a enfin procédé à l’élection et la réélection des membres de l’AG et du comité.

La présidente a sollicité et obtenu un renouvellement de son mandat à la tête du comité de l’ECR pour une période de trois ans et a présenté M. Albert Sirolli, trésorier de la paroisse de Corsier, qui a accepté de rejoindre le comité de l’ECR.

Mme Leroy-Jeandin a par la suite remercié les membres sortants de l’Assemblée : M. Bert Essenberg, (Saint-Antoine de Padoue), M. Paul Hegi (Saint-Marc), Mme Marina Lumbreras Areta (Mission catholique espagnole) et Mme Quiéta Von Gunten (Saint-Nicolas de Flüe).

Ont enfin été élu : M. Victor Gonzalez (Mission catholique espagnole), M. Martial Mancini (Saint-Antoine de Padoue) et Mme Nanda Tagliavini, (Saint-Nicolas de Flüe).

La prochaine assemblées générale se déroulera le 6 juin 2018.

« Cela se passe aussi chez nous »

Invité le 18 novembre dernier par l’Espace culturel François de Sales pour participer à un débat après la projection du long métrage « L’abri » de Fernand Melgar, le Vicaire épiscopal Pascal Desthieux a souligné les efforts de l’Eglise pour chercher des solutions à la détresse des sans-abris et des plus démunis, notamment avec la Pastorale des Milieux ouverts.

« A Genève, le nombre de personnes qui vivent dans la rue est estimé à 1.500 environ et il y a 200 place ouvertes pour dormir en hiver. Ce sont des frères et sœurs en humanité », a –t-il souligné devant un public nombreux. Le film, présenté dans le cadre du cycle de projections-débats « Europe, terre d’écueil » proposé par l’Espace culturel François de Sales, documente les enjeux humains du « tri des pauvres » à l’entrée d’un hébergement d’urgence pour sans-abris à Lausanne. « La rue est cruelle. Avec le temps, elle transforme les personnes. J’ai vu des personnes de plus en plus abimées, dénaturées », a témoigné l’assistante pastorale de l’ECR Inès Calstas, qui coordonne la Pastorale des Milieux ouverts à Genève. Pour le débat, elle était venue accompagnée de deux personnes qui connaissent la galère de la rue, la méfiance et le mépris des regards, Amadou et Téo. « Dans notre Pastorale, c’est avec eux que nous cherchons des réponses », a insisté Mme Calstas.

« Si nous sommes encore en Syrie, c’est pour Jésus-Christ »

Le père Toufik, curé de Maaloula, est venu témoigner de la réalité de ce village syrien occupé par les djihadistes. Une conférence organisée à l’église Sainte-Croix afin de récolter des fonds. 

Dans l’église carougeoise, le père Toufik entreprend le récit des évènements qui ont eu lieu à Maaloula en 2013 et 2014. En septembre 2013, le village est victime d’une première attaque. Kamikaze, combat entre l’armée syrienne et les djihadistes, enlèvements. La communauté chrétienne pleure cinq jeunes martyrs. Exilée, elle décidera de rentrer après la fin des horreurs. « Si nous revenons, avait dit le père Toufik à ses paroissiens, c’est uniquement pour le Christ, rien d’autre ne le mérite ». Au final, 40% des chrétiens y retourneront. Aujourd’hui le village syrien reprend vie notamment grâce à l’aide de SOS chrétiens d’Orient, une association basée à Paris ,fondée suite à la prise de Maaloula. Son but: aider les chrétiens orientaux à rester chez eux. Parmi les défis de taille soulignés par le père Toufik, l’exode des jeunes pour chercher du travail ou échapper à l’enrôlement militaire. L’association offre ainsi une aide matérielle pour encourager les mariages.

Priscilia Chacón

Que faire de nos églises ?

Pour des lieux de culte adaptés à une pastorale contemporaine 1

Genève n’échappe pas aux réflexions en cours sur l’utilisation ou la réaffectation des églises : à l’heure où les églises ont tendance à se vider, la nécessité de créer de nouveaux lieux de culte s’impose en plusieurs lieux pour à la fois répondre aux besoins d’une pastorale qui a profondément évolué depuis plusieurs décennies et, de plus, offrir aux paroisses les moyens de pérenniser leur mission en les affranchissant des soucis générés par des charges financières qui ne sont plus supportables.

Dans le canton, plusieurs paroisses ont des projets de remplacement de leur église par une nouvelle, modulable et adaptée à notre temps. Notamment deux, qui pour l’heure n’ont pas encore obtenu une autorisation : Sainte-Jeanne-de-Chantal, à l’avenue d’Aïre, Genève et Saint-Pie-X, au carrefour du Bouchet, sur la commune de Vernier.

Sainte-Jeanne-de-Chantal a été bâtie dans les années 1968-1969. « A l’époque, face à l’importante immigration catholique issue de cantons comme Fribourg et le Valais, ainsi que de pays comme l’Espagne, l’Italie et le Portugal, il était communément admis que chaque commune devait bénéficier d’une église, au même titre que d’une école », faisait valoir le conseil paroissial dans un courrier du mois de mai 2016 adressé au Département de l’Aménagement, du Logement et de l’Energie du canton. Il était également rappelé que cette église, comme tant d’autres, avait été prévue pour un nombre important de fidèles et de prêtres, ainsi que pour des manifestations de grande ampleur comme des premières communions, des confirmations, de grandes célébrations annuelle ou encore des fêtes paroissiales. Entretemps, le bâtiment est devenu trop vaste pour une communauté qui ne compte aujourd’hui qu’une centaine de personnes pratiquantes. Parallèlement, la situation financière de la paroisse s’est considérablement dégradée qui a conduit, à ce jour, à l’impossibilité de faire face tant aux charges courantes (chauffage, électricité, nettoyage) qu’à l’entretien et aux réparations du bâtiment et encore moins à celles d’une rénovation d’ensemble. « Au rythme actuel du déficit que présentent nos comptes, nous serons en faillite dans trois ans », était-il souligné dans ce courrier. Il était par ailleurs précisé que le bâtiment avait été conçu et réalisé avant le premier choc pétrolier, c’est-à-dire sans isolation, avec des vitrages simples, des volumes immenses ainsi que des installations de chauffage peu performantes. Au fil du temps, des infiltrations d’eau provenant de la toiture se sont manifestées, la carbonatation et les fissurations du béton sont apparues, sans compter le décollement des étanchéités et la problématique de l’amiante. Malgré ce constat plutôt sombre, il est apparu que la présence d’un lieu de prière et de culte était ressenti comme nécessaire dans le quartier. Aussi, la paroisse, avec l’aide de l’ECR-GE2, a souhaité adapter le bâtiment en taille et en qualité au nombre des fidèles. Par ailleurs, la réalisation d’un immeuble de logements et d’activités a été envisagée pour financer durablement le fonctionnement de la paroisse dans le futur.

C’est ce qui d’ailleurs vient d’être réalisé par la paroisse de Sainte-Clotilde, à Plainpalais – La Jonction, où sur deux terrains attenants utilisés comme parkings, le premier appartenant à la paroisse et le second à la Ville de Genève qui a accordé un droit de superficie à la paroisse, vient d’être édifié un immeuble de 46 logements et d’une surface commerciale destinée à abriter, au rez, une structure du Service de la petite enfance de la Ville de Genève. A Sainte-Jeanne-de-Chantal, l’opportunité serait de réaliser 80 logements, d’un centre paroissial avec une nouvelle église et d’un lieu de vie ouvert, au centre du quartier et de ses activités. Ce projet passe par la démolition de l’église existante, puisque vétuste et obsolète. En dépit du fait que l’on déplore très régulièrement un manque drastique de logements dans le canton et qu’on invoque par ailleurs les impératifs d’aménagement du territoire édictés par la Confédération qui préconisent une densification de la ville, le projet reste en souffrance, une ouverture de procédure d’inscription de l’église à l’inventaire ayant été la réponse du  Service des Monuments à  la demande de démolition du bâtiment.

A Saint-Pie-X, l’avenir ne s’annonce pas sous de meilleurs auspices car elle vit aussi principalement des dons de ses paroissiens. La vétusté de l’église et de ses locaux, son surdimensionnement par rapport aux besoins actuels rendent nécessaire la réalisation d’une nouvelle église avec un nouvel espace modulable. Un nouvel espace qui permettrait également à la paroisse de repartir sur des bases financièrement saines dans la mesure où la construction d’un immeuble de 80 logements est prévue dans le projet de réaménagement du bâti. Mais là encore, il se trouve que le Service des monuments et des sites a jugé, à ce jour, l’église « intéressante », compromettant ainsi les chances de donner un nouvel élan à une paroisse en grande difficulté.

Néanmoins, la fermeture ou la suppression de lieux de culte ne doit constituer qu’un ultime recours et c’est pourquoi l’ECR-GE 2 apporte tout son soutien aux paroisses qui n’ont d’autres solutions pour poursuivre leur mission dans les quartiers et à proximité de la population que de faire preuve à la fois de créativité et de pragmatisme.

Etudiante en histoire de l’art à l’Université de Lausanne, Nathalie Annen remarque (dans un article intitulé « Eglise cherche affectation, pas sérieux s’abstenir – Transformations de temples en Suisse romande depuis 1960 ») que « les résistances émotionnelles peuvent être vives face aux changements ». Mais, poursuit-elle, « s’il est incontestable que des éléments patrimoniaux de valeur doivent être sauvegardés, les experts s’accordent sur la nécessité de faire preuve de pragmatisme et de faire le deuil d’objets à seule vocation cultuelle… Quand il s’agit de monuments protégés, l’essentiel est d’y apporter uniquement des modifications réversibles, suivant les recommandations de la Charte de Venise de 1964 sur la conservation et la restauration des monuments et des sites ».

Et de conclure « qu’il serait souhaitable, voire nécessaire, d’établir des critères et des procédures permettant une approche plus objective en la matière » car « la dichotomie entre la valeur d’usage… et la valeur historique… trouve aujourd’hui sa résolution dans un climat prudent, pour ne pas dire frileux… ».

Pascal Gondrand

1 Résumé du texte paru dans « Vie de l’Eglise », supplément genevois du magazine « l’Essentiel »-novembre 2017

2 Constituée en association, l’ECR-GE est le bras administratif et financier de l’Eglise catholique romaine à Genève

Le billet du vicaire épiscopale – Les 5 essentiels

Les 5 essentiels

Au cours de la session pastorale cantonale que prêtres et agents pastoraux allons vivre en ce mois de novembre, il sera question, entre autres, des « 5 essentiels » : prière, fraternité, service, formation et évangélisation. On les retrouve dans la vie de la première communauté chrétienne de Jérusalem (Actes 2, 42-47) ; ils sont nécessaires pour que la vie chrétienne se déploie et porte du fruit. Ainsi, dans notre vie comme dans chacun des groupes ecclésiaux auxquels nous participons, il est « essentiel » que :

  1. nous gardions toujours une place pour la prière et la rencontre personnelle de Dieu.
  2. nous vivions la communion fraternelle et la joie d’être ensemble.
  3. nous grandissions en nous donnant les moyens de nous former et d’apprendre.
  4. nous nous engagions selon nos capacités et nos charismes.
  5. nous annoncions la Bonne Nouvelle du Ressuscité.

Autrement dit, pour grandir et s’épanouir, nous avons besoin d’un cocktail de 5 vitamines
essentielles :

  • vitamine A de l’Adoration par la prière, la louange, la célébration.
  • vitamine B d’une Belle communauté où se vit l’accueil, le soutien, la fraternité.
  • vitamine C d’une Configuration au Christ par une formation continue.
  • vitamine D du Dévouement par le service de nos frères et sœurs.
  • vitamine E de l’Evangélisation en étant disciples missionnaires.

Je vous propose un exercice tout simple. Vous faites partie d’un conseil paroissial, d’un groupe de prière ou de lecture biblique, des lecteurs ou des fleuristes, etc. ? Regardez si vous vivez bien les 5 essentiels, et lequel il faudrait développer pour que votre groupe porte plus de fruits. Vous pourrez aussi repérer dans votre vie chrétienne si vous recevez bien les cinq vitamines essentielles et quelle serait celle qui pourrait manquer à votre croissance.

Abbé Pascal Desthieux, vicaire épiscopal

«Body Worlds»: encore quelques questions

Après plusieurs opinions tranchées relayées par les médias, je suis arrivé un peu nerveux à l’exposition. Est-ce que l’exposition Body Worlds est trop forte, voire obscène; montre-t-elle un manque de respect du corps humain, de la dignité de la personne humaine, comme me le disait une amie? Par contre, mon fils, étudiant, avait dit: cela semble intéressant. Il y a eu trop de jugements faits avant même de voir l’exposition.

Dans la tradition chrétienne, le respect et la dignité du corps humain viennent de la conviction que le corps est le temple de l’Esprit saint. Dans cette perspective, et face à une vision dualiste qui oppose corps et âme, le salut n’est pas seulement pour l’âme, mais pour toute la personne, car avant d’avoir un corps, nous sommes corps.

Ainsi, avant d’entrer, je me demandais encore: «Est-ce que je suis prêt pour voir cette exposition?» Au risque de décevoir les lecteurs, je dois dire que l’exposition n’a été, pour moi, ni un spectacle macabre ni l’«exposition de ma vie». 

Bien faite, instructive, même si rien n’est nouveau dans les recommandations concernant la santé, qui occupent une bonne partie de l’exposition: bouger, faire attention au sel et au sucre, avoir une alimentation équilibrée et plutôt austère pour arriver à 100 ans en pleine forme. Tout ça, on le savait avant de venir!

L’exposition est bien conçue pour atteindre les objectifs qu’elle annonce: informer le grand public sur le fonctionnement du corps humain et les conséquences de maladies sur la santé et élargir leurs connaissances sur l’anatomie et la physiologie humaines.

Certains ont demandé l’interdiction de l’exposition, comme en France, avec pour raison le manque de respect dû aux corps de personnes décédées. Prétendre que la morbidité et le voyeurisme sont les principales raisons pour lesquelles les gens vont voir l’exposition est, à mon avis, très réducteur, même si je crois que la curiosité de voir ce qui est caché joue un rôle important.

Après cette visite et une discussion, mon fils et moi gardons le souvenir d’une exposition plutôt pédagogique où la vulgarisation scientifique offre des éléments pour une prise de conscience sur la valeur de la vie, sa fragilité, la complexité du corps humain et l’inévitabilité de la mort. Si j’adopte une perspective théologique, je dirais que l’exposition montre principalement le corps mis en scène comme une mécanique appelée à fonctionner efficacement, or pour moi il est don et moyen de rencontre et de transcendance malgré/avec ses faiblesses. Et il témoigne de plus que de nous-mêmes. Cette perspective est évidemment absente dans l’exposition.

Les questions éthiques restent sans réponse: jusqu’où peut-on aller dans la manipulation du corps humain après la mort, avec quels buts?

La réponse à ces questions appartient à chaque personne intéressée, soit-elle visiteur ou non. Cela appelle au discernement individuel et sociétal.

Guillermo Kerber Théologien laïc

Service de la formation à la mission ecclésiale – Eglise catholique romaine Genève (ECR)
Paru dans la Tribune de Genève le 26 octobre 2017 (Rubrique « L’invité »)

 

Journée mondiale du refus de la misère

Journée mondiale du refus de la misère

Il y a 30 ans, le père Joseph Wresinski, fondateur du mouvement ATD-Quart Monde, et des milliers de personnes se réunissaient sur le Parvis du Trocadéro à Paris pour poser une dalle où il est inscrit : « Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. »

Depuis ce jour, chaque 17 octobre, de nombreuses villes se mobilisent pour affirmer que la misère n’est pas une fatalité, mais qu’elle peut être combattue et vaincue. Pour cela, ses victimes doivent être associées au combat contre la misère plutôt qu’enfermées dans leurs difficultés ou jugées seules responsables de leur condition.

A Genève, depuis 2010, le « Collectif 17 octobre », composé de nombreuses institutions sociales et associations dont l’Eglise catholique romaine, célèbre cette Journée et inscrit ainsi notre ville dans cet élan mondial de réflexion.

Cette année, et pour la première fois, le Collectif a organisé le 14 octobre dernier le « Parlement des Inaudibles », un lieu où a résonné la voix des personnes en situation de précarité, une voix que l’on n’entend pas, parce que ceux qui la portent sont rendus invisibles : comme l’affirme le philosophe Guillaume Blanc, « les visages effacés sont d’abord des voix que l’on a effacées du concert des voix que devrait être une démocratie ». Ce jour-là, à partir des thèmes de la discrimination, du travail et du logement, ces « inaudibles » se sont exprimés devant des citoyens et des figures politiques invités à les écouter, eux les vrais « experts » de l’exclusion sociale.

Le Collectif souhaite souligner l’enjeu politique et social de cette réalité, car en stigmatisant les plus pauvres et les plus vulnérables, la société se permet d’exclure des groupes sociaux. Il est considéré normal que ceux qui vivent la pauvreté se cachent et se rendent invisibles. Ceux qui ne le font pas sont punis sévèrement par la loi. A Genève, la pauvreté est criminalisée : des centaines de personnes en situation de rue reçoivent une ordonnance pénale pour occupation abusive de l’espace public quand elles restent « trop longtemps » sur un banc dans un parc ou pour le « crime de mendicité » quand elles tendent la main pour appeler à la solidarité. Cela se déroule dans le silence assourdissant de nos consciences d’humains.

Une discrimination anti-pauvres s’est installée dans nos structures et dans notre imaginaire social. L’amalgame entre pauvres et profiteurs ou pauvres et fainéants n’est qu’un signe des efforts de notre société pour rendre invisibles et inaudibles les victimes de la misère.

La mendicité est une situation indigne. Depuis plusieurs années, l’Eglise est engagée avec d’autres auprès de personnes en situation de précarité. A chaque fois, nous faisons l’heureuse découverte de leurs ressources, leur créativité, leur enthousiasme et leur sens des responsabilités. Ces hommes et ces femmes sont capables de construire quelque chose de neuf et de différent lorsque nous leur tendons la main. Ne criminalisons pas les pauvres, accueillons leurs mains tendues et leur invitation à bâtir un monde meilleur qui refuse la misère.

Inès Calstas – Pôle Solidarités de l’Eglise catholique romaine (ECR) Genève

Paru dans la Tribune de Genève le 17 octobre 2017

Dimanche de la Mission Universelle

Le 22 octobre sera célébré le dimanche de la mission universelle dans toute l’Eglise catholique.

Missio propose cette année de vivre une communion plus étroite avec l’Église qui est en Inde.

L’interpellation que nous adressent nos frères et sœurs en Inde se résume par le thème de la campagne 2017 qui se décline en deux temps : « Rayonner Dieu, servir la vie ».

L’Inde est un pays où l’intériorité et la méditation ont une grande importance. Elles produisent de merveilleux fruits. Elles permettent par exemple d’être animés d’un feu intérieur, d’être profondément habités par la Présence de Dieu.

Et si Dieu est présent et vivant au plus profond de soi, alors on peut connaître une vraie joie de se mettre à la suite de Jésus, de se mettre au service de l’œuvre de Dieu, au service de la vie. 

Monseigneur Robert Miranda – qui figure sur l’affiche de la campagne – est à la tête du diocèse de Gulbarga depuis 2005. Il n’y a là que 8’000 catholiques, sur un territoire grand comme les 2/3 de la Suisse. Dans un contexte multi-religieux, ils donnent par leur vie un témoignage fort de l’amour de Dieu. L’Église catholique a implanté de très nombreuses écoles, dispensaires et services sociaux qui sont ouverts à tous.

«Cette année également, la Journée missionnaire mondiale nous rassemble autour de la personne de Jésus, « le premier et le plus grand évangélisateur » (Paul VI, Evangelii nuntiandi, n. 7), qui, continuellement, nous envoie annoncer l’Evangile de l’amour de Dieu le Père dans la force de l’Esprit Saint. Cette Journée nous invite à réfléchir à nouveau sur la mission au cœur de la foi chrétienne. En effet, l’Eglise est missionnaire par nature. Si ce n’était pas le cas, elle ne serait plus l’Eglise du Christ mais une association parmi tant d’autres qui, bien vite, finirait par épuiser son but et disparaître. »

PAPE FRANÇOIS, MESSAGE POUR LA JOURNÉE MONDIALE DE LA MISSION UNIVERSELLE 2017

 

Plus d’informations

Les cercles de silence, une nouvelle forme de résistance

 
Initiés par les frères franciscains de Toulouse en 2007, les cercles de silence se multiplient partout en Europe. On en recense aujourd’hui 180. Des citoyens de tous horizons (chrétiens, musulmans, bouddhistes, juifs, athées, militants de tous les bords et des politiques) se réunissent pour dénoncer la situation des sans-papiers. 
 
A Genève, les Cercles de silence existent depuis janvier 2011 à raison de 6 par année. 
 
Les membres des Cercles de silence désirent aller au-delà des mots et des cris. Pendant une heure, les hommes et les femmes réunis ne bougent pas, ne martèlent aucun slogan, ne brandissent aucun poing et seuls quelques-unes et quelques-uns portent sur leurs dos des pancartes.
 
« Nous invitons seulement chacun à écouter sa propre conscience et à découvrir que nous pouvons être actifs dans la société sans être prisonniers d’une idéologie… », explique le frère Richard. Car « cela équivaudrait à affirmer la solution, imposer notre manière de voir. », 
 

La philosophie de la non violence

La Satyâgraha ou « étreinte de la vérité » (satya, vérité; agraha, saisie) est le principe de la non-violence instauré par Gandhi, basée sur la maîtrise de soi et le respect de la vérité. Le frère Richard avoue « La non-violence invite à une aventure intérieure en vérité. J’ai mis des années à approfondir ce lien si fort entre Evangile et non-violence. Le Mahatma Gandhi s’étonnait ; seuls les chrétiens ne voient pas que Jésus est non violent ». 
 
Alain Richard est depuis longtemps impliqué dans des réseaux d’actions non violentes tels que les Brigades Internationales de la Paix, Pace e Bene et Franciscans International. Cet homme charismatique âgé de 88 ans, avoue « je suis très ému de cette flambée de mobilisation…L’histoire continue ! C’est ensemble que nous pouvons défendre l’être humain parce que c’est urgent. Oui, c’est vraiment urgent ! »
 
Le Cercle de silence « Genève » est composé de citoyens dont certains sont membres de l’EPG, l’ECR, l’AGORA….. 
 
Ines Calstas
 

Crédit photo Nicole Andreetta

Date du prochain cercle du silence 

En marche à vos côtés