La Tunique

Séance le jeudi 4 mai à 13h30

Débat : PÉPLUM, MAUVAIS GENRE !
Jeudi 4 mai mai à 15h45 après la séance de 13h30

 

L'histoire

Protégé de l'empereur Tibère, dont il aime la pupille Diana, le jeune tribun Marcellus est en revanche vu d'un mauvais oeil par le prince régent Caligula. S’estimant offensé lors d’une vente d'esclaves où Marcellus remporte le Grec Demetrius, Caligula se venge en l'envoyant en Palestine. Marcellus y assiste à la crucifixion de Jésus et, en jouant aux dés, gagne sa tunique. Revenu à la cour impériale de Capri mais taraudé par le remords, il se convertit au christianisme à la suite de Demetrius, devenu un disciple de l’apôtre Pierre. Mais Tibère meurt et Caligula, devenu empereur, se met à persécuter les chrétiens...

 

Le point de vue de Norbert Creutz

Exemple type du péplum biblique hollywoodien, deux ans après le fondateur Quo Vadis (Mervyn LeRoy, 1951), La Tunique est sans doute plus à considérer comme un produit de son temps que comme un film d’auteur. Il n’empêche que le roman du pasteur-écrivain Lloyd C. Douglas (1942), qui évoque comme celui de Sienkiewicz la christianisation de l’Empire romain non sans prendre ses libertés avec l’Histoire, a inspiré un excellent spectacle. Le film mêle habilement aventure, mélodrame et message religieux, ses scénaristes – l’émigrée juive Gina Kaus, le socialiste «blacklisté» Albert Maltz et leur protecteur Philip Dunne – délivrant un vibrant plaidoyer pour la liberté de pensée. Comme dans les postérieurs Ben-Hur (William Wyler, 1959) et Barabbas (Richard Fleischer, 1961), on y croise furtivement la figure du Christ, inspirateur d’une conversion édifiante.

 

L'auteur

Né Hermann Kosterlitz à Berlin, Henry Koster (1905-1988) est l’un des principaux cinéastes juifs allemands qui trouvèrent refuge à Hollywood. Scénariste puis réalisateur, il signa des films un peu partout en Europe avant de rejoindre les États-Unis en 1936. Spécialiste de la comédie, il a plusieurs fois abordé des thèmes religieux, de la comédie Honni soit qui mal y pense (The Bishop’s Wife, 1947) à L’Histoire de Ruth (1960). Un peu bizarrement choisi pour réaliser l’adaptation du best-seller biblique La Tunique, premier film à sortir en format large CinemaScope, cet honnête artisan réussit à en faire un gros succès commercial, aussitôt doté d’une suite confiée à Delmer Daves, Demetrius and the Gladiators.

 

Citation

«À bien des égards, La Tunique marche sur les traces de Quo Vadis. La principale différence réside dans la conversion du héros romain. Là où Robert Taylor paraît se convertir par caprice ou désir pour Deborah Kerr, Richard Burton, lui, traverse réellement une expérience mystique après avoir été le témoin de la crucifixion de Jésus. Les conséquences sont plus ou moins les mêmes, quoique là encore, seul La Tunique a vraiment le courage de ses convictions en renonçant à un happy end.» Erik Beck

 

États-Unis, 1953, 135 minutes, VO A – ST F
Réalisation : Henry Koster
Scénario : Gina Kaus, Albert Maltz, Philip Dunne, d’après le roman de Lloyd C. Douglas
Photographie : Leon Shamroy
Musique : Alfred Newman
Interprétation : Richard Burton (Marcellus Gallio), Jean Simmons (Diana), Victor Mature (Demetrius), Michael Rennie (Peter), Jay Robinson (Caligula), Dean Jagger (Justus), Torin Thatcher (sénateur Gallio), Richard Boone (Ponce Pilate), Betta St. John (Miriam), Jeff Morrow (Paulus), Ernest Thesiger (Tibère)
Production : Frank Ross, Twentieth Century Fox