Jésus de Montréal

Séance le vendredi 5 mai à 14h00 

 

L'histoire

Le curé d’une importante église engage Daniel, de retour à Montréal, pour monter une Passion du Christ rafraîchie, inspirée de l'Evangile selon saint Marc. Le jeune comédien et metteur en scène réunit sa troupe et tous ensemble, ils imaginent un spectacle provocant et déroutant, qui fait scandale. Lors d'une représentation chahutée, la lourde croix tombe sur Daniel, qui doit être transporté en urgence à l’hôpital. Mais ce dernier est aussi bondé qu’inhospitalier et il repart en état de choc, s’identifiant au Christ jusqu’à tenir un dernier discours sur l'amour humain dans le métro, devant des gens indifférents.

 

Le point de vue de Norbert Creutz

Et si Jésus revenait, mourait et ressuscitait à Montréal, de nos jours? À partir de ce postulat pour le moins osé, Denys Arcand a imaginé un film étonnant, qui restera sans doute son chef-d’oeuvre. Le satiriste froid de «La Maudite galette» et du Déclin de l’empire américain, où tout tournait respectivement autour de l’argent et du sexe, se confirme ici un moraliste paradoxal avec bien plus de cordes à son arc. Formidablement interprété mais également d’une beauté souvent étonnante, Jésus de Montréal mêle le sacré et le profane, conjugue l’humour et l’émotion pour la plus haute réflexion. À travers cette parabole où le message d’amour chrétien bute sur tous les travers et contradictions de la vie moderne, on devine la sincérité d’un auteur profondément déchiré sur la question religieuse. Et qui parvient ainsi à s’adresser à tous, chrétiens, athées ou agnostiques.

 

L'auteur

L’un des principaux cinéastes canadiens, Denys Arcand est né en 1941 et a étudié l’histoire à l'Université de Montréal. Il entre ensuite à l'O.N.F. (Office National du Film) pour laquelle il tourne plusieurs courts métrages documentaires, dont certains font polémiques. Après trois fictions (La Maudite Galette, Réjeanne  Padovani, Gina) qui confirment ses préoccupations politiques, il se replie pendant une décennie à la TV. Il revient avec Le Déclin de l’empire américain (1986), son plus grand succès et premier volet d’une trilogie complétée par Les Invasions barbares (2003) et L’Âge des ténèbres (2007). Autre sommet de sa carrière, Jésus de Montréal (1989) remporte un Prix du jury au Festival de Cannes.

 

Citation

«Un jour, j’ai revu un jeune comédien barbu que j’avais connu glabre quelques mois auparavant. Chaque soir, il jouait pour les touristes le «Chemin de la croix» sur le mont Royal, la montagne qui domine Montréal. Comment pouvait-il dire le soir: «Celui qui gagnera sa vie la perdra», et le lendemain matin se présenter à une audition pour un film érotique ou une publicité? C’est de cette contradiction qu’est né Jésus de Montréal, en juxtaposant à des thèmes de la Passion selon saint Marc mes souvenirs d’enfant de chœur dans un village perdu, catholique depuis des siècles, et mon expérience quotidienne de cinéaste dans une grande ville cosmopolite.» - Denys Arcand

 

Canada – France, 1989, 119 minutes, VO F
Réalisation et Scénario : Denys Arcand
Photographie : Guy Dufaux
Musique : Jean-Marie Benoît, François Dompierre et Yves Laferrière
Interprétation : Lothaire Bluteau (Daniel Coulombe/Jesus), Catherine Wilkening (Mireille), Johanne-Marie Tremblay (Constance), Rémy Girard (Martin), Robert Lepage (René), Gilles Pelletier (Leclerc), Yves Jaques (Richard Cardinal), Roy Dupuis (Marcel Brochu), Marie-Christine Barrault (Madame Fameuse
Production : : Roger Frappier et Pierre Gendron, Max Films Production