Histoire de Judas

Séance le vendredi 5 mai à 20h30 

Débat: JUDAS LE DISCIPLE LE PLUS FIDÈLE ? en présence du réalisateur, Rabah Ameur Zaïmeche
Vendredi 5 mai à 22h10 après la séance de 20h30

 

L'histoire

Et si Judas avait été le disciple le plus fidèle de Jésus et non le traître que dépeint la Bible ? RAZ propose une version libre et personnelle de l’histoire de Judas, dont le regard permet de faire un portrait du Christ. Un Judas gardien des paroles et de l’enseignement du prophète; un Judas qui rate la crucifixion, parce qu’envoyé en mission par Jésus peu avant son arrestation. Un Judas qui, peut-on penser, meurt de n’avoir pu être aux côtés de son ami. Au symbole de la trahison, le réalisateur substitue un être plein d’amour, d’une loyauté à toute épreuve ; et à travers lui, transmet le sentiment d’une vie en lieu et place d’un mythe.

 

Le point de vue de Briana Berg

Sorte d’antithèse de La Passion du Christ selon Mel Gibson, Histoire de Judas réinvente les derniers temps de la vie de Jésus sans hémoglobine, et faisant l’ellipse sur la crucifixion. Ameur-Zaïmeche situe la question ailleurs: le message du Christ est-il à figer, à inscrire pour être suivi comme une vérité absolue, ou est-il à vivre ? Délaissant la mort, il se centre sur la vie, les actions empreintes de compassion, l’émerveillement devant la simplicité du quotidien. Il ramène les éléments du message à l’essentiel à travers une cinématographie sobre, à l’échelle humaine ; les gros plans, des visages, des mains, des pieds, alternent avec des plans plus larges, les inscrivant dans les vastes espaces désertiques. Se dégage ainsi par touches une douceur, une humilité, une vibration qui se propage aux êtres au contact de Jésus. Le réalisateur nous fait le cadeau de s’approcher de l’expérience sensible.

 

L'auteur

Né en Algérie, Rabah Ameur-Zaïmeche, dit RAZ, arrive en France à la fin des années 1960. Il grandit en Seine Saint-Denis, au sein d’une famille croyante et ouverte. Après des études en sciences humaines, il sort Wesh Wesh, qu’est-ce qui se passe ?, un premier film remarqué sur la banlieue, récompensé par le prix Louis Delluc. Depuis, le réalisateur, scénariste, producteur et acteur explore le monde qui l’entoure en cercles toujours plus étendus ; au-delà des circonstances individuelles, il questionne l’appartenance, à des racines, à une classe sociale, à un pays, et enfin à la communauté humaine. En cinq films (Bled Number One, Dernier Maquis et Les Chants de Mandrin sont les autres) se dessine une œuvre véritablement libre, d’une grande beauté picturale, nourrie de littérature, d’arts plastiques, de philosophie, de son vécu personnel, un regard à la fois critique et plein d’humanité.

 

Citation

 «Écrire, c'est figer. Les mots doivent rester vivants. Le Christ n'a pas voulu que ses paroles soient consignées. Elles doivent être aussi libres qu'un vol d'hirondelles. Il ne suffit pas de les lire, il faut en être imprégné jusqu'à la moindre cellule.» Rabah Ameur-Zaïmeche, Le Figaro

 

2015, 99 minutes, France VO F
Réalisation, scénario et production : Rabah Ameur-Zaïmeche
Photographie : Irina Loubtchanski
Musique : Rodolphe Burger, Elise Caron, Nabila Mokeddem
Interprétation : Nabil Djedouani (Jésus), Rabah Ameur-Zaïmeche (Judas), Mohamed Aroussi (Carabas), Marie Loustalot (Bethsabée), Patricia Malvoisin (Suzanne), Nouari Nezzar (Caïphe), Régis Laroche (Ponce Pilate)
Prix du Jury œcuménique, Forum du Festival de Berlin