Je vous salue Marie

Séance le mercredi 3 mai à 17h30

Débat : L’INCARNATION SELON JEAN-LUC GODARD
Mercredi 3 mai à 19h15 après la séance de 17h30

 

L'histoire

La Suisse, au début des années 80. Marie, fille d'un garagiste, attend un enfant mais est toujours vierge. Sa sincérité finit par vaincre la jalousie de Joseph qui devra se contenter de quelques regards sur la nudité de la jeune femme. Après une révolte verbale contre Dieu, Marie accepte d’assumer la nativité céleste et met au monde Jésus, un petit garçon turbulent.

 

Le point de vue de Bertrand Bacqué

Lorsque Godard réalise Je vous salue Marie, son œuvre connaît une seconde apogée, après le feu d’artifice des années soixante. Sauve qui peut (la vie), Passion et Prénom Carmen connaissent des succès critiques et publics. Dans ce contexte, Je vous salue Marie est un peu à part. Sa genèse aura été longue et difficile, et sa réception suscita la polémique et de vives réactions de la part des catholiques intégristes. Inspiré par L’Évangile au risque de la psychanalyse de Françoise Dolto ou les photographies prises par le professeur Charcot à la Pitié Salpêtrière, le film navigue entre psychanalyse et mystique, mais pose aussi la question de la réception du message divin dans un monde déchristianisé. Grâce à sa poétique, tiraillée entre le verbe et l’image, la chair et l’esprit, Godard offre une réinterprétation originale de l’une des questions centrales du christianisme : le mystère de l’Incarnation.

 

L'auteur

Mythe vivant du 7e art, Jean-Luc Godard, réalisateur franco-suisse né à Paris en 1930, a réalisé plus de quatre-vingts films, dont certains sont considérés comme des chefs-d’œuvre du cinéma. Avec une inventivité inégalée, il a abordé tous les genres : fiction, documentaire, essai, journal intime, ciné-tract, pub, clip… Les spécialistes divisent sa carrière en cinq périodes : les années 50 ou les années «Cahiers» ; les années 60, d’A bout de souffle (1959) à La Chinoise (1967) ; les années « Mao », de 1968 à 1972 ; de 1974 à 1978, les années « vidéo » à Grenoble ; puis le retour en Suisse et au cinéma de Sauve qula résurrectioni peut (1979)… à nos jours ! Aux côtés de ses longs métrages, signalons ses Histoire(s) du cinéma (1988-1998) qui ont durablement marqué la théorie et la critique cinématographique.

 

Citation

 « Film obscène et pornographique par son insistance à montrer la nudité de Marie, diront certains croyants, mais d’autres souligneront avec également des raisons, la retenue des gestes et des relations entre Marie et Joseph et la densité spirituelle des images. » Jean Potin, La Croix

« Apprendre à parler – ou à filmer –, c’est chercher au milieu du désordre et du bruit le mot inoubliable, l’image qui déchire le cœur et brûle notre âme. Voilà l’événement que célèbre Godard, voilà comment le calvaire du cinéaste […] rencontre l’annonce faite à Marie : une parole insensée qui réconcilie la chair et l’esprit, le monde et Dieu ! » Jean Collet, La Croix

 

France – Suisse, 1984, 79 minutes, VO F
Réalisation et scénario  : Jean-Luc Godard
Photographie : Jean-Bernard Menoud
Son : François Musy
Musique : Bach, Dvorak, Coltrane
Interprétation : Myriem Roussel (Marie), Thierry Rode (Joseph), Philippe Lacoste (l’ange Gabriel), Juliette Binoche (l’ange), Manon Andersen (la petite fille), Malachi Jara Kohan (Jésus), Johan Leysen (Le professeur)
Production : Pégase films, S.S.R., JLG films, Sera Films, Channel 4