Noé

Séance le jeudi 4 mai à 19h30 

Débat : LA TENTATION DE L’INTÉGRISME
Jeudi 4 mai à 21h50 après la séance de 19h30

 

L'histoire

Noé, un père de famille, reçoit un message de Dieu au cours d'un rêve : la Terre s'apprête à subir un déluge apocalyptique, car l'homme a corrompu le monde à force de violence et d'avidité. Il part alors avec sa femme et leurs trois enfants (deux fils et une fille adoptive) sur le mont Ararat et entreprend la construction d'une arche monumentale pour mettre à l'abri toutes les espèces existantes et préserver ainsi la vie sur Terre. Mais le seigneur de guerre Tubal-Cain, qui règne sur ce monde dévasté depuis qu’il a tué le père de Noé, découvre son plan et lance ses hommes à l’assaut de l’arche...

 

Le point de vue de Norbert Creutz

Projet audacieux entrepris au lendemain du succès commercial de Black Swan, Noé n’a guère été apprécié par la critique à sa sortie. C’est pourtant un rare exemple de superproduction hollywoodienne vraiment personnelle. Un film qui, s’il donne le change au spectateur avide de grand spectacle avec ses effets spéciaux numériques et sa 3D (vraiment travaillée), sans oublier quelques séquences d’action à large figuration, n’en est pas moins hautement original dans son style et sincère dans sa relecture passionnée de la Genèse. Après John Huston (La Bible, 1966) et Ermanno Olmi (Genèse: la Création et le Déluge, 1994), Darren Aronofsky n’est que le troisième cinéaste à se pencher sur Noé, imaginant un personnage de visionnaire tyrannique et tourmenté plutôt que le sage patriarche de l’iconographie traditionnelle.

 

L'auteur

L’un des cinéastes américains les plus originaux du moment, Darren Aronofsky, né à New York en 1969, est aussi un de ceux qui assument le plus ouvertement leur culture juive. Après des études de cinéma à l’université de Harvard, son premier film indépendant en noir et blanc, Pi, lui vaut d’emblée un prix de réalisation au festival de Sundance et une réputation de cérébral. Cinéaste des spirales autodestructrices – Requiem for a Dream d’après Hubert Selby Jr., The Wrestler, Black Swan –, il a révélé une veine plus métaphysique dans l’étrange The Fountain, histoire d’amour (avec sa compagne d’alors Rachel Weisz) sur fond de cosmogonie Maya. Encore plus ambitieux, Noé est sa première superproduction.

 

Citation

«Comme le titre l’indique, le film laisse tomber l’Arche au profit de l’homme, son conflit moral ravageur, la tempête diluvienne pas seulement sur les terres mais avant tout dans son crâne.

En inventant à Noé une constellation de conflits familiaux délétères, Aronofsky métamorphose la fable biblique en tragédie brutale.» Jean-Marc Lalanne, Les Inrockuptibles

 

 États-Unis, 2014, 138 minutes, VO A – ST F
Réalisation : Daren Aronofsky
Scénario : Darren Aronofsky, Ari Handel
Photographie : Matthew Libatique
Musique : Clint Mansell
Interprétation : Russell Crowe (Noé), Jennifer Connelly (Naameh), Ray Winstone (Tubal-Cain), Anthony Hopkins (Mathusalem), Emma Watson (Ila), Logan Lerman (Ham), Douglas Booth (Shem), Marton Csokas (Lamech)
Production : Darren Aronofsky, Scott Franklin, Arnon Milchan, Mary Parent ; Paramount Pictures, Regency Enterprises