Révélation : une expérience impossible ? Conférence de Jean-Luc Marion – 25 septembre

Conférence de Jean-Luc Marion: «Que signifie le concept de Révélation?» Mardi 25 septembre, 18h15 Uni Bastions, Aula B 106. Entrée libre.

La Faculté de théologie de notre alma mater accueille, cet automne,  Jean-Luc Marion, de l’Académie française, professeur honoraire à l’Université Paris-IV Panthéon Sorbonne, professeur à l’Université de Chicago, pour un cours de théologie catholique et de philosophie, financé par l’Eglise catholique romaine (ECR), centré sur la signification du concept de Révélation.

Trois question au professeur Jean-Luc Marion

ECR : Vous qui enseignez à Paris et à Chicago, vous allez maintenant le faire dans la Cité de Calvin. Pour un catholique comme vous, cela a-t-il une saveur particulière ?

Jean-Luc Marion (JLM) : D’abord, c’est amusant. Je suis maintenant chez Calvin et c’est comme cela que je conçois l’œcuménisme. L’œcuménisme ne consiste pas à discuter sur les divisions passées, cela consiste à mettre en commun les ressources dont nous disposons chacun de notre côté pour affronter des problèmes qui nous sont communs. J’ai donc l’impression de faire de l’œcuménisme comme il se doit d’être fait.

ECR : Que  pourriez-vous dire à vos futurs étudiants sur le concept de révélation pour leur donner encore plus envie d’assister à votre cours ?

JLM : Je dirais qu’il n’y a rien de plus rationnel que l’explication d’un concept théologique de révélation. Je voudrais disqualifier l’opposition entre la révélation et la raison, entre la foi et la raison et surtout requalifier la révélation comme une expérience fondamentale de la phénoménalité, de l’apparition des phénomènes.

ECR: Genève se veut très laïque. Que pensez-vous de cette confrontation permanente entre laïcité et religion ?

JLM : Tout d’abord, vous vous vantez un peu d’être la ville la plus laïque du monde. Toutes celles dans lesquelles je suis passé se prétendent comme telles. Je tiens à vous rassurer, vous êtes dans la moyenne ! La classe politique est donc encore à l’école des Lumières selon l’idée que les religions étaient appelées à disparaître de l’espace public. Ce que découvrent, en étant stupéfaits, nos dirigeants, tous pays confondus, est qu’ils se trompent. L’Islam d’ailleurs sert à cela. Remercions nos amis musulmans d’avoir démontré un peu brutalement parfois que les religions – au pluriel un peu douteux – devaient disparaitre de l’espace public n’est pas une plaisanterie mais plutôt une énorme erreur. Qui plus est, c’est impossible. Partout dans le monde le phénomène religieux est en expansion. Il faudrait que les politiques l’admettent. Leur problème est d’arriver à maintenir la neutralité de l’Etat précisément parce que la société n’est pas neutre. Ceux qui croient ne pensent pas tous de la même manière et il en va de même pour ceux qui ne croient pas. Si l’on veut éviter des guerres civiles, l’Etat doit rester neutre religieusement, justement parce que la société est traversée par différents courants. Ce n’est pas en transformant la neutralité de l’Etat en interdiction de la religion dans la société que le problème sera réglé. Interdire les religions, ce n’est pas possible. Donc soyons réalistes, soyons vraiment politiques, pour une fois. Aidons les religions à vivre ensemble, faisons leur confiance car elles peuvent  faire beaucoup de choses que le pouvoir politique ne peut pas faire, notamment en terme de solidarité et de fraternité. Et surtout ne croyons pas que ce serait l’intérêt des nations de museler les religions. Car elles sont les alliées et non les adversaires de l’unité nationale. Le jour où les politiques comprendront cela, nous aurons fait un grand progrès. Evidemment, ils doivent cesser de raisonner tel qu’on leur a appris à Sciences Po, c’est-à-dire avec des schémas mentaux dépassés. Je sais bien que cela est polémique, peut-être grossier et injuste, mais il est nécessaire de le dire. Et finalement, le concept de laïcité ne devrait pas être employé !

Philosophe, membre de l’Académie française depuis 2008 et Chevalier de la Légion d’honneur, Jean-Luc Marion est professeur honoraire à l’Université Paris-IV Panthéon Sorbonne et professeur à l’Université de Chicago. Mondialement connu, il est l’un des plus grands philosophes chrétiens vivant.

L’enseignement qu’il proposera durant un semestre de cours en enseignement catholique à la Faculté de théologie de l’UNIGE se situera entre la théologie systématique et la philosophie, et traitera du concept de Révélation. Plus d’informations:  ici.

30 ans de l’AGORA: Mgr Gmür plaide pour l’accueil de l’étranger

Invité à l’occasion des 30 ans de l’Aumônerie genevoise œcuménique auprès de requérants d’asile et des réfugiés (AGORA), Mgr Felix Gmür, évêque de Bâle, a fermement défendu, le 10 septembre 2018, à Genève, l’engagement des Eglises en faveur de l’accueil de l’étranger, selon les paroles mêmes de Jésus.

Pour l’évêque de Bâle, la totalité des actions menées en faveur des requérants d’asile et des réfugiés trouve sa source dans le chapitre 25 de l’évangile selon saint Matthieu. “Le Christ ne nous dit pas: “J’étais étranger et vous avez créé des groupes de discussion, vous avez fait des propositions de lois, des arrêtés et des ordonnances puis enfin vous avez avancé des pistes de mise en oeuvre”. Il nous dit simplement: “J’étais étranger et vous m’avez accueilli”. Le Christ s’identifie à ceux et celles qui sont dans le besoin. Les actions que Jésus nous demande d’accomplir sont très concrètes.

Si le rôle de l’Eglise n’est pas de faire de la politique, elle ne doit pas rester cachée “dans la sacristie”, mais donner des critères afin que les fidèles puissent se forger leur propre opinion.”L’Eglise n’est pas un instrument pour discipliner les gens”. Bien au contraire, elle doit rester sur le qui-vive et s’opposer fermement au repli identitaire.

Non à l’exportation d’armes

“Il n’est pas juste de sacrifier des vies ailleurs pour sauver cinq mille postes dans l’industrie de l’armement”, s’indigne Félix Gmür. Lutter contre la décision du Conseil Fédéral permettant d’exporter des armes dans des pays en guerre civile est un exemple concret pour lequel le président élu de la Conférence des évêques suisses (CES) s’engage. “Un petit combat peut-être, mais de cette manière nous nous opposons aussi à la création de nouveaux réfugiés”. Le travail de l’AGORA est depuis trente ans, la matérialisation de la lutte et de l’engagement chrétien pour les personnes fuyant les conflit armés, relève l’évêque de Bâle.

Ne pas réduire le message évangélique à une morale

“L’asile est un lieu permettant de trouver, je l’espère, un peu de paix”, souligne Félix Gmür. Ce jubilé de l’AGORA lui permet de rappeler que le cœur du message chrétien réside dans ce souci de l’autre. “L’amour de Dieu et du prochain se conditionnent. L’un ne va pas sans l’autre”, affirme-t-il à l’assemblée réunie au Temple de Plainpalais, à Genève. Pourtant, les Eglises ont complexifié le message évangélique, jusqu’à parfois lui faire dire l’inverse de ce qu’il devrait. “Je mentionne ici les contre-témoignages d’un bon nombre de clercs ayant abusé de leur pouvoir pour maltraiter et violer, et de ceux partis faire la guerre au nom de la foi”, dénonce Félix Gmür. “Pour finir, nous oublions le message évangélique, au profit de la morale. Notre message semble si compliqué qu’il ne suscite plus d’intérêt”, regrette l’évêque. Qui conclut en rappelant que la foi chrétienne tire toute sa beauté du fait qu’elle est agissante et concrète.

Myriam Bettens pour cath.ch

Revivre après une séparation ou un divorce – 6 octobre

La séparation et le divorce causent toujours des souffrances considérables. Une relation brisée a un impact social et émotionnel très important et peut paraître irréversible. L’Eglise catholique à Genève a le souci d’accompagner ces vécus et souhaite proposer aux personnes concernées une offre spécifique, un chemin de guérison avec un espace de partage, de relecture spirituelle et de reconstruction de soi avec un parcours spécifique, ‘Revivre’. Lors d’une matinée ouverte à toutes et à tous, le samedi 6 octobre, la Pastorale Familiale vous invite à une présentation de ce parcours : à qui s’adresse-t-il ? En quoi consiste-il ? Comment se déroule-t-il ? L’étape suivante sera l’organisation d’un parcours ‘Revivre’ à Genève au printemps.

En Suisse romande, le parcours Revivre pour les personnes ayant vécu une séparation ou un divorce est déjà présent, mais à Genève il n’existe pas une telle proposition de la part de l’Eglise, observe Anne-Claire Rivollet, responsable de la Pastorale Familiale.

« Cette nouvelle proposition s’inscrit à la suite de l‘Exhortation post-synodale sur l’amour dans la famille Amoris laetitia (2016) et de la brochure « Divorcé (e) ? L’Eglise vous accueille » publiée en début d’année par l’ECR pour communiquer la volonté de l’Eglise catholique à Genève d’accompagner les personnes en situation de séparation ou de divorce.

Una matinée en octobre

« Avec l’association Alphalive, nous souhaitons proposer un chemin de guérison, de relecture de vie et un chemin spirituel pour les personnes blessées suite à une séparation ou un divorce. La matinée de présentation du cours que nous organisons le samedi 6 octobre est un préalable pour mesurer la demande et sonder les besoins. Cette matinée est ouverte à toutes et à tous : les personnes concernées bien sûr, mais également les prêtres et les agents pastoraux laïcs », précise Anne-Claire Rivollet.

Un parcours au printemps

Le parcours lui-même est prévu au printemps prochain. Il comporte en général sept soirées pour aborder plusieurs registres : témoignages, outils pour avancer, le pardon et la réconciliation, les questions juridiques ou les impacts sur les enfants et les proches. Sa particularité est d’être porté par des personnes qui ont elles-mêmes vécu une séparation ou un divorce. « C’est un élément important dans la dynamique du parcours », explique Pascal Dorsaz, responsable de la Pastorale des familles du canton de Vaud, qui a déjà organisé plusieurs parcours Revivre dans la région lausannoise.

Le parcours fait appel à des clés de lecture chrétiennes, à des experts externes et propose des moments de partage et de discussion en petits groupes.

« Lors de la dernière soirée, on mesure vraiment le chemin parcouru et ça me touche de voir ces personnes qui arrivent souvent démoralisées retrouver les raisons d’espérer et d’aller de l’avant », conclut Pascal Dorsaz.

Matinée d’information et de témoignages pour découvrir le parcours « Revivre » 

SAMEDI 6 OCTOBRE 2018 

Lieu:  Paroisse Saint-Pie-X

(Carrefour du Bouchet – 2, ch. du Coin-de-Terre 1219 Châtelaine – Parking à proximité)

Déroulement :

 9h00 – 9h30 : Accueil, café

9h30 – 10h15 : REVIVRE, un chemin de guérison au coeur de la souffrance : témoignages

10h15 -10h45 : Pause

10h45 -11h30 : Présentation du parcours REVIVRE

11h30 -12h30 : Information sur l‘organisation pratique des soirées

Echange et questions avec les participants

Organisé par : Pastorale familiale GE ete comité REVIVRE

Contact :pastorale.familiale-ge@cath-ge.ch – 022 796 20 01

www.cours-revivre.ch

 

Fête des 30 ans de l’AGORA du 10 au 16 septembre 2018

L’Aumônerie Genevoise Œcuménique auprès des Requérants d’Asile et des réfugiés (AGORA) fête 30 ans d’engagements ! Voilà trois décennies que l’AGORA a été fondée par les trois Eglises chrétiennes historiques de Genève pour accueillir et accompagner les requérants d’asile et les réfugiés.

 

A l’occasion de cet anniversaire, l’AGORA organise une semaine de manifestations publiques du 10 au 16 septembre avec des conférences et  des cafés philosophiques. Parmi les intervenants, l’évêque de Bâle, Mgr Félix Gmür, la docteure en droit Anne-Cécile Leyvraz, la directrice d’Amnesty Suisse, Manon Schick, ou encore la professeure de théologie, Élisabeth Parmentier.

 

La semaine s’achèvera avec une journée festive le dimanche 16 septembre au Centre paroissial œcuménique de Meyrin. Au programme, une célébration œcuménique, un spectacle des Théopopettes et un apéritif dînatoire. A l’heure habituelle de la messe et du culte radiodiffusés (Espace 2 de 9h06 à 11h00), les auditeurs de la Radio Suisse romande pourront s’associer à cette matinée œcuménique.

Toutes les informations et le programme

Chrétiens, donc missionnaires !

Quel beau cadeau pour notre Eglise cantonale d’accueillir la visite du Saint-Père à Genève ! Le 21 juin 2018 restera gravé dans nos mémoires. Nous avons été touchés par la joie de beaucoup, bien au-delà des pratiquants réguliers, de pouvoir rencontrer le pape, le voir de près et l’écouter. Cette messe à Palexpo a été un temps fort missionnaire !

D’ailleurs, dans son discours au Conseil Œcuménique des Eglises, François a insisté sur le lien entre l’œcuménisme et la mission : « La mission est adressée à tous les peuples et chaque disciple, pour être tel, doit devenir apôtre, missionnaire (…) Ce dont nous avons véritablement besoin, c’est d’un nouvel élan évangélisateur. Nous sommes appelés à être un peuple qui vit et qui partage la joie de l’Evangile, qui loue le Seigneur et sert les frères, avec l’âme qui brûle du désir d’ouvrir des horizons de bonté et de beauté inouïs à qui n’a pas encore eu la grâce de connaître vraiment Jésus. Je suis convaincu que, si le souffle missionnaire grandit, l’unité entre nous grandira aussi. »

Comment vivre la mission dans nos paroisses ? J’ai lu cet été ce best-seller passionnant de Rick Warren, Une Eglise motivée par l’essentiel. Un passage m’a particulièrement marqué : ce pasteur, qui a fondé une grande communauté dans le sud de la Californie, conseille de ne pas commencer par donner des formations au « noyau », c’est-à-dire aux 50 personnes engagées dans toutes les activités, chrétiennes de longue date et avec peu d’amis non-croyants auxquelles elles peuvent témoigner : cela risque de former un clan auquel les nouveaux auront du mal à s’intégrer. Et la communauté ne grandira pas. Au contraire, il invite à partir de l’extérieur, des nouveaux arrivés, qui pourront devenir membres de la communauté en ayant expérimenté la communion fraternelle et s’engager dans un ministère après avoir suivi une formation.

Alors, en cette rentrée pastorale, veillons à accueillir de nouvelles personnes dans nos conseils et les différents groupes de bénévoles de nos paroisses. Discernons quel engagement, quel ministère correspond à leur charisme. Proposons-leur une formation adéquate. C’est ainsi que notre Église sera rayonnante, pourra se déployer et que la Bonne Nouvelle sera annoncée à de nombreuses nouvelles personnes !

Suggestions de lectures :
Rick Warren, Une Eglise motivée par l’essentiel. La croissance sans compromettre le message et la mission, Ed. Motivé par l’essentiel, 2010.
Michael White et Tom Corcoran, Rebuilt. Histoire d’une paroisse reconstruite, Préface par le cardinal Timothy M. Dolan, Néhémie, 2015.
James Mallon, Manuel de survie des paroisses. Pour une conversion pastorale, Artège, 2015.

Abbé Pascal Desthieux, vicaire épiscopal

En marche à vos côtés