Le Message

Séance le dimanche 7 mai à 14h00

Débat : Muhammad, le visage de l’Islam ?
Dimanche 7 mai à 16h50 après la séance de 14h00

L'histoire

Le Message raconte l'histoire des origines de l'Islam, commencée à la Mecque en 610 alors que l'Occident plonge dans le Moyen Âge et beaucoup de civilisations disparaissent. On suit les premiers enseignements de Mahomet âgé de 40 ans, ses révélations, la persécution de ses disciples, son bannissement, son accueil à Médine, le pèlerinage à la Mecque, la conquête de la ville, la destruction des idoles et sa mort en 632. L’acteur Anthony Quinn incarne Hamza, l’oncle du prophète dans la version anglaise.

 

Le point de vue d’Emmanuel Tagnard

Cette superproduction religieuse est une passionnante fresque épique qui prend forme au milieu des dunes de sable, sous le soleil du désert. D’emblée, un carton introductif souligne que les plus hautes instances intellectuelles de l’Islam l’ont validée. Akkad désamorce ainsi les critiques mais renforce son approche didactique. Respectant l’injonction de ne jamais montrer le visage du prophète, il utilise l’astuce de plans subjectifs. Lorsque les protagonistes s’adressent au prophète, ils s’adressent en fait à nous, spectateurs, établissant ainsi un étrange lien avec le public comme s’il s’agissait de voir les scènes à travers les yeux de Mahomet lui-même. Troublant et efficace. Malgré toutes ces précautions, le film ne passe jamais sur les chaînes de télévision musulmanes, sauf en Turquie, en Algérie et en Tunisie.

 

L'auteur

Né en 1930 à Alep (Syrie) et arrivé à 19 ans aux États-Unis en rêvant de cinéma, Moustapha Akkad en a 45 lorsqu’il réalise et produit Le Message. Face aux réticences de Hollywood, il réunit des financements koweïtiens, marocains, libanais et libyens. Pour éviter de froisser les sensibilités, il consulte plusieurs savants musulmans et finit par tourner deux versions, l’une à l’intention des pays occidentaux et l’autre des pays arabes. Par ailleurs heureux producteur du grand succès de l’épouvante Halloween (John Carpenter, 1978), il en fait discrètement sa rente en autorisant sept suites mais ne réussit à réaliser qu’un seul autre film : Omar Mukhtar, Lion of the Desert (1980, sur un héros de l’indépendance lybienne). Sa vie se termine tragiquement en 2005 : il est tué par Al-Qaïda avec sa fille dans un attentat-suicide à Amman (Jordanie).

 

Citation

«Je considère que c'est mon devoir de dire la vérité par rapport à l'islam. C'est une religion qui comporte 700 millions de fidèles, et pourtant, si peu est su à son propos que c'en est surprenant. J'ai pensé que raconter cette histoire créera un pont avec l'Occident[].» Moustapha Akkad

 

Royaume-Uni – Lybie – Koweit – Maroc – Liban, 1976, 171 minutes,  VO A – ST
Réalisation et production : Mustapha Akkad
Scénario : H.A.L. Craig et Tewfik El-Hakim
Photographie : Said Baker, Jack Hildyard, Ibrahim Salem
Musique : Maurice Jarre
Interprétation : Anthony Quinn (Hamza), Irène Papas (Hind), Michael Ansara (Abu Sofyan), Johnny Sekka (Bilal), Michael Forest (Khalid), Garrick Hagon (Ammar), Damien Thomas (Zaid), Richard Johnson (narrateur)
Production : Filmco International Productions