La résurrection du Christ

Séance le mercredi 3 mai à 20h30

Débat : PEUT-ON-FILMER UN RESSUSCITÉ
Mercredi 3 mai à 22h15 après la séance de 20h30

 

L'histoire

En l’an 33 de notre ère, un centurion romain nommé Clavius est chargé par le préfet de Judée Ponce Pilate de superviser la crucifixion de l'Hébreu Yeshua (Jésus) de Nazareth, ce dont il s’acquitte sans trop d’états d’âme. Lorsque son corps disparaît mystérieusement, c’est le même Clavius qui mène l’enquête avec son aide de camp Lucius. Alors que la rumeur se répand sur la résurrection de ce Messie qui guidera le peuple vers sa libération, ils vont tenter d’étouffer tout risque d’insurrection. En présence des apôtres et de Marie-Madeleine, l’évidence d’événements miraculeux commence cependant à faire vaciller Clavius.

 

Le point de vue de Norbert Creutz

Produit dans le contexte du «revival» biblique » lancé par La Passion du Christ de Mel Gibson (2004), ce film au scénario original résolument apocryphe est un drôle de mélange. D’un côté, avec son tribun romain rattrapé par le doute (ou plutôt la foi), il renoue avec la tradition hollywoodienne de La Tunique, si affectueusement mise en boîte par les frères Coen dans Hail, Caesar! De l’autre, à la tête d’une équipe rompue au cinéma d’horreur, déplacée en Espagne et à Malte, le réalisateur joue plus où moins habilement avec les impératifs spectaculaires actuels. Il faut avouer que ceux-ci finissent par desservir son propos. Entre un Joseph Fiennes impeccable et le Jésus incarné par l’acteur... maori Cliff Curtis, la grâce peine à passer. Il n’empêche qu’on peut prendre un certain plaisir (coupable?) à ce suspense rondement mené, qui n’a de biblique qu’un lointain souvenir.

 

L'auteur

Né en 1952 au Texas, Kevin Reynolds est venu au cinéma après des études de droit et une brève carrière d’avocat. Etudiant en cinéma à l’Université de Californie du Sud, il y écrit le scénario de L’Aube rouge de John Milius et réalise un court-métrage repéré par Steven Spielberg, qui l’aide à le transformer en son premier long, Fandango (1985). Reynolds en retrouvera la vedette, Kevin Costner, pour Robin des Bois, prince des voleurs et Waterworld. Alternant les hauts et les bas, sa carrière hollywoodienne dénote une prédilection pour les grands espaces (La Bête de guerre, Rapa Nui) et les sujets historiques (La Vengeance de Monte-Cristo, Tristan & Yseult) sans qu’on puisse y distinguer la patte d’un vrai auteur.

 

Citation

« L’originalité du film est de substituer au catéchisme attendu, avec son cortège de passages obligés, un récit d’investigation quasi policier et finalement assez sobre, au cours duquel le sceptique Clavius se rend peu à peu au miracle et à la foi. Cela n’empêche pas pour autant la mise en scène de verser dans le pompiérisme, certes inhérent au genre. (...) Mais le souci d’efficacité contribue surtout à rationaliser les mystères évangéliques et autres épisodes miraculeux.» - Mathieu Macheret, Le Monde

 

États-Unis, 2016, 102 minutes, VO A – ST F
Réalisation : Kevin Reynolds
Scénario : Paul Aiello et Kevin Reynolds
Photographie : Lorenzo Senatore
Musique : Roque Banos
Interprétation : Joseph Fiennes (Clavius), Peter Firth (Ponce Pilate), Tom Felton (Lucius), Cliff Curtis (Yeshua), Maria Botto (Marie Madeleine)
Production : Mickey Liddell & Pete Shilaimon, LD Entertainment, Patrick Aiello